ACTE II. SCE3iE Tïl
MICHAi'LT, àlaMîçBoIr.
Vois ce qu'on souffre, étant jaloux !
Entends comme elle sanglote!
Ah! veux-tu donc, la Mignote, Qu'ainsi je sois torturé?
LA ]IUG>OTE.
Eh! ce qui la torture, elle, c'est sa folie.
MICHAULT
Qui vient de son amour, pour avoir trop pleuré. Trop soupiré, trop enduré.
Pour avoir eu, sur la roule où j'irai.
Trop longtemps l'âme remplie Des noirs poisons que vous versent jusqu'à la lie Les mépris de l'être adoré.
MARION, loujonrs à croppeloos, et abimée dans sa doulear.
Las ! las !
AUCHAULT, se rapprochant de la Mignote.
Et moi, de même, ô mauvaise jolie.
Si mon amour sans cesse en souffrant te supplie Sans rien obtenir à son gré, Ce qui m'attend, c'est pareille aventure.
Toujours t'aimant, toujours désespéré,
De peine en pleurs et de pleurs en torture.
Ainsi qu'elle a perdu le sens, je le perdrai. Passeur au bateau chaviré
Dont la raison sera comme un noyé qui flotte.
, LA MIGNOTE, moqueuse.
Non, non, Michault, je n'en crois rien, (ihavirer ton bateau, toi! Tu t'y prends trop bien,
Bon marinier et bon pilote, Pour ne pas le mener juste où tu veux, C'est-à-dire à l'endroit où se tend ton verveux; El lu penses déjà m'y tenir. . . (Avec une pirouette). Pas si sotte !
MICHAULT, irrité.
Ail! ne ris pas, la Mignote, Ni de moi, ni de mes vœux!
LA MIGNOTE
Je ris de toi?
MICHAULT
Certes.
LA MIGXOTE.
Point.