Romania, X, 478-486. Cf. ibid., XII
ont écrit, soit en provençal (versi d'amore), soit en français (prose di romanzi})». Quant au Tasse, il met une fois Arnaut Daniel parmi les poètes français et lui attribue le Lancelot en prose. Dans un autre passage, probablement écrit plus tard, il prend Arnaut Daniel pour un Provençal et ne parle plus de Lancelot.
La question a été reprise en dernier lieu par M. K. Lavaud, dans les notes de son édition d’Arnaut Daniel. Contrairement au premier éditeur, U. Canello, qui dit : « en conclusion, l’hypothèse d’un Lancelot provençal d’Arnaut Daniel est tout à fait inutile et manque de raison d’être: M. Lavaud croit qu’il subsiste des doutes et que la question reste encore ouverte, sinon au sujet du Lancelot lui- même, du moins au sujet des romans.
J'avoue qu'il me paraît difficile d'admettre qu’un « poète » comme Arnaut Daniel, à une époque où la « poésie » apparaissait comme la seule forme d’art littéraire, ait écrit en « prose ». Il faudrait pour nous convaincre du contraire des témoignages .plus précis que les témoignages d'interprétation douteuse qui sont allégués.
Un manuscrit, qui se trouvait au moyen âge dans la bibliothèque des Visconti-Sforza, était indiqué ainsi sur le catalogue : ARNALDUS IN GALLICO..... incipit : Rasons est mesura. C’est une épître d’Arnaut de Mareuil. (Bertoni,
Il canzoniere provenzale della Riccardiana, n° 2909, p. IX.) Peut-être est-ce dans un titre de ce genre que le Tasse a pris l’idée de faire d’Arnaldo un « français ».
Chabaneau a signalé l'existence probable d’un Lancelot provençal en prose, ainsi que d’autres romans arthuriens ?.
1. La vitae le opere del trovatore Arnaldo Daniello, Halle, 1883, p. 35.
2. Rev. lang. rom., XXII, 106. Le roman de Lancelot est cité avec d’autres dans un inventaire du château d’Ozon en Vivarais, en 1361. L'un des romans est intitulé : Romans de Lancelot del Lac, l’autre : Romans de Lancelot de la reyna Ginnievra. Chabaneau a également signalé des traductions catalanes de Tristan et de Lancelot ; Rev. lang. rom., X, 237.
Rappelons que le’ Lancelot de Chrestien de Troyes est des environs de 1170 et le Lancelot en prose des environs de
Les troubadours connaissent aussi la légende d’Erec et d’Enide. Erec n’aima pas Enide, ni Tristan Iseut, comme un troubadour anonyme fait sa dame ?.
Un autre troubadour anonyme cite Erec dans une énumération d’amants malheureux : °
E trauc per vos major pena
Que no fesz Paris per Elena
Ni Floris, Herecs ni Tristans
Ni Andrieus ne nuills fis amanzi.
« Je souffre pour vous une peine plus grande que n’en souffrit Paris pour Hélène, ni Floire, Erec, Tristan, Andrieu, ni aucun autre amant. »
Un autre troubadour peu connu, Guilhem Raimon de Gironela, fait allusion au roman d’Erec, où le héros se marie avec Enide, fille d'un pauvre chevalier.
Enquer er meills que d’Enida Quan Erec lac enrequida 4.
« Cela ira encore mieux que pour Enide, quand Erec l’eut enrichie. »' Voici d’autres allusions au même roman :
.. per gençor Vos ai chauzida… Genser qu'Erecs Enida.
. G. Paris, Esquisse hist. litt. fr. au m. d., 1re éd., 110, 118. 2: ne Prov. Ined., p. 323.
3. Anon., St vos trobes tan leial messatge CArébir Stud. n. Spr. e XXXIV, p. 431b).