I. AMPUTATIONS DES ORTEILS ET DES METATARSIENS
On peut évidemment être appelé à amputer et à désarticuler chacune des phalanges, chacun des métatarsiens.
De toutes ces variétés, une seule est réellement intéressante ; c’est la désarticulation du gros orteil. Nous savons dans quelle proportion de fréquence cette petite tumeur blanche l’emporte sur les autres arthrites tuberculeuses phalangiennes, et combien important il est de sauvegarder autant que possible l’existence du talon antéro-interne.
Désarticulation sous -périostée du gros orteil. — Il n’y a que la désarticulation sous-périostée ou mieux l’amputation sous-périostée de la tête du premier métatarsien avec son orteil qui nous fournisse des résultats à peu près irréprochables, au moins au point de vue fonctionnel.
Il est fort regrettable que nous ne puissions pas donner ici des observations convenablement anciennes de cette petite opération. Cependant, elle a été pratiquée bien souvent à la clinique, et jamais elle n’a trompé l’attente de son auteur. Voici le manuel opératoire observé.
AMPUTATIONS ET DESARTICULATIONS 211
On taille une raquette ordinaire à queue dorsale, suivant l’axe du métatarsien; on a soin détailler cette raquette comme pour une simple désarticulation du gros orteil, c’est-à-dire en apparence trop longue, son bord antérieur suivant le pli de flexion.
Le point essentiel est d’arriver directement sur le métatarsien même, sur son périoste qu’on incise jusqu’au niveau du point où doit porter la section osseuse toujours oblique d’ailleurs, et indiquée par l’étendue des lésions. Dans tous les cas, il faut attacher une grande importance à l’étendue, à l’épaisseur du lambeau. Alors même que la peau est fistuleuse, et un peu décollée, il vaut mieux la conserver au prix d’un curage ou d’une cautérisation que de la sacrifier.
Une fois arrivé sur le métatarsien, avec le détache -tendon, on décortique soigneusement le périoste de la tête métatarsienne et on procède à la section osseuse. On fait la toilette du lambeau et on suture sur un drain.
On obtient ainsi un beau moignon bien matelassé, qui aura surtout l’immense avantage de constituer dans l’avenir une masse ostéo-fibreuse solide et compacte située au point antérieurement occupé par la tête du métatarsien.
Le traitement post- opératoire est très simple, il suffit de surveiller la cicatrisation et de prévenir les répullulations fongueuses.
Les résultats ont toujours été excellents, et on obtient ainsi une restauration remarquable de la marche. La gravité opératoire est nulle.