‹ Les troubadours et les BretonsChapitre 19 sur 57 · Zeitschrift f. rom. Phil., XLT · texte numérisé non relu

Zeitschrift f. rom. Phil., XLT

3. Texte et traduction de l'édition Jeanroy (Class. fr. du moyen dge, n° 27).

« coucher » avec deux femmes, comme l’une ou l’autre de ” celles-là a pu coucher avec deux hommes.

M. Appel ajoute, après M. Bédier :, qu’une rédaction primitive de la légende de Tristan existait vraisemblablement en France vers 1120, et que Cercamon, ayant écrit aux environs de 1137 et peut-être jusqu’à 1150, son allusion à la légende de Tristan serait la plus ancienne.

Je ne crois pas, pour ma part, qu’on puisse tirer une telle conclusion d’un passage aussi obscur ; et j'aimerais mieux voir dans fristan une création de mot faite par le poète pour la rime et facilitée peut-être par les participes présents qui, au moins dans la langue d'oil, avaient un sens passif : cor tristan seroit un cœur attristant, c’est-à-dire attristé, plein de tristesse.

Voici d’autres allusions, mais moins anciennes.

« Je vous aime plus, dit Folquet de Marseille, sans fausseté qu’Izeut ne fit son bon ami Tristan ».

Plus vos am ses enjan Non fes Jseut? son bon amic Tristan 2.

Même comparaison chez Pons de Capduelh.

Mais vos am ses bauzia, No fetz Tristans s’amia 3.

Autre allusion du même genre chez le même troubadour.

1. Bédier, éd. du Tristan de Thomas (Soc. nc. t. fr.), Il, 155.

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