‹ Les troubles de la mémoireChapitre 11 sur 58 · TROU HI.KS · texte numérisé non relu

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mais non avec la suivante EF. Celle-ci au contraire se relie en P avec la période AB, et dans laquelle il y a amnésie de CD. La période EF elle-même peut être

Fig. 24.

suivie d'une autre GH qui forme avec elle une synthèse P" indépendante de P et de P', ce que l'on constate à l'apparition de la nouvelle période IJ dans laquelle on constate l'amnésie des phases EF et GH et la réapparition des souvenirs de AB et CD. A celle-ci, qui représente la personnalité seconde, peut succéder une période KL dans laquelle réapparaît la première personnalité, suivie elle-même d'une autre MN où se montre la troisième personnalité.

Mais le cas où les images appartenant aux deux personnalités d'un moi dédoublé se montrent non plus groupées sur une période assez étendue, mais enchevêtrées les unes dans les autres, est de beaucoup le plus fréquent (fig. 25).

Dans cette figure, SB, SC représentent les souvenirs des phénomènes passés, A et A' deux états actuels consécutifs. On voit ici que les deux personnalités Pet P' s'imbriquent d'une façon absolument inextricable. Aussi ces dédoublements passent-ils facilement inaperçus, quoique en réalité très communs, chez les hystériques surtout. Il est évident qu'on se trouvera souvent dans

l'impossibilité de distinguer P de P'. L'étendue de l'existence embrassée par les deux personnalités étant la même, on ne pourra guère soupçonner que les

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souvenirs compris dans cette période soient associés dans deux synthèses absolument différentes. On s'explique ainsi cependant les oublis que font les hystériques de faits souvent très proches de certains autres dont elles ont le souvenir, ce qui les fait accuser de mensonges. Nous verrons aussi plus tard combien sont fréquents chez elles les états seconds atténués, sur lesquels on n'a guère attiré l'attention jusqu'ici.

Quand on compare ces phénomènes d'amnésie à l'anesthésie systématisée, on voit qu'ils sont en tous points semblables. On peut donc appeler, par analogie, ces amnésies des amnésies systématisées. Ce terme éveille immédiatement l'idée d'associations fonctionnelles on dynamiques entre les centres nerveux qui contiennent les images sur lesquelles porte l'amnésie. Nous nous trouvons ainsi amené, en étudiant le mécanisme psychologique, à une division toute naturelle des amnésies générales eu systématisées et non sytématisées. On voit di' plus que les premières sont les amnésies fonctionnelles, et les secondes les amnésies organiques.

Il nous reste, en effet, à dire quelques mots du

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mécanisme de ces dernières, qu'elles se produisent brusquement ou progressivement (dysmnésies), car nous n'avons examiné jusqu'ici que le mécanisme de l'amnésie fonctionnelle. Les centres dans lesquels sont fixées les images des impressions produites, soit parles phénomènes extérieurs à nous, soit par les phénomènes qui se passent en nous, étant détruits par un processus quelconque (nécrobiose, dilacération ou modification de tissu), toutes les images qui y sont contenues sont par là même détruites irrémédiablement. Le mécanisme est donc des plus simples. D'autre part, ces centres d'impressions étant disséminés dans toute l'écorce cérébrale, il en résulte que l'on a le plus souvent affaire à une amnésie partielle, si la lésion est localisée, et à une dysmnésie inégale pour les diverses mémoires, si elle est diffuse, généralisée et intéresse d'une façon plus ou moins intense les différents points du cerveau.

Il en résulte tout naturellement que les associations dynamiques que forment entre eux les différents centres de mémoire sont rompues d'une façon absolument irrégulière, qu'aucune règle ne préside à cette rupture, et que l'amnésie qui en résulte n'est jamais systématisée. Quand je dis jamais, c'est une exagération, car il y a une sorte de systématisation dans la dysmnésie, systématisation qui nous éclaire même sur la manière dont sont emmagasinées les images clans les couches corticales du cerveau. En effet, on constate que les souvenirs les plus récents disparaissent les premiers. Comme, d'autre part, les lésions procèdent ordinairement de la surface vers la profondeur, il semble tout naturel d'admettre que les souvenirs les plus anciens siègent dans les couches les plus profondes de l'écorce, qu'il y a, comme on l'a justement dit, une véritable stratifi-

cation des souvenirs. C'est ainsi qu'on a pu établir la loi de régression de la mémoire, qui va du récent à l'ancien et du complexe au simple. Sous ce rapport, les dysmnésies sont donc systématisées, et nous retrouvons encore dans cette catégorie d'amnésies cette dualité de caractère qui les place à tous les points de vue entre les amnésies vraies et les amnésies fonctionnelles.

La perte du langage, qui parait cependant former un système bien défini en apparence, n'est pas plus que les autres amnésies partielles une amnésie systématisée. La conservation de certains mots plutôt que d'autres ne dépend pas, en effet, de la rupture d'associations fonctionnelles établies entre les différents mots, mais de l'étendue et de la profondeur des lésions, caractères qui sont éminemment variables et sujets à toutes les combinaisons possibles.

On voit enfin que, tandis que dans les amnésies systématisées l'appréciation de la diminution de la mémoire se fait d'après l'étendue de temps sur laquelle elle porte, dans les amnésies non systématisées cette appréciation se lait d'après l'espèce et le nombre des mémoires atteintes.

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