DE LÀ M K M O I H E
les diverses circonstances de L'existence. Ce dernier cas, moins fréquent que le premier, n'entraîne pas l'incurabilité, quoique cependant celle-ci puisse se produire.
Le traitement consiste surtout dans le repos du malade. On voit souvent, en effet, l'amnésie disparaître au sortir d'un profond sommeil. Quelquefois la terminaison se fait d'une façon soudaine et l'amnésique croit sortir d'un rêve, plongé qu'il était dans un état subconscient.
Quand on examine les différentes observations d'amnésie traumatique, on voit, en effet, qu'il y a à la suite du traumatisme un état d'inconscience complète ou de subconscience qui explique facilement comment toutes les images perçues pendant cette période sont trop faiblement fixées dans le cerveau pour y être réveillées un jour à l'état de souvenir conscient. S'il se prolonge, comme dans l'amnésie antérograde de conservation, on doit recourir au traitement psychique que nous exposerons plus loin et qui consiste clans une véritable rééducation. Il est, du reste, assez rare qu'on soitobligé d'en arriver là, à moins que ce ne soit sur un terrain hystérique, auquel cas l'amnésie n'est pas plus vraiment traumatique qu'une contracture hystérique survenue à la suite d'un traumatisme.
Quant au diagnostic d'amnésie traumatique d'après les caractères psychologiques, il est impossible à établir avec l'amnésie puerpérale, éclamptique ou trystérique, par l'excellente raison que le mécanisme psychologique est identiquement le même dans les trois cas. Ce n'est donc que sur les renseignements étiologiques qu'on pourra se baser, et, en leur absence, les chances de probabilité pour l'une ou l'autre forme varient un peu suivant la variété de l'amnésie.
Dans l'amnésie traumatique, c'est surtout l'amnésie
simple et rétrograde qui se montre. Elle ne porte guère que sur les i'ails OU le langage, et presque jamais sur la mémoire organique.
Dans l'amnésie puerpérale et éclamplique, l'amnésie est ordinairement plus étendue et présente souvent les caractères de l'amnésie rétro-antérograde de conservation. Elle ne s'accompagne pas généralement de troubles de la mémoire organique. Enfin l'amnésie hystérique, qui revêt également le caractère rétro-antérograde, affecte souvent cette mémoire organique, et l'amnésie porte non seulement sur les faits, mais encore sur les actes automatiques secondaires. Elle prend souvenl aussi la forme périodique qui lui est tout à fait spéciale.
Nous avons vu plus haut à quelles erreurs on pouvait être exposé avec l'épilepsie, la paralysie générale, l'alcoolisme, et quels étaient les moyens de les éviter.
Au point de vue médico-légal, le principal intérêt réside dans la question des dommages-intérêts que peut réclamer la victime d'un traumatisme qui entraîne pour elle une amnésie considérable, et particulièrement l'amnésie antérograde de conservation, qui la methors d'état de se livrer à aucune occupation, dont la durée est indéterminée et dont le pronostic doit toujours être réservé.
L'amnésie traumatique empêche, d'autre part, un individu qui a reçu en dehors de tout témoin un traumatisme, soit accidentel, soit criminel, de poursuivre l'auteur responsable ou de donner des indications à la justice.
Maintenant que nous avons vu l'amnésie traumatique.
DR LA MÉMOIRE
qui est le type de l'amnésie à début brusque et qui offre en même temps toutes les variétés qu'on peut rencontrer dans les amnésies, nous allons revenir à notre classification séméiologïque et étudier successivement i l'amnésie simple, l'amnésie rétrograde, l'amnésie antérograde et rétro-antérograde.
Le type de l'amnésie simple, c'est l'amnésie épileptique.
L'absence du souvenir de l'attaque est un des caractères les plus importants de l'accès épileptique, quelle qu'en soit la forme, qu'il ait été ou non suivi de stertor, tandis qu'au contraire l'épilepsie partielle s'accompagne toujours de conscience et par conséquent de souvenir.
C'est une amnésie temporaire permanente, car jamais le malade ne recouvre le souvenir d'un accès antérieur. Quant au début de l'amnésie elle varie. Le plus souvent les malades ont le souvenir des prodromes éloignés de l'accès, de leur aura, et quelquefois même du cri initial. Mais, chez certains, il existe une amnésie rétrograde comprenant des faits récents. C'est, du reste, rare; d'ordinaire l'amnésie porte exclusivement sur les phénomènes survenus et les actes accomplis pendant la durée de l'accès et la stupeur consécutive. C'est donc l'amnésie simple. On peut observer, dans des accès différents, tantôt l'amnésie simple et tantôt l'amnésie rétrograde, et, dans ce dernier cas, il semble que l'amnésie soit en rapport avec l'intensité de la décharge, fait fort intéressant au point de vue du mécanisme de l'amnésie rétrograde, ainsi que nous l'avons vu.
Quoi qu'il en soit, l'amnésie porte sur toute la période d'inconscience, ce qui est complètement en rapport avec le mécanisme que nous avons donné. Pas de per-
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ception consciente, pas de souvenir, [ci, l'abolition de la conscience étant complète, au moins pendant l'accès convulsif, il ne saurait y avoir souvenir.
L'inconscience, et par suite l'amnésie, accompagne également le vertige et l'absence. Celte dernière offre pour nous le plus d'intérêt car ses degrés en sont très variables. Tantôt, en effet, le malade, sans se douter de rien, reprend l'occupation qu'il avait commencée et recouvre la conscience complète immédiatement après: d'autres fois, il continue à agir, mais d'une façon automatique, inconscientependant plus ou moins longtemps, la mémoire et l'intelligence restant obnubilées. D'autres fois enfin, l'absence est très longue, et constitue alors ce qu'on a décrit sous le nom d'automatisme comifial ambulatoire, lequel est presque toujours épileptique, quoique quelquefois il puisse être hystérique. Dans ces cas les malades peuvent se livrer à une série d'actes parfaitement coordonnés, et en apparence si normaux qu'ils passent complètement inaperçus, jusqu'à ce que, sortant de leur état ils s'aperçoivent avec surprise qu'ils se trouvent dans un endroit inconnu d'eux, dans une ville où ils n'étaient jamais venus, incapables de savoir quel jour ils sont et depuis combien de temps ils ont voyagé, ni ce qu'ils ont fait pendant cette période et comment ils se trouvent là.
Dès qu'ils reviennent à eux, ils perdent tout souvenir de leurs actes pendant toute la durée de l'absence. On s'est demandé, et non sans raison, si on pouvait déduire de cette amnésie l'inconscience des actes accomplis pendant l'absence. Mais pour affirmer la conscience de ces actes, il faudrait pouvoir établir que l'individu n'a pas agi d'une façon absolument automatique, laquelle suppose sinon l'inconscience, du moins la subconscience.
iOr nous avons vu, à propos du mécanisme de l'amnésie, qu'au point de vue du résultat pratique un phénomène subconscient ne peut pas plus entraîner un souvenir
• conscient qu'un phénomène inconscient.
Quant au mécanisme physiologique, M. Féré1 rapproche cette amnésie de celle qui succède aux excitations violentes, aux traumatismes qui déterminent un épuisement nerveux avec effet rétroactif, ce qui est parfaitement conforme à notre manière de voir.
Il y a lieu cependant de distinguer deux sortes d'amnésie dans l'épilepsie. Dans l'accès convulsif, par exemple, aucune impression ne pouvant être perçue même inconsciemment par les cellules nerveuses, en raison de leur état d'excitation, il ne saurait y avoir d'amnésie réelle, puisqu'il n'y a pas eu d'impression fixée.
Au contraire, dans le petit mal, dans l'épilepsie larvée, les impressions se fixent, mais d'une façon insuffisante pour être conscientes. Elles restent dans le champ de l'inconscient ou du subconscient et ne peuvent pas être réveillées quand le cerveau reprend son fonctionnement normal, lequel se traduit par la conscience des impressions qu'il reçoit.
Le délire épileptique (grand mal intellectuel) et les impulsions épileptiques (petit mal intellectuel) sont également, mais non toujours suivis d'amnésie. Mais lorsque le souvenir revient, outre qu'il est peu net en général, il ne réapparaît guère qu'au fur et à mesure qu'on s'éloigne de l'accès. Il ne revient pas tout d'un coup et jamais complètement. Tamburini cependant prétend que contrairement à l'opinion reçue, le sou-