ACTE lY. SCÈNE X. . l6l
ROBIN COSTEAU, avec tendresse.
' Que ton grand cœur désire, Mon lils, montrer ainsi combien je te suis cher, . C'est une fête pour le mien, et j'en suis fier,
MICHAULT
Mais...
ROBI> COSTEAU, avec grandeur.
Non, n'insiste pas, mon fils, je t'en conjure. En poussant au delà tu me ferais injure.
A te sacrifier je te crois résolu.
Mais l'acte est accompli, puisque tu l'as voulu.
MICHAULT, dans une violente et croissante exaltation.
Ah ! messire, c'est lui, lui, qui se sacrifie, Vous voyez bien! C'est pour le payer de sa vie, Mon crime, qu'il m'avait éloigné prudemment, Et qu'il vous a menti, messire, et qu'il vous ment, Et qu'il s'entête dans sa pieuse imposture, Et qu'il vous mentirait encore à la torture Plutôt que d'abjurer son héroïque aveu.
Et que même là-haut, à la face de Dieu,
l63 LES TRUANDS.
De Dieu qui le menace ou de Dieu qui Fimplore, Je le lis dans ses yeux, il mentirait encore! Mais moi, messire, moi, je dis la vérité.
(A. aoa père qai «ssaie de le domiiier en le legardftat fixement.)
Ne me regarde pas d'un regard irrité 1
Je te désobéis, cette fois, oui, mon père.
Tu tiens bon. Moi de même. Et nous ferons la paire.
Je suis ton fils. Je vaux autant que tu valus.
Ce dont tu ne veux pas, je n'en veux pas non plus.
ROBIN COSTEAU, très posément, au grand prévôt.
Messire, à pareil duel il n'est ni fin ni trêve. On peut pourtant le clore, et d'une façon brève.
(A Michault, sévèrement.)
Tu prétends que c'est toi qui commis le crime?
MICHAULT, résolument- Oui.
Prouve-le ! Quel témoin t'a vu, disant : « C'est lui » ?
MICHAULT
Aucun, certes. J'étais tout seul à le commettre.