TROISIEME PARTIE
LE TRAITEMENT
Nous abordons la partie la plus difficile de notre travail, et aussi, de beaucoup la plus intéressante.
Jusqu’ici, nous n’avons eu qu’à exposer des faits d’observation, à les réunir, à les distribuer. Il nous faut maintenant les apprécier, examiner les résultats que la thérapeutique chirurgicale a pu obtenir chez nos malades, montrer ce qu’on doit en attendre, et comment on peut y parvenir.
Nous avons insisté sur la nécessité si vigoureusement indiquée par M. le professeur Ollier (Préface du Traité des résections) de n’invoquer que des faits d’observation mûre , en d’autres termes : suffisamment anciens pour qu’on soit en droit d’invoquer un résultat définitif.
Dans la mesure du possible, nous nous sommes conformé à cette règle.
Sans doute nous ne sommes pas parvenu à retrouver
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tous nos malades, après une ou plusieurs aimées écoulées. Bien des lettres à eux adressées sont restées sans réponses. Au moins, toutes nos observations pourrontelles être considérées comme complètes, en ce sens qu’elles s’arrêtent seulement à l’époque où ces lignes sont écrites, ou à une époque très rapprochée. Il en résulte que nos documents ne seront peut-être pas aussi nombreux que nous avons pu l’espérer. Cependant notre étude s’appuiera solidement sur cent vingt observations à peu près, ayant plus d’un ou moins de vingt-sept ans ans d’ancienneté. Sauf cinq ou six que nous devons à l’obligeance de MM. les professeurs Léon Tripier et Poucet, toutes ont été recueillies à la clinique.
Bon nombre d’entre elles ont été publiées dans les différentes thèses inspirées par M. Ollier (depuis 1868). Nous les avons mises à jour, et complétées de telle sorte que notre travail 11e doit pas être considéré comme autre chose qu’un résumé de la vie d’un certain nombre de malades.
Dans l'exposé qui va suivre des différentes méthodes de traitement utilisées ou indiquées, nous avons essayé de faire à toutes la part aussi égale que possible. L’erreur serait grande de croire qu’à la clinique la résection est considérée comme une panacée. Autdnt et plus que partout ailleurs, la thérapeutique y est éminemment éclectique. Tout se réduit à une question (T indications .
Pendant de longues années, jusqu’en 1880 environ, M.le professeur Ollier n’a guère fait de résections portant sur le pied ; il a pu prendre des autres méthodes de traitement une expérience égale à quelque autre que ce soit, grâce à l'immense quantité d’ostéopathies tuberculeuses
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qui passent dans son service. C’est donc en toute , connaissance de cause qu’il a abordé et résolu le problème. Pour notre compte, nous avons dû reprendre chacune des observations de la vieille époque, les compléter, les comparer aux nouvelles. Malheureusement un très grand nombre manquaient ou étaient inutilisables. Grâce aune organisation vigoureuse, incité par l’intérêt qui s’attache à des faits nouveaux et par les objections qu’on opposait, et qu’on oppose encore, en France du moins, aux résections, on est parvenu au contraire à maintenir à peu près tous les réséqués en observation, de telle sorte qu’on pût toujours être fixé sur leur sort. Il en résulte que la majorité de nos observations est constituée par des résections; mais, nous le répétons, on commettrait une errreur si l’on s’imaginait que le nombre des résections pratiquées (et à pratiquer) est, en réalité, dans la même proportion vis-à- vis des autres méthodes de traitement, que dans les chiffres indiqués par nousmême.
Il nous a paru tout à fait aride et stérile d’étudier suc cessivement le traitement de chacune des localisations de la tuberculose du pied. C’eût été nous exposer à des redites, à des répétitions inutiles.
Nous avons préféré diviser arbitrairement en trois grandes classes les procédés employés; et nous étudierons successivement le traitement par :
Les opérations économiques ;
Les résections ;
Les amputations .
Il est bien entendu que cette classification n’a aucune
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valeur absolue, et qu’elle ne doit être considérée que comme devant permettre d’apporter un peu d’ordre dans un fouillis compliqué de méthodes très diverses.