XA — CY
XB
BG
XB — G Y
XB
BY
Dans l'amnésie consécutive àB, on peut, par l'hypnotisme, réveiller les souvenirs, non seulement de la période d'amnésie rétrograde, mais encore de la période d'amnésie antérograde de conservation. Ceci montre bien qu'on a affaire à rine amnésie essentiellement
fonctionnelle, à un phénomène de mémoire latente. Les images ne sont pas assez' nettes pour passer flans le champ de la conscience à l'état normal, et paraissent éteintes. Par contre, celles qui sont fixées d'une façon très forte, comme celles de la mémoire organique subsistent, et les mouvements automatiques secondaires continuent le plus souvent. C'est surtout la mémoire intellectuelle qui est atteinte, mais les souvenirs, bien que subconscients, permettent cependant certains actes raisonnes, réfléchis, combinés en vue d'un but. Il se passe là ce qui se passe dans certains rêves, et surtout dans le somnambulisme où les individus sont capables d'un certain degré de jugement, de volonté, de discernement.
Nous n'insisterons pas sur le mécanisme psychologique de ces amnésies hystériques. C'est celui que nous avons exposé en détail dans notre mécanisme général de l'amnésie. Nous ferons remarquer seulement que ce mécanisme s'applique également à l'amnésie traumatique, épileptique, somnambulique, et que nous allons le retrouver dans l'amnésie consécutive cà certaines affections aiguës. De ce mécanisme nous avons tiré la conclusion suivante : l'amnésie hystérique n'est autre que le défaut de synthèse des images et des idées passées, quand elle est rétrograde, — des images et des idées actuelles, lorsqu'elle est antérograde de conservation.
Or si, dans un certain nombre de ces cas, l'hystérie ne paraît pas à incriminer, il en est certainement d'autres où elle existait avant et où on l'a négligée pour porter toute son attention sur le phénomène initial. D'autre part, on sait aujourd'hui que la névrose traumatique n'est autre chose que de l'hystérie. Il n'est donc pas surprenant que nous voyions l'amnésie traumatique se
DE LA MÉMOIB E 223
produire parun mécanisme identique à celui de l'amnésie hystérique.
'Cela prouve que le champ de l'hystérie est immense ou, pour mieux dire, que le terme d'hystérie ne veut rien dire par lui-même, si on l'applique à une affection déterminée. Les troubles hystériques se produisent par un mécanisme commun à des maladies différentes. Ces! la prédominance de ces troubles qui fait porterie diagnostic d'hystérie. Mais l'hystérie n'est qu'une manière de fonctionner du cerveau : que l'état cérébral qu'amène ce fonctionnement défectueux soit congénital ou acquis, le résultat est toujours le même.
Il n'y a pas une maladie hystérique. Il y a seulement une manière de fonctionner du cerveau qui amène des phénomènes auxquels on donne le nom d'hystériques. Mais, en réalité, ces phénomènes ne sont pas spéciaux à ce qu'on appelle vulgairement l'hystérie. Ils peuvent se rencontrer dans bien d'autres affections. C'est le mécanisme cérébral gui est hystérique, ce n'est pas Vaffection.
L'amnésie rétrograde des hystériques, avons-nous vu, s'explique de la même façon que celle qui est consécutive à un traumatisme, à une émotion morale, etc. Elle n'offre pas de caractères différents. Mais l'amnésie antérograde de conservation est intéressante à considérer. L'impression paraît se produire avec trop peu d'intensité pour durer. Aussi voit-on quelquefois une impression disparaître au bout de 1 minute, comme chez la malade de M. Charcot. Peu à peu l'impression se fixe pendant plus longtemps. Pourquoi ne se fixet-elle pas? Quel est le trouble des cellules qui empêche la fixation? Nous ne savons. Si le mécanisme parait clair ou probable, la cause intime des phénomènes échappe.
TRO UBL ES
De plus, chaque impression esl incapable de s'associer à celle qui la précède et à celle qui la suit, de sorte que l'existence n'est composée que d'une série de moments indépendants. On comprend combien la personnalité du sujet esl réduite dans ces cas.
Cette amnésie antérqgrade de conservation, quand elle porte sur une assez longue période, parait spéciale à l'hystérie et, si on la rencontre parfois dans le traumatisme, c'est vraisemblablement que le traumatisme n'a agi une comme agent provocateur de l'hystérie. Ce qui paraîl le prouver, c'est que toujours elle s'accompagne de troubles manifestement hystériques cliniquement. C'est un état différent du vigilambulisme, car les malades, en raison de leur amnésie si rapide d'un moment à l'autre, ne peuvent guère se livrer aux actes automatiques du vigilambulisme. L'automatisme luimême esl souvent annihilé et alors les malades restent dans une sorte de stupeur comparable à celle des mélancoliques, avec lesquels on peut les confondre.
Nous avons décrit dans ['Examen méthodique de l'amnésie (p. 93) l'aspect tout particulier de ces malades et les caractères qui permettaient de les distinguer des mélancoliques el des paralytiques généraux. Il est donc inutile de les rappeler encore une fois.
Le diagnostic de l'amnésie hystérique est facile en général.
Les états seconds, type Azam, sont aisés à reconnaître ;. il n'en est pas de même des états seconds atténués. On sera porté à les considérer comme de la simulation ou du mensonge. Il sera donc bon de s'assurer de la perte de mémoire au moment où l'hystérique s'y attendra le moins et à propos de faits banaux qu'elle n'a aucun intérêt à cacher. Si leur souvenir persiste, alors que les
I > E LA M É mon; E
faits.soi-disant oubliés coïncidaient avec eux, on pourra évidemment pencher vers l'idée de mensonge. Autrement je crois qu'on n'en a pas le droit.
Cette amnésie doit être examinée avec beaucoup de précautions surtout en médecine légale, car on peut, par la manière de l'interroger, suggérer à l'hystérique amnésique des faits absolument contraires à la réalité, et l'on sait que d'autre part, ainsi que M. Péré 1 en a cité un cas très saisissant, ces malades ont tendance à donner une explication des faits qu'on leur a suggérés
i ou des actes qu'ils ont commis pendant le somnambulisme naturel ou provoqué. Il faut donc se garder, quand on constate de l'amnésie chez une hystérique, d'insister et de trop chercher à la mettre sur la voie
• en lui racontant comment les faits ont (là se passer.
Un bon moyen de diagnostic, qui est en même temps une confirmation que l'on n'a affaire qu'à une amnésie
I fonctionnelle (rétrograde, simple ou antérograde de conservation), et que les images persistent ou s'emma-
.gasinent, mais que la conscience seule fait défaut, c'est
(que par l'hypnotisme on peut réveiller tous les souve-
inirs. Malheureusement l'hypnotisme n'est pas toujours
I possible.
On peut aussi se servir du procédé de l'écriture autoimatique. L'amnésique étant placé entre un observateur et un interlocuteur, ce dernier engage avec lui une conversation à haute voix, en lui faisant tourner la tète à .gauche. Pendant ce temps l'observateur masque avec un écran la main droite du sujet auquel il a mis entre les doigts un crayon. Il l'interroge alors à voix basse pendant que l'interlocuteur continue à le faire causer