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IV. Tarsectomie totale

Elle constitue en somme la plus radicale expression des opérations qui précèdent1.

Elles sont rares ; M. Ollier ne s’est jamais trouvé dans la nécessité d’exécuter une extirpation absolument totale du tarse osseux; presque toujours, on peut trouver quelques fragments osseux dont l’économie était possible, et l’utilité incontestable.

Après Gonner, Rappeler, Jones, etc., M. le professeur A. Poncet a fait deux fois la tarsectomie totale. La première des opérées a été perdue de vue.

Voici l’observation résumée du second :

X..., dix-neuf ans, sans antécédents héréditaires ni personnels d’aucune sorte, a vu débuter, en 1886, une arthrite médio-tarsienne, traitée d’abord par l’igniponcture et l’immobilisation. Au mois de juin 1887, M. Poncet lui pratiqua la première d’une série d’interventions successives dont la plus récente, exécutée en janvier 1889, a enlevé les derniers fragments du tarse, extirpé dans sa totalité, de la mortaise tibio -tarsienne à la tête des métatarsiens.

En novembre 1889, nous constatons ce qui suit : le malade, gras, robuste, bien portant, ne présente aucun signe de généralisation tuberculeuse. Le membre inférieur, du côté malade, est considérablement diminué de volume dans sa totalité; il n’y a pas de ganglions au pli de l’aine ; le pied est complètement cicatrisé depuis quelques semaines; il est dur, solide, sans abcès ni fongosités. Sauf un varus d’ailleurs assez prononcé et qui, évidemment, aurait pu être évité si le début de la réparation avait été surveillé, la forme du pied est assez élégante. Il est petit, court, mais très peu élargi. Le malade, qui commence à marcher, s’appuie sur le bord externe de la plante, dont la voûte a complètement disparu.

1 Dès 1844, Textor avait fait avec succès une résection de ce genre (voyez Lossen, Billroth et Pitha : t. II ; Abth. IL

Là longueur totale du pied, du talon à l'extrémité du gros orteil, est de 19 centimètres contre 25 centimètres du côté sain. La majeure partie du raccourcissement porte sur la région du pied comprise entre les malléoles et les orteils. On s’aperçoit, en effet, que la perte de substance semble porter uniquement sur le moyen tarse qui manque. Les métatarsiens se sont mis en contact avec le bord antérieur des malléoles. Le talon est saillant; il est constitué par une masse osseuse qui reproduit admirablement le calcanéum dont la reconstitution est des plus remarquables : ce dernier os paraît uni directement au métatarse par une masse ostéofîbreuse, compacte et solide.

Le pied, absolument indolent, est bien et solidement mobile sur la mortaise qui a été conservée.

La fonction, qu’on ne peut pas encore bien apprécier, sera d’autant plus satisfaisante que l’on parviendra à corriger le varus marqué, soit par l’orthopédie, soit par un artifice de prothèse.

De tels faits sont utiles en ce qu'ils montrent ce qu’on peut espérer. 11 est clair qu’en pareil cas le calcanéum futur doit constituer l’agent principal de la reconstitution du pied; une fois déplus nous constatons ce qu’on est en droit d’attendre du périoste.

Quant aux indications générales de semblables interventions, nous ne pouvons que répéter ce que nous disions à propos des tarsectomies complexes étendues : c’est une question d’état général et d’âge de la part du malade, de patience et d’inspiration de la part du chirurgien.

Cependant, nous ne sommes pas éloigné de croire que la tarsectomie totale puisse donner des résultats supérieurs à ceux fournis par les tarsectomies complexes très étendues et très irrégulières. En pareil cas, l’incision plus ou moins modifiée de la résection du calcanéum donnera le meilleur jour et le moins de désordres.

TARSECTOMIES

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