‹ Les troubadours et les BretonsChapitre 47 sur 57 · Grundriss prov. Lit., p · texte numérisé non relu

Grundriss prov. Lit., p

3. On pourrait entendre aussi : garda-viaz, garde rapidement. Mais il vaut mieux traduire comme Wolfram lui-même qui écrit: das kiut tiuschen Hüete der Verte, cela veut dire en allemand « garde-des-chemins. »

4. Germanistische Studien, II (Vienne, 1875), p. 114-159, Die Eigennamen in Wolframs Parzival und Titurel.

noms progres de toute nature qui se trouvent dans le Parzival et le Titurel de Wolfram. Il a remarqué — et cela frappe d’ailleurs tout lecteur de Wolfram :— que le poète allemand employait des noms ayant l’allure romane et qu'il les déformait, volontairement ou non, au point de les rendre méconnaissables. Bartsch a donc essayé de retrouver sous ces formes adultérées les formes primitives auxquelles elles correspondaient.

Sa tentative, hardie et difficile, n’a pas été des plus heureuses. Dans un domaine où la prudence est de rigueur, il a fait preuve d’une audace sans réserve. Aussi le résultat de ces recherches ardues est-il resté médiocre.

Nous reprenons rapidement son étude, en n’insistant que sur les points intéressants, soit pour rendre plus sensibles les erreurs de l’auteur, soit pour montrer ce qu’il peut y avoir de vraisemblable dans ses trouvailles. Car, comme dans tous les travaux de ce genre, cum flueret lutulentus, erat quod tollere velles.

Voici d’abord pour les noms propres de personnes, qui sont d’ailleurs les plus nombreux et surtout les plus importants.

Anfortas, un des fils de Frimutel, viendrait du prov. enfermas — enfermalz, le «malade ». La terminaison paraît provençale, mais la dérivation n’est nullement sûre.

Schosiâne représenterait la forme provençale Jauxiana, ce qui est acceptable. De même Schenteflurs (P. 177, 29) correspondrait assez bien à a. fr. gente-flors ou prov. gentaflors. Dans Titurel, il est fait allusion au « dauphin du Grésivaudan», der junge talfin uz Graswaldän (92, 2), au « jeune prince du Grésivaudan » (83,2). Quelle raison aurait eue un poète allemand, dit Bartsch (p. 143), d'incorporer dans son récit le nom précis de cette contrée lointaine, s’il ne l'avait pas trouvé dans une source méridionale ? | Une fille de Frimutel, sœur de cette Schoysidne dont le

nom correspond à Jauxziana, s'appelle Repanse de Schoye (P. 228, 14). Bartsch veut voir dans ce nom une forme provençale Repensa de Joya ; mais, si pensa et repensar existent (ce dernier rare d’ailleurs), repensa n’est pas enregistré par Emil Levy.

Les noms d’Herzeloyde, Richoyde et Mahaute (noms féminins), quoique d’origine germanique, auraient été empruntés, selon Bartsch, par Wolfram sous leur forme romane et ne peuvent provenir que de Guiot (p. 143). De même aurait été pris dans Guiot le nom de Condwiramärs, que Bartsch veut rattacher d’une manière peu heureuse à « coin de vraie amors », « idéal de véritable amour ». (Conduire amours (au lieu de conduit-amours, proposé par San-Marte) serait plus vraisemblable, quoiqu'il y ait des objections d'ordre morphologique). |

Voici des dérivations qui nous paraissent très fantaisistes. Le nom du roi Tampenteire (p. 180, 26) serait formé du prov. tamp en taire, de tampir, enfermer (m. à m. ferme en silence!) (notons que fampir ne se trouve qu’une fois en a. pr., au participe-adjectif portas tlampidas (portes fermées) ; Appel, Prov. Chr., 5° éd.. V, 304 ; on pourrait lire stampidas, est-il dit dans le Suppl. IF. de Levy,s. v.estampir). Aussi invraisemblable est la dérivation de Razalic (P. 41, 9), que Bartsch voudrait ramener à raïssa-enic, « celui qui combat, qui terrasse l’injuste » ( p. 147).

En revanche Pelrapeire (P. 180,25) pourrait représenter Bel-Repaire, près de Vienne, sur le Rhône'. De même, dans Prienlascors (72, 10), la deuxième partie du mot semble provençale. L'origine de Lanzidant (87, 19) et Liadarz (87, 23; Martin donne Liedarz), noms de deux damoiseaux, pourrait l'être aussi. Le roi Gabarins serait le prov. Gabaret (P. 770, 9).

Mirabel, roi d’Avendroyn (772, 2), est vraiment une

Page 1