‹ Les troubadours et les BretonsChapitre 15 sur 57 · M. W., IL · texte numérisé non relu

M. W., IL

Il semble bien que la rime soit pour quelque chose dans l'emploi du mot Bretagne, comme c’est le cas pour l'Irlande, dans plusieurs autres passages des troubadours. No vuelh esser reis d’Irlanda, dit Peire Cardenal (M. W., II, 235). Jules César, dit un autre troubadour, conquit le monde, « quoiqu'il ne fût ni seigneur ni roi d'Irlande. » (Perdigon ; Mahn, Werke der Troubadours, IL, 71.)

1. Les coblas de, Bernart-Arnaut d’Armagnac ont été publiées par le Dr Dejeanne, Ann. du Midi, XVIII, p. 63-68.

Il ne s’agit pas d'histoire ici, il s’agit d’une convention fantaisiste entre Arnaut et dona Lombarda. |

Même si j'étais en Irlande, dit Daude de Pradas, je saurais venir choisir celle qui a gardé mon cœur (Mahn, Ged., 86,3).

Pour marquer la distance, le troubadour Guilhem Huc d'Albi emploie l’expression : « des Ports (des Pyrénées) jusqu’en Irlande. » (Appel, Prov. Ined., p. 156.)

Voici un passage peu caractéristique de Jaufre Rudel :

Bo‘m sap que gent Peitavina

E totz Angieus e Viana S’esjau per lei e Bretanha.

(Bartsch, Prov. Lesebuch, 57, 61).

« Je suis heureux que la gent poitevine, Angers et Vienne se réjouissent pour elle, ainsi que la Bretagne :. »

Dans la Chanson d’Antioche, le duc de Bretagne se trouve parmi les combattants que le drogoman Arloys dénombre au roi de Perse 2. Parmi les combattants les Bretons sont « enragés ». |

E Breto forsenat e tuh li Angevi 5.

Dars Girart de Roussillon, Fe Bretons et les Anglais sont traités de « mauvaise gent ».

Anglezeis e Breton, une genz male, Vont robant e cridant, cornant lor gale4.

Un autre passage de la Chanson d’Antioches nous montre l'effet produit dans la bataille par l’arrivée des Bre-

1. La chanson est adressée à Hugon Brun (VII ou VIII) de Lusignan; cf. Crescini, Manualetto, 2e éd., table des noms propres.

On trouve Bretanha la Major, c'est-à-dire « la Grande-Bretagne », dans l’Elucidari (Bartsch, Prov. Lesebuch, 181, 8). Cf. Bretagne la Menur dans Marie de France, ap. Golther, Die Sage von Tristan und Isolde, p. 38.

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