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CHAPITRE III

MÉCANISME DES AMNÉSIES

Sommaire : Amnésie simple. — Amnésie rétrograde. — Associations des souvenirs. — Valeur relative des images dans la constitution du souvenir. Valeur relative des souvenirs dans la constitution des groupes de souvenirs associés. — Subconscient et inconscient. — Amnésie rétrograde transitoire. — Influence de l'idée de temps. — Influence de l'émotion. — Choc moral. — Épuisement et amnésie. — Choc nerveux. — Amnésie et hystérie. — Amnésie antérograde. — Étonnement cérébral. — Amnésie antérograde prolongée. — État dynamique des centres nerveux. — Amnésies vraies et apparentes. — Conclusion paradoxale. — Aphasie et amnésie. — Amnésie au point de vue clinique.

Nous avons examiné, dans le chapitre précédent, le mécanisme psychologique par lequel se produit l'amnésie d'une façon générale. Il s'agit maintenant d'étudier le mécanisme des diverses variétés d'amnésies que nous avons déjà distinguées dans le chapitre premier. Ici ce n'est plus seulement sur le terrain psychologique qu'il faut se placer : c'est celui de la physiologie qu'il faut aborder aussi, pour essayer d'établir la pathogénie de ces phénomènes. On ne doit pas se dissimuler combien nos connaissances sont bornées; nous en sommes encore à cet égard à la période d'information, et pour nous, ce que nous avancerons ne sera proposé qu'à titre d'hypothèses plus ou moins plausibles, rationnelles, vraisemblables, mais qui ne sont que des hypo thèses demandant vérification et discussion.

Allant du plus simple au plus complexe nous commencerons par l'amnésie simple. Elle s'explique très facilement. La série de mes impressions passées étant constituée par la ligne ÀBCDEF (fi g. 26) pour une certaine période, je suppose qu'au moment où le phénomène qui devrait donner l'impression D se produit, je perde conscience par le fait d'un vertige épileptique ou d'une syncope par exemple. L'impression D ne se fera pas ou se fera d'une manière extrêmement faible dans mon cerveau. Quand je pourrai de nouveau avoir conscience des phénomènes qui se passent en moi et autour de moi, je fixerai alors les images EF, et lorsque je chercherai à me rappeler la série AF de mes souvenirs il me sera impossible de reconstituer D. J'aurai de l'amnésie simple.

Si aucune idée de temps n'est liée aux souvenirs C et E, je ne m'apercevrai pas de cette amnésie, ce qui arrive quand elle porte sur un temps très court ou qu'aucun changement n'est survenu ni en moi ni autour de moi. Je pourrai, par contre, m'en apercevoir, si je ne trouve aucun lien logique m'expliquant la succession du phénomène E au phénomène G. C'est ce qui se produit quand la perte de conscience a duré longtemps, et cpie

des changements notables se sont produits dans ma situation par rapport au monde extérieur.

Si l'image du phénomène D a disparu, ou s'il n'a pas produit d'impression, il y a amnésie. Il y a une simple solution de continuité dans la conscience, qui provient de ce que le phénomène D n'offre absolument aucun rapport avec les phénomènes antérieur et postérieur. Il se faitune brusque rupture dans la personnalité par suite d'une obnubilation de la conscience. Si, au contraire, l'imageDpeut s'éveiller seule, ou pour mieux dire, faire partie d'une autre synthèse P', il y a dédoublement de la personnalité (fig. 27).

S'il peut y avoir amnésie sans dédoublement de la personnalité, il ne peut pas y avoir de dédoublement de la personnalité sans amnésie. Mais, à la vérité, l'amnésie dans les deux cas n'est pas comparable. Dans l'amnésie simple, en effet, l'amnésie de D est absolue; D est perdu, à jamais inconscient ou, s'il devient conscient sous une influence quelconque, ce n'est pas pour faire partie d'un seconde synthèse P' mais rentrer dans la synthèse P. L'amnésie dans le second cas (dédoublement de la personnalité) n'est que relative. Les images du phénomène D ne sont pas perdues; elles sont seulement inconscientes, parce qu'elles échappent à la synthèse P; et, de plus, quand elles redeviennent conscientes, au lieu de participer à cette synthèse, elles font partie d'une autre synthèse P'. De sorte que si P est amnésique de P', P' est amnésique de P.

D K LA MÉMOIRE

Presque toujours, pour ne pas dire toujours, le sujet qui a perdu le souvenir de D s'aperçoit de son amnésie, par le fait du défaut de corrélation entre G et E. Sa personnalité est entamée, mais sur une très petite étendue. Le sujet, au contraire, dont le souvenir D peut se synthétiser avec d'autres souvenirs et rester toujours en dehors deP, ne s'aperçoit pas du défaut de suite qui existe entre G etE. Son amnésie est liée, en outre, à celle d'autres images, de sorte qu'elle est toujours beaucoup plus étendue. Sa personnalité est donc beaucoup plus fortement atteinte, et l'amnésie implique surtout des troubles beaucoup plus profonds dans le fonctionnement psychique.

Que D représente une série de souvenirs ou un seul souvenir, le problème est toujours le même, et l'explication de l'amnésie ainsi que ses rapports avec les troubles de la personnalité ne sont pas changés.

Il est beaucoup plus difficile de se rendre compte de l'amnésie rétrograde, non pas de ce qu'elle est, mais de son mécanisme sur lequel les auteurs observent un silence prudent. Aussi ne présenterai-je absolument que des hypothèses d'explication, et essayerai-je surtout d'indiquer les points à rechercher pour arriver à la solution du problème. Cette amnésie rétrograde, on le sait, se produit le plus fréquemment à la suite de traumatismes, crâniens ou autres. On observe que non seulement le souvenir de l'accident est perdu, mais même le souvenir d'une période antérieure plus ou inoins longue ABC... OPQR représentant la série des phénomènes qui font impression sur le moi ; et M étant l'accident, on constate d'abord que le souvenir de M est perdu, mais que, de plus, l'amnésie porte sur GFED

66 TROUBLKS

(fig. 28; et que le souvenir est conservé pour les phénomènes OPQR, etc., cpii ont suivi M au moment actuel A. (Fig. 28.)

Fig. -28

Comment se fait-il que les images DEFG qui avaient été conscientes 'aient disparu en même temps que M? Pour arriver à le comprendre, il faut chercher à établir quelle est la relation qui a pu exister entre les images du groupe DEFGM. Nos souvenirs, en effet, s'évoquent rarement à l'état isolé, mais par groupes plus ou moins nombreux; et, de même qu'il existe des associations entre les souvenirs ayant une de leurs composantes (images élémentaires) identique, de même il existe des

associations entre des groupes de souvenirs ayant un de leurs éléments (souvenirs) sinon identique, du moins très analogue. Il y a des groupes tangents (fig. 29),

DE LA MÉMO I R E

comme nous avons dit qu'il existe des souvenirs tangents (fig. 8).

Ces groupes forment des associations aussi stables que les images élémentaires d'un souvenir, et les souvenirs qui les constituent peuvent se représenter comme les images elles-mêmes, sous forme d'une courbe fermée ou d'un cercle (fig. 30). Tous ces souvenirs sont synthétisés de la même façon que les images du souvenir (fig. 7) et se réveillent de la même façon, c'est-à-dire dans up sens variable, en obéissant, d'ailleurs, aux lois de l'association des idées, bien établies aujourd'hui.

Mais un point que nous avons à dessein laissé de côté plus haut, doit être mis en évidence ici, c'est le suivant : Lorsqu'un souvenir s'éveille sous l'influence du réveil d'une de ces images composantes, il en est toujours une qui domine toutes les autres par son intensité, et qui s'éveille, par conséquent, la première.

TROU BL ES

Prenons l'exemple très simple que nous citions plus haut : le souvenir de la lettre A. Il est composé d'une image motrice M, d'une visuelle V, d'une image auditive°A et d'une image graphique G, qui, synthétisées en P constituent le souvenir complet de cette lettre. Si j'appartiens au type visuel, l'image V (fig. 31). sera la plus forte, la plus nette, la mieux .fixée, la plus rapidement éveillée. Que ce soit l'image motrice, ou l'image auditive, ou l'image graphique qui soit mise la première en activité par une excitation quelconque, c'est toujours. l'image visuelle qui s'éveillera avant les autres. Si cette image V vient à être détruite, le souvenir de la lettre A sera évidemment beaucoup plus affaibli que si c'était l'image A qui avait disparu. On peut même concevoir que si l'image V avait une prédominance excessive, les autres soient insuffisantes à me donner un souvenir net quoique incomplet de la lettre A.

On peut représenter graphiquement le rapport qui existe entre les différentes images de la manière suivante (fig. 31) sans rien changer cà notre schéma anté-

Fig. 31.

rieur (fig. 7). Il est évident, à première vue, que, si la synthèse P ne contient plus V, elle sera beaucoup plus •faible que si elle ne contient plus A ou (1 ou M.

DE L'A MÉMOIRE

Eh bien, si nous remplaçons les différentes images d'un souvenir par les souvenirs d'un groupe, nous avons une figure en tous points semblable. Reprenons le groupe DEFGM (fig. 28) qui nous représente l'amnésie rétrograde accompagnant l'oubli du phénomène M.

Supposons que les choses se soient passées normalement. Les impressions qui ont déterminé les images DEFGM forment un groupe très stable, dont l'image dominante est M, puisque M est la résultante ou tout au moins l'aboutissant des impressions DEFG qui ont avec elle non seulement un rapport de contiguité dans le temps, mais encore un enchaînement clans l'espace, comme représentant des phénomènes dérivant les uns des autres et dont le plus considérable a été M. Dès lors la synthèse que nous ferons de ce groupe DEFGM sera représentée de la manière suivante (fig. 32). dans laquelle M tient la plus grande place.

Si M, pour une cause quelconque, restait en dehors de la synthèse P, celle-ci serait singulièrement plus réduite que si c'était D, E, F ou G qui disparaissait. Il arriverait, pour le souvenir complet du groupe, ce qui est arrivé pour le souvenir complet de la lettre A quand V a disparu. -C'est ce qui se passe dans le cas d'un traumatisme qui annihile la conscience en même temps

Fig. 3ï>.

qù'il se produit. Dès lors, M n'étant pas perçu consciemment ne peut participer à la synthèse consciente P.

Les souvenirs DEFG seront insuffisants pour constituer une synthèse consciente du groupe, par suite de leur importance trop secondaire relativement à M, auquel ils sont liés par une forte association. Le groupe étant constitué par des éléments conscients très restreints et des éléments inconscients considérables, la synthèse P, sans être ahsolument inconsciente, ne sera que faiblement consciente, ou pour mieux dire subconsciente. Or, pour nous, en réalité le subconscient se confond pratiquement avec l'inconscient, et nous ne pouvons rendre compte que de nos phénomènes psychiques conscients. Le sujet chez lequel s'opérera cette synthèse subconsciente P' (fig. 33) ne pourra donc en rendre compte, et agira comme si tout le groupe DEFGM était inconscient, c'est-à-dire s'il n'avait pas seulement perdu le souvenir de M, mais de DEFG; en un mot, il paraîtra présenter non seulement de l'amnésie simple, mais encore de l'amnésie rétrograde.

Fig. 33.

Cette théorie permet, en outre, de comprendre non seulement l'amnésie rétrograde permanente, mais Yamnésie rétrograde transitoire. Certains sujets, en effet, après avoir présenté de l'amnésie rétrograde,

recouvrent le souvenir de tous les événements antérieurs à l'accident. L'impression produite par le phénomène M tend à s'atténuer avec le temps; il peut donc arriver un moment où M occupera dans le groupe DEFGM une place relativement moins grande, c'est-à-dire que l'élément conscient y gagnera tout ce qu'y perdra l'élément inconscient. Le premier pourra même l'emporter sur le second, et alors la synthèse F deviendra consciente (fig. 33 et 34). Dès lors l'amnésie disparaîtra DEFGM, et ne persistera plus que pour M.

Fig. 34

Mais si on peut appliquer cette théorie à certains cas. il s'en faut de beaucoup qu'elle soit bonne pour tous, et force nous est d'admettre plusieurs catégories de faits auxquelles correspondent des mécanismes différents.

Lorsque l'événement qui a provoqué l'amnésie simple et rétrograde est l'aboutissant, la résultante des événements immédiatement antérieurs et constitue avec eux un enchaînement, de courte durée d'ailleurs, dont il est Yultimum punctum, les choses s'expliquent facilement avec notre hypothèse.

Mais un autre cas peut se présenter. L'accident causal n'a aucun lien avec les éléments antérieurs à lui ou concomitants ; et cependant il se produit une amnésie rétro-

grade seulement encore, sur une période plus ou moins longue de temps. Ici il y a lien de faire une distinction, selon que le sujet a prévu ou non l'accident.

S'il l'a prévu on peut faire intervenir l'idée de temps et l'émotion. On sait que l'idée que nous nous faisons de la durée n'est pas absolue mais relative, et que nous n'apprécions le temps que par comparaison. Pins il se passe de phénomènes dans un temps donné, plus la durée nous en paraît courte sur le moment, plus elle nous paraît longue rétrospectivement par le souvenir. Moins le temps comporte d'expériences, plus il paraît long pendant qu'il se déroule et plus il paraît court par le souvenir qui nous en reste. Si nous appliquons ces données élémentaires, — en laissant de côté toutes les autres conditions qui influent encore sur l'appréciation actuelle et rétrospective delà durée, — nous observons ceci : Lorsque je vois un accident qui va m'arriver, je voudrais le reculer le plus possible et il me semble sur le moment qu'il survient avec une rapidité effroyable. Mais, en réalité, pendant ce très court espace de temps, une foule d'idées ont surgi et sont associées dans mon esprit. Et c'est ainsi, par exemple, que les individus qui ont failli se noyer vous racontent qu'en un instant toute leur existence s'est déroulée dans leur souvenir. Ils vous disent ensuite : « Cela a dû ne durer qu'une minute et cela m'a paru un siècle. » Si nous supposons, comme c'est fréquemment le cas dans l'amnésie traumatique, que l'accident lui-même ait déterminé un état inconscient, tous les phénomènes qui lui sont immédiatement associés disparaissant également par le mécanisme que nous avons énoncé plus haut, l'appréciation de la durée se feradnconsciemment d'après la somme considérable d'idées qui auront accompagné ces divers phé-

nomènes. 11 en résultera que l'amnésie s'étendra, non plus seulement aux souvenirs des phénomènes liés immédiatement à l'événement final, mais à tous les phénomènes qui se sont passés pendant une durée égale à celle qu'ils nous ont paru occuper.

Or, pins l'émotion est forte, plus les souvenirs se présentent en grand nombre, et plus, par conséquent, l'appréciation rétrospective du temps où cette émotion s'est produite sera longue. Il parait donc vraisemblable d'admettre que l'amnésie rétrograde offre, comme étendue, un certain rapport avec l'émotion qui a accompagné l'accident. C'est un point qu'on ne peut malheureusement établir pour le moment, à cause de l'insuffisance absolue des observations à cet égard. Il sera donc utile de faire des recherches ultérieurement dans ce sens.

Lorsqu'au lieu d'un choc physique, c'est un choc moral qui s'est produit, et qui a déterminé une violente émotion, les choses peuvent encore s'expliquer de la même façon. Toutefois c'est beaucoup plus difficile à établir, car, tout se passant dans le domaine mental et l'amnésie existant, il nous est impossible d'avoir le moindre contrôle précis pour savoir cà quel moment exact l'inconscience est survenue et avec elle l'amnésie. ( V cas, du reste, s'accompagne ordinairement d'amnésie antérograde, et nous allons voir tout à l'heure quelle hypothèse on peut faire à ce sujet.

Dans le second cas, où l'accidenta été imprévu, l'explication de l'amnésie rétrogade est plus difficile et il n'y en a même aucune qui satisfasse l'esprit. On ne peut ici que procéder par analogie et déduction empirique. Dans ce cas il faudrait, du reste, avoir des observations plus précises. L'amnésie rétrograde dans tous les cas

peut trouver une explication dans l'état d'épuisement que détermine le traumatisme soit physique soit moral.

Dans le ras où c'est le shoci nerveux qui est en cause, on peut comparer l'amnésie aux autres phénomènes qui peuvent se produire également, et tirer un enseignement de leur analogie, en laissant de côté toute hypothèse sur ce qu'est en réalité le shock luimôme. On sait que sous l'influence de violents traumatismes il se développe souvent ce qu'on a appelé la névrose traumatique, que M. le professeur Charcot a démontré n'être en réalité que de l'hystérie, souvent combinée alors à la neurasthénie. Les émotions très intenses accompagnées de troubles nerveux, — syncopes, tremblement, délire, etc., — développent la même névrose. Or on sait que dans l'hystérie les phénomènes amnésiques sont des plus fréquents, qu'ils s'expliquent, ainsi que l'a bien montré M. P. Janet, par un défaut de synthèse absolument identique à celui que nous avons décrit pour expliquer les diverses variétés d'amnésies. Gomme, d'autre part, les rares observations où l'amnésie antérograde soit signalée et étudiée montrent qu'il y avait des troubles nerveux, — crises, anesthésies, hyperesthésies, etc., — qui se rencontrent également dans l'hystérie, nous voyons que l'amnésie dans ce cas paraît devoir être rattachée à l'hystérie. C'est le traumatisme, c'est l'émotion qui ont inhibé les éléments nerveux et les ont rendus incapables de reproduire les anciens souvenirs (amnésie rétrograde) et de conserver les impressions nouvelles à l'état conscient (amnésie antérograde). C'est le pouvoir de synthèse dont dépend l'amnésie qui est diminué, sinon aboli. Plus le shock aura été violent, plus l'inhibition sera forte et plus l'amnésie sera étendue clans les deux sens.

M. Féré a montré 1 qu'à la suite de violentes excita- I tions il se produit un épuisement nerveux qui peut

avoir des effets rétroactifs. Cet épuisement est mani- I feste dans les décharges épileptiques. Or après elles on

peut constater aussi de l'amnésie rétrograde qui en est i certainement la conséquence, car on a même remarqué ique son étendue paraît en rapport avec l'intensité de la i décharge.

On peut admettre que le shock agit de la même façon. Sous son influence il y a d'abord excitation considérable de toutes les activités fonctionnelles, avec i dépression au moment où elles cessent; et, sous l'influence de ces variations rapides, il se produit un véritable hiatus dans la continuité de l'identité biologique, auquel correspond un hiatus dans la continuité de la conscience (Féré) 2.

Les souvenirs les plus récents étant les moins fixés et disparaissant toujours les premiers, plus l'épuisement nerveux sera profond, plus les centres où se sont faites les impressions nouvelles seront atteints. L'étendue de l'amnésie rétrograde paraît donc corrélative de l'intensité de l'épuisement. Nous allons voir tout à l'heure qu'il en est de même pour l'amnésie antérograde.

La force de résistance des éléments nerveux entre également en jeu pour accentuer ou atténuer les effets du shock, car il est évident que plus ils s'épuiseront facilement et plus l'amnésie se produira. Aussi est-ce surtout chez des individus à système nerveux facile-

1. Ch FÉnÉ, Effets rétroactifs des excitations sensorielles (G. R. du la Soc. de Biologie, -1887, p. 447)

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