‹ Les tuberculoses du piedChapitre 15 sur 46 · ENTORSE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

ENTORSE EXPÉRIMENTALE

elle amène presque constamment des décollements de l’épiphyse inférieure du tibia.

y. La rotation exagérée du pied sur l’axe vertical de la jambe produit une divulsion péronéo-tibiale.

3. Dans le tarse antérieur, dans les interlignes de Lisfranc et de Ghopalt, des traumatismes violents et irréguliers (entorse des cavaliers, etc.) causent des désordres compliqués, étendus et diffus.

e. Par un choc violent, asséné sur la surface de section

du tibia et du péroné, le pied étant dans l’extension, MM. Jaboulay et Laguaite (communication inédite) obtiennent régulièrement une lésion expérimentale spéciale. Elle consiste dans la disjonction simultanée des piliers de la voûte antéro-postérieure, et ceux de la voûte transversale de la plante, au niveau des articulations cunéennes et scaphoïdiennes, c’est-à-dire à peu près à la clef de l’arc ; le même résultat s’obtient par un traumatisme dirigé de bas en haut dans l’extension (chute, saut sur le talon antérieur, etc.).

A côté de ces entorses articulaires, on doit penser que, chez les jeunes sujets, il doit, sous l’influence de la violence, se produire de véritables entorses intra-osseüses entre les bandes cartilagineuses périphériques et les noyaux ossifiés du centre. On a de la sorte de véritables contusions sous-chondriques très comparables à ce qui se passe dans les grands cartilages épiphysaires.

Ce qui précède suffit pour montrer que toutes les parties du pied sont constamment exposées à des désordres nom breux, graves, variables. Mais leur complexité est telle, la difficulté de l’observation clinique exacte est si considérable, qu’il ne nous a jamais été possible d’établir une

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concordance valable entre la nature du trauma invoqué à juste titre comme cause de la maladie et la localisation exacte de cette dernière. Mais tout porte à croire que cette concordance existe; le tout sera de la rechercher avec un soin suffisant chez des sujets susceptibles de nous renseigner d’une façon convenable.

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Nous avons exposé au début de ce travail les documents anatomo-pathologiques que nous possédions ; nous nous sommes alors efforcé de constituer une base solide à l’étude étiologique ou symptomatique de la tuberculose du pied. Notre but a été de montrer dès ce moment que cette maladie d’aspect souvent diffus, sans linéaments bien apparents, pouvait affecter et affectait en effet des allures assez régulières.

Seulement, l’examen du malade ne permet pas toujours de se fier à des localisations aussi étroites que celles constatées sur les pièces. Nous serons donc plus avare de divisions restreintes et fixes. Nous courrions le risque d’altérer l’exactitude de notre description, si nous tenions absolument à faire rentrer dans un lit de Procuste des ensembles symptomatiques irréguliers ou combinés.

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Nous savons que la tuberculose du pied débute à peu

près constamment par les os ou par les synoviales *, or :

1° Synovite implique arthrite ;

2° Nous avons montré d’autre part que, nombre de fois, les arthrites tuberculeuses ne sont que l’expression naturelle dernière d’une tuberculose d’un segment osseux ; en clinique, les ostéo- arthrites ne peuvent être séparées des synovites pures, surtout si l’on se souvient que ces dernières attaquent volontiers les surfaces osseuses qu’elles séparent;

3° Mais il peut exister dans les os du pied des foyers d’ostéite tuberculeuse qui accomplissent leur évolution en respectant les* articulations et ne perdent pas leur caractère d’ostéite simple.

Nous sommes donc amenés de la sorte à adopter de grandes classes de manifestations cliniques de la tuber culose du pied.

La première comprendra :

Les ostéites pures.

La seconde :

Les synovites et ostéo -synovites.

1 Si le début par l’infection des gaines musculaires est réel, il est en tous cas assurément très rare. Une seule fois, parmi nos malades, il a pu être soupçonné. Les synovites tendineuses tuberculeuses ont des caractères cliniques et anatomiques bien tranchés et restent très volontiers limitées à leurs gaines respectives qu’elles envahissent d’ailleurs facilement sur toute leur étendue, mais en respectant les tissus ostéo-articulaires sous-jacents.

D’autre part, il est bien évident que la « périarthrite » de Gibney, sur l’existence de laquelle nous faisons (avec Paulet et Ghauvel) toutes nos réserves, n’a rien de commun avec la tuberculose, du moins en ce qui concerne son existence réelle anatomique.

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