Cf. supra, p. 70 et infra, p
est le Calogrenant du Chevalier au Lion: L’emprisonnement du sénéchal Quet est raconté dans le Chevalier à la Charrette. Mordret est connu par la Mort Artur et par les romans en prose des imitateurs de Chrestien de Troyes. Quant aux Ventres * et au Roi Pécheur, je ne sais à quoi il est fait allusion.
M. À. Thomas a relevé ? deux autres allusions à la légende de Cligès et de sa famille : l’une dans le poème de la Cour d'Amour, l’autre dans un fragment provençal qui se trouve dans un manuscrit de la bibliothèque Laurentienne de Florence. Voici le premier :
Qu’anc Galvains no saup re d’amors, Ni anch Floris ni Blanchaflors,
Ni l’amors Ysolt ni Tristan
Contra nos dos non valg un gan.
M. Thomas a montré qu'il fallait lire dans le premier vers Soredamors, mère de Cligès et sœur de Gauvain. Il a fait observer en même temps que la forme sore, au lieu de saura, prouve que les romans de Chrestien de Troyes n’ont pas été traduits en provençal, mais qu'ils se sont répandus sous la forme française.
Voici la seconde allusion.
Per vos, domna valen, qu’eu non aus dir Ni non posc dir a vos ma deziransa, Eu am plus vos de bon cor lialmen Que Cliges non amet Fenices veramen Ne Floris Blancaflor N’Alexandre Soredamor 3.
« Pour vous, noble dame, je n'ose et ne puis vous dire mon désir; je vous aime d’un cœur sincère et loyal plus
1. D’après Birch-Hirschfeld, p. $3. Duret serait-il le Doret du roman d'Aquin ? Cf. Langlois, Table des noms propres. . Annales du Midi, VI, 91.
= Alexandre est le père de Cligès, Soredamor sa mère.
que Cligès n’aima vraiment Fénice, ni Floire Blanchefleur, ni Alexandre Soredamor. »
Les allusions à Merlin ne sont pas très nombreuses :. On a vu plus haut (p. 58) celle de Peire de Corbiac à Merlin lo salvatge ; en voici quelques autres.
Pistoleta fait l'éloge de sa sagesse.
El bon saber de Merlin volgra mai :.
Dans l'ensenhamen de Bertran de Paris l’auteur reproche à Gordo d’ignorer l’histoire de « Merlin l'Anglais ».
Jes de Merli lEngles no sabetz re Que sapchatz dir com renhet ni que fe.
Dame Gormonde, de Montpellier, fait allusion à ses prophéties.
Mas so que Merlis Prophetizan dis Del bon rey Loys Que morira en pansa
Ara s’esclarzis.
Enfin une autre allusion se trouve dans Bertran de Born. Ce troubadour, raillant la mollesse du comte Richard (plus tard Richard Cœur-de-Lion), lui dit : « je crois que Merlin se moque de lui », faisant une allusion assez vague à l'enchanteur :
Per qu’ieu crei, Merlis l’esquerna :.
Il a éxisté une traduction provençale du roman français de Merlin et le hasard nous en a conservé quelques frag-