‹ Les Troubles de la Conscience chez les Traumatisés crâniens récents fermés (Valeur diagnostique et pronostique de l'E.E.G.)Chapitre 18 sur 41 · OBSERVATION II (Н · texte numérisé non relu

OBSERVATION II (Н

Ау... le 7-2-55, chute de | m. 50, après un intervalle libre de 13 jours, présente une monoparésie brachiale droite et un coma vigil. Vu dans cet état à l'E.E.G. (n" 12.726) au seiziéme jour, son tracé présentait une alternance de rythme théta à 6 c/s avec des ondes lentes de | à 2 c/s (qui correspondaient à une accélération du rythme respiratoire). L'étude de la réactivité montrait l'apparition de bouffées d'ondes lentes aux stimulations auditives et nociceptives, sans signe de localisation. Une artériographie gauche a été négative, et l'artériographie droite a montré un hématome sous-dural droit. |

Opéré le lendemain de son examen E.E.G., son état s'est aggravé le troisiéme jour et il est mort le douziéme jour en hyperthermie.

La vérification anatomique a montré : une zone d'aspect hémorragique temporo-pariétale droite, pas d'hématome intra-crenien, pas de lésions macroscopiques, pas de piqueté hémorragique du tronc cérébral.

Le troisiéme blessé. qui est mort, était un malade jeune qui n'a pas été opéré. :

OBSERVATION Ill (Н 54-262)

Be... Louis, 19 ans, 3-11-54, accident de la rue, traumatisme cranien, fracture ouverte de deux os de la jambe. Coma K: agité. T. A. : 10/6. Pouls : 120. Température : 38°.

Troubles respiratoires à type de dyspnée de Cheynes-Stokes. Babinski gauche.

Radio négative. F.O. : hémorragie à droite.

E.E.G (n° 11.822) le septième jour (сота K:) : alternance d'activité théta à 6-7 c/s et d'ondes lentes polymorphes delta à 2.3 c/s, avec modifications respiratoires, aplatissement du tracé

ba

et apparition de rythme de 8 à 10 c/s avec des fréquences de 4.6 c/s. Les stimulations ont peu d'effet.

— Le coma dure 75 jours.

— Au troisième mois, au sortir du coma, l'E.E.G. (n° 12.159) montre un rythme théta, avec réactivité normale, réaction d'arrêt à l'ouverture des yeux.

— Mais, suppuration de la fracture de jembe, dénutrition.

— Fin mai: iléus paralytique.

Mort, le |” juin, au 208° jour.

— Vérification, cerveau normal : mais abcés multiples, abcès du poumon, des reins, deux abcés sous-phréniques.

Dans ce groupe de blessés, I'E.E.G. a été défaillante dans le premier cas oü l'hématome est passé inaperqu.

C) Chez 20 de nos malades, enfin, nous avons constaté : l'alternance d'une activité rapide de 14 à 16 c/s avec des bouffées d'ondes lentes irréguliéres.

Les phases d'activité rapide correspondaient cliniquement á un sommeil profond, les ondes delta à une réaction d'éveil.

Ces malades ont été vus au cours de la premiére semaine de leur traumatisme, dans un cas seulement le quatorziéme jour. Ils étaient âgés de 12 à 58 ans, mais la majorité étaient des sujets jeunes, trois seulement dépassaient la quarantaine.

Il s'agissait de traumatismes avec des signes de gravité clinique : otorragie, épistaxis ou polytraumatismes.

Les troubles de la conscience présentés avaient pu apparaître de facon primitive (13 fois) ou secondaire (2 fois l'aggravation s'étant produite au troisiéme et dixi&me jour). Les degrés de gravité de ces troubles étaient assez variables mais il semble que les troubles aient été moins graves que chez les blessés présentant des tracés stables (2 fois seulement le stade K:, 8 fois le stade Ki, 9 fois les stades Cı, C», Ca). L'agitation psychomotrice était importante chez 6 de ces blessés. <

La sémiologie neurologique n'offrait rien de particulier, si ce n'est dans un cas ой une fillette de 12 ans a présenté des crises Bravais-Jacksoniennes droites.

La radiographie nous a montré 5 fractures temporales dont une embarrure temporale droite et 2 fractures frontales.

Le fond d'œil montra une stase veineuse dans 2 cas ; dans tous les autres, il s'est révélé normal.

L'évolution a été favorable 17 fois. La durée du coma a varié de quelques heures à quelques jours, généralement. Trois comas ont été prolongés de 15, 19 et 30 jours chez des blessés jeunes de 25, 17, 18 ans. Ces blessés ont tous guéri.

L'observation d'un de nos malades est intéressante puisqu'il fit, aprés son traumatisme, un diabéte insipide transitoire de 3 mois.

OBSERVATION IV (Fi)

Ch... Marcel, 37 ans, accident d'automobile, le 26-9-54. Admis à l'hópital, plaie temporo-pariétale droite, otorragie droite, enfoncement thoracique droit, fracture de l'omoplate droite.

Babinski bilatéral, come stade Kı, avec délire et agitation pendant 48 heures.

Pod s AE Am E379"

Légére aggravation au troisiéme jour. F.O. : normal.

— Vu le neuviéme jour à l'E.E.G. (n° 11.526) : confus et obnubilé. On trouvait cette alternance d'activité rapide peu voltée et d'ondes lentes paroxystiques avec conservation de la réactivité ala S.L.

— Le 7-10-54, apparition d'une polydypsie et d'une polyurie, à 6-7 litres par jour, densité urinaire 1006, glycosurie : 0. Glycémie 0,80 gr. (10-10-54).

— Cette polyurie a été difficile à traiter, il a reçu 20 unités de post-hypophyse par jour. -

— Revu le 3-2-55, la diurése était normale.

Deux malades sont morts.

Le premier malade est mort-en hyperthermie le dixiéme jour, sans vérification.

Le deuxième, également décédé le dixième jour, avait été vu à l'E.E.G., à la dixiéme heure ; aucune anomalie locale ne s'est révélée, comme il est de règle dans ces cas-là. Au cinquième jour cependant, l'intervention chirurgicale, pratiquée à cause d'une hémiparésie droite et d'une fracture temporale gauche, montra un hématome intra-temporal gauche de la grosseur d'une mandarine.

Dans ce groupe, deux autres interventions furent pratiquées.

Chez un malade de 22 ans, dans un coma profond agité, l'E.E.O., au septième jour, ne permettait en rien de suspecter l'hématome intra-temporal gauche que l'intervention chirurgicale décela au huitiéme jour. Aprés des

troubles passagers du comportement, ce blessé a évolué favorablement.

pita ee

Six mois aprés, il était en excellent état.

Un autre malade, de 41 ans, était dans un coma vigil trés agité. Au deuxième jour, l'E.E.G. montrait le type de tracé alternant que nous avons décrit, et n'engageait en rien à l'intervention chirurgicale, qui fut cependant pratiquée, à cause d'une petite embarrure droite, d'une hémiplégie gauche et d'une stase veineuse au F.O. Il existait un petit hématome extra-dural droit avec plaie du sinus longitudinal supérieur. Les suites ont été simples.

Dans ce groupe, c'est l'activité rapide qui semble prédominer, traduisant des réactions d'éveil assez rares, peut-étre dues à des conditions d'examen plus satisfaisantes du point de vue insonorisation.

Groupe Il

Dans ce deuxiérne groupe prennent place les tracés instables ой prédomine une activité delta.

On note, en effet, dans ce type de tracé l'existence d'ondes trés lentes, diffuses, parfois inférieures à | c/s. Puis le tracé devient beaucoup moins volé, s'aplatit ; on note alors parfois

des fréquences de 7 à 8 c/s, parfois le rythme devient incomptable.

Nous avons observé 7 fois ce type de tracé. Il s'agissait touiours de blessés jeunes dont les deux plus 8gés avaient 26 ans, examinés du troisième au sixième jour aprés leur traumatisme qui était souvent important. Cependant, les troubles de la conscience présentés semblent beaucoup moins graves que dans les précédents et l'on note dans les observations divers degrés de confusion.

Les suites ont été favorables dans la plupart des cas.

L'un de ces blessés, cependant, a présenté un épisode depres- ` sif deux mois aprés son accident.

Un jeune homme de 22 ans, resté 10 jours dans le coma, a présenté, deux mois aprés son traumatisme, un diabéte insipide

transitoire avec une polyurie à 6-7 litres. Ce diabète a duré un mois.

mu. mis

Ch dance

DO: dia dé. D a e uoi (on P le D

DIN vm

49 au

Un seul malade de ce groupe est mort :

Il s'agissait d'une jeune fille de 15 ans, renversée par une automobile le 26-4-53 et qui présentait un coma vigil agité. Examinée le dixiéme jour, son tracé présentait une alternance d'ondes trés lentes et tracé linéaire, mais on notait une asymétrie du cóté droit. Cette malade est morte le vingt et uniéme jour, avec des troubles de la déglutition, raideur de la nuque, et

| 2452; RR: 2 de grandes oscillations thermiques. La vérification anatomique n'a pu ёїгө pratiquée.

Comme dans le groupe précédent, les ondes lentes sont l'ex-

e H 74 е , . zs 017 .

pression d'une réaction d'éveil et l'activité rapide de bas voltage, celle de l'endormissement. Mais dans ce groupe, les phases

d'éveil sont plus longues que celles de la somnolence.

Enfin, une de nos malades de 59 ans, vue à la vingt-quatriéme

heure, dans un état de confusion et d'agitation, présentait un tracé peu volté de fréquence de 10-11 c/s ой apparaissaient des ondes lentes delta irréguliéres, prédominantes dans la région antérieure gauche. La S.L.l. produisit un entraînement beaucoup plus marqué du côté droit que du côté gauche. Cette malade est morte le douzi&me jour, avec une hémiparésie droite. Le contróle anatomique montra un cerveau d'allure vasculaire.

La caractéristique des tracés de ces 63 malades est leur variabilité dans le temps. Leur particularité est le type inhabituel de la réaction d'éveil.

Les réactions d'évei! physiologique aux différents stades du sommeil normal de l'adulte sont caractérisées, nous l'avons vu, par la réapparition du rythme alpha au stade le plus léger de l'endormissement, ou par le complexe K au cours du sommeil plus profond, chez l'enfant par une décharge de bouffées d'ondes lentes. Dans ce groupe, la réaction d'éveil se fait sous la forme d'hypersynchronie lente en réponse aux stimulations sensorielles (fig. 5). En effet, on observe, alors, la survenue d'ondes trés lentes de 1/2 à | c/s de haut voltage (parfois 100 microvolts) constituant de longues bouffées ; ces bouffées sont souvent polymorphes, quelquefois diffuses, elles ont tendance à prédominer dans les régions frontales et deux fois nous les avons observées dans la région du vertex. C'est au moment de l'apparition de ces ondes lentes que l'éveil clinique des malades se manifeste, par l'agitation, parfois même par l'ouverture des yeux.

Comme l'ont signalé, en 1953, Fischgold et Mme Lairy-Bounes, nous avons remarqué que l'effet des stimuli peut s'épuiser, s'ils

Page 1