‹ Les Troubles Oculaires dans la Chorée de SydenhamChapitre 7 sur 44 · Nicollet. Thèse de Lyon · texte numérisé non relu

Nicollet. Thèse de Lyon

Anesthésie cornéenne. #4... 3 fois Anesthésie conjonctivale............. :.. a fois Anesthésie conjonctivale et pharyngée.... 6 fois Anesthésie cornéenne et pharyngée...... 3 fois

Anesthésie cornéenne, conjonctivale et DRAEVRRÉE. LE AE Me Are lus

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Dans un de ces cas la sensibilité générale est exagérée.

De ces constatations on peut conclure que l’anesthésie conjonctivale ou cornéenne est fréquente au cours de la chorée — 15 fois sur 20 — qu’elle s’accompagne souvent d’anesthésie pharyngienne, 4 fois sur 19. L’anesthésie naturellement, entraîne l’abolition du réflexe correspondant.

Quelle interprétation donner à ces faits : devonsnous appeler hystérique toute chorée qui s’accompagnera d’anesthésie conjonctivale et pharyngienne, ou attribuer à l’hystérie compliquant la chorée, ce qui n'est pas rare, ces troubles de la sensibilité muqueuse et de la réflectivité ? A vrai dire, les limites entre la chorée arythmique liée à l’hystérie et la chorée vraie compliquée d’hystérie, sont singulièrement difficiles à préciser. Les symptômes tels que l’anesthésie pharyngée et conjonctivale peuvent-ils être de quelque utilité ?

Pour résoudre ce problème, établissons quels sont les signes pathognomoniques de l’hystérie, et déterminons ce à quoi l’on pourra reconnaître qu'une manifestation quelconque en relève.

Pour cela, nous ne pouvons mieux faire que de

reprendre la définition de l’hystérie d'après M. Babinski qui propose pour cette affection le nom de pithiatisme, terme qui résume et synthétise la conception actuelle, eten rappelle la base essentielle.

« L'hystérie, dit-il, est un état psychique rendant le sujet, qui s’y trouve, capable de s’auto-suggestionner. à

« Elle se manifeste principalement par des troubles primitifs et accessoirement par des troubles secondaires. Ce qui caractérise les troubles primitifs, c'est qu'il est possible de les reproduire par la suggestion avec une exactitude rigoureuse chez certains sujetset de les faire disparaître sous l’influence exclusive de la persuasion.

« Ce qui caractérise les troubles secondaires, c'est qu'ils sont étroitement subordonnés à des troubles primitifs. »

Par suggestion, il faut entendre « l'action par laquelle on cherche à faire accepter à autrui ou à lui faire réaliser une idée manifestement déraisonnable »..

Au contraire, « déclarer à un malade atteint d’une paralysie psychique que ce trouble est purement imaginaire, qu’il peut disparaître instantanément par un effort de volonté, et obtenir ainsi la guérison, est agir par persuasion ; car l’idée émise, loin d’être déraisonnable, est éminemment sensée ».

M. Babinski range parmi les troubles primitifstoutes les variétés de paralysies,de contractures, d’anes-

thésies, tous les grands accidents hystériques en un mot.

Nous sommes donc en possession du critérium qui nous permeltra de ranger parmi ces manifestations un symptôme quelconque.

Est-il possible de ciasser parmi les troubles primitifs l’anesthésie conjonctivale ou corntenne simple, ou l’anesthésie pharyngienne simple, ou ces diverses anesthésies combinées. Cela paraît indubitable. Du même coup, l'abolition du réflexe muqueux correspondant prend place parmiles accidents secondaires ; car la relation de cause à effet entre l’une el l’autre s'impose, la sensibilité muqueuse étant le point de départ de l’arc réflexe.

Mais pour autant, est-on en droit de conclure à l’hystérie chaque fois que de tels symptômes se retrouveront ? Nous ne le croyons pas.

En effet, tout d’abord il est fréquent de trouver chez des sujets nullement hystériques de l’anesthésie pharyngienne, de l’anesthésie conjonctivale et cornéenne.

D'autre part, la volonté et l'habitude interviennent fréquemment et jouent un rôle important. Tel individu chez qui, à l’improviste, l’attouchement de la luette provoquera des nausées, pourra supporter le cathétérisme œsophagien soil par un eflort de volonté, soit sous l'influence de l'habitude. Pour la sensibilité cornéenne et conjonctivale, la même chose n'est-elle pas possible ? II paraît bien qu'il en

EPS RUES soit ainsi. L’observateur lui-même crée souvent le symptôme.

Nous insisterons encore sur ce fait : dans nos observations on ne trouve aucun autre signe d’hystérie, pas d’anesthésie cutanée, aucune zone douloureuse, aucune crise, aucune paralysie ; au contraire, dans certains cas, nous trouvons de l’exagération des réflexes tendineux plus ou moins accentute accompagnant cette anesthésie conjonctivale. Or, d’après M. Babinski, un tel symptôme ne peut être provoqué par la suggestion.

Dans bon nombre de nos cas enfin, soit des arthropathies, soit des signes de lésions cardiaques affirment la nature de la chorée.

Vouloir baser le diagnostic de pithiatisme sur la simple constatation de signes aussi peu importants, aussi variables, aussi sujets à caution que ceux dont nous parlons, est bien téméraire, semble-t-il.

On ne saurait contester cependant que, dans certains cas, la présence d’anesthésie conjonctivale, surtout associée à l’anesthésie pharyngienne, ne décèle l’affinité qui existe entre la chorée et l’hystérie, affinité qui faisait dire à M. Weil (1) : « Voici comment je comprends la chorée. Elle constitue une réaction spéciale du système nerveux de la seconde enfance. La même circonstance, frayeur, infection, provoquera dans le premier âge des convulsions, de six à treize ans de la chorée, plus tard de l’hystérie. »

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