‹ Les troubadours et les BretonsChapitre 40 sur 57 · Op. laud · texte numérisé non relu

Op. laud

2. Ibid. , 478. P. Meyer écrit, dans sa deuxième édition, Ur sans d ailleurs relever le mot au glossaire.

80 J. ANGLADE Governail n’est également cité qu’une fois, dans Flamenca.

L’us comtava de Governail, Com per Tristan ac grieu trebail.

(Flamenca, 67 5-6).

« L'un contait de Gouvernail, à qui Tristan causa tant d’ennuis. » | Le sénéchal Quet, qui joue un rôle un peu ridicule dans le roman de Jaufre, où il est représenté comme un goinfre doublé d’un médisant, n’est également cité, en dehors de Jaufre, qu’une fois, et dans Flamenca (v. 684). L'autre dis com retenc un an

Dins sa preison Quet senescal :

Lo Deliez, car li dis mal.

« L'autre dit comment Deliez (?) retint un an dans sa prison Quet le sénéchal, qui avait médit de lui :. »

La Taula-Redonda est l’objet d’une seule allusion, également dans Flamenca (v. 661 sq.), en dehors du roman de Jaufre, où il y en a cinq.

L’us dis de la Taula Redonda Que no’i venc homs que no‘ilh responda

Le reis, segon sa connoissensa ;

Anc oul jor no‘i falhi valensa. e

« L'un parla de la Table-Ronde ; le roi répondait selon sa conscience à tout homme qui y venait; aucun jour vaillance n’y fit défaut. »

Il est probable qu’il y a lieu d’ajouter à ces noms celui de l’écuyer Gauzeris, « l’écuyer qui mourut à table », d’un amour fou, comme le dit Peire Vidal 2. Il est souvent question de festins dans les romans de la Table-Ronde, plus souvent même, ce me semble, que dans les autres

1. Fauriel, Op. laud., III, 481. Lo Deliez est-ce un nom propre, un surnom, La Joie ? | 2. Peire Vidal, éd. Anglade, 2e éd., XIT, 25-26.

cycles ; et l'amour fou qui paraît avoir causé la mort de l'écuyer s explique mieux s’il s’agit d’un héros du cycle breton :. |

Signalons encore que, dans la même pièce où Peire Vidal se vante d’être aussi vaillant que Gauvain (XLIII, 49), il déclare qu’il s’en tient à « l'habitude de l’Étranger » ; nous ne savons pas à quoi il est fait allusion ici, mais il semble qu’il s'agisse d’une légende inconnue, dont on retrouve peut-être un écho chez le troubadour Uc de Saint-Cyr *. L'emploi du mot Estranh et la mention des aventures qui lui seraient arrivées pourraient faire songer à une légende bretonne, celle du Bel Desconegut, par exemple.

À l’utsagem ten de l’Estranh, Que quan nom sen aventuratz, :

Eu m'esfortz tan deves totz latz Qu’eu pren e conquier e gazanh.

« Je m'en tiens à l’usage de l'Étranger ; quand je ne me sens pas heureux (hardi ?), je m’efforce tant de tous côtés que je fais conquêtes et gains. »

Dans la Chanson de la Croisade il ne semble pas qu’il y ait des allusions aux légendes du cycle breton : aucun des noms caractéristiques (Arthur, Iseut, Tristan, Lancelot, Ivain, Erec, Cligès) ne s’y trouve cité. Il n’est question des Bretons qu'au point de vue historique. Ils sont naturellement du côté des croisés : les « Bretons de Bretagne » sont au siège de Minerve (en 1210). Ordinairement les Bretons sont cités dans des énumérations, côte à côte avec

1. Gauzeris est cité par Nostredame, dans un fragment de Blacas (Vies des plus anciens poètes provençaux, éd. Chabaneau-Anglade, p. 180) ; cf. Soltau, Zeits. f. rom. Phil., XXIV (1900), p. 49, Pistoleta, éd. Niestroy, p. 75, 26.

2. Le passage de Uc de Saint-Cyr où il est parlé du Bel desastruc Estraing (le bel étranger malheureux) avec qui Gauvain fit une convention a été cité plus haut, p. 63; cf. l'édition Jeanroy- -Salverda de Grave, p. 25 Et P. 169-170.

les Normands et quelquefois avec les Poitevins. Le comte Pierre Mauclerc prenait part à la croisade ; la chanson le fait intervenir courageusement auprès du roi de France pour défendre un prisonnier qui s'était rendu à merci ‘.

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