II. AMPUTATIONS ET DESARTICULATIONS DANS LA * CONTINUITÉ DU TARSE
Ce sont les amputations partielles du pied. Nous y comprenons non seulement les désarticulations classiques
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de Lisfranc, de Chopart, de Lignerolles, les amputations transtarsiennes irrégulières (de Mollière et autres), mais encore les innombrables procédés de désarticulations ostéoplastiques nées du Pirogoff (Pasquier-Lefort, Tauber, Razumovsky, etc., etc.). Pas n’est besoin d’être un clinicien consommé pour condamner ces amputations ostéoplatiques dirigées contre les tuberculoses graves du pied. Les professeurs de médecine opératoire même ne manquent pas de signaler cette contre-indication à leur emploi. Du reste, nous considérons comme d’autant plus superflu de les combattre que nous possédons un excellent moyen de nous procurer les avantages ostéopédiques qu’elles poursuivent sans nous exposer à leurs inconvénients (récidives, retard ou absence de cicatrisation, etc.).
Quant à ce qui est des différentes variétés d’amputations intratarsiennes : Lisfranc, Ghopart, Lignerolles, nous pensons qu’il faut être à peu près aussi exclusif à leur égard qu’à celui des intracalcanéennes ou d’autres ; il est bien entendu que nous ne les jugeons qu’au point de vue des résultats par elles fournis dans les affections qui nous occupent.
La désarticulation de Lisfranc est peut-être la seule qui puisse, dans des circonstances très rares d’ailleurs, être appelée à rendre des services réels ; c’est dans le cas où l’on aurait affaire à des lésions simultanées de la portion antérieure des métatarsiens. Encore faudrait-il que l’interligne tarso- métatarsien fût respecté et que les lésions des parties molles de la plante du piednoient nulles ou légères.
L’amputation médio tarsienne semble avoir été le plus souvent utilisée. Nous n’avons pas à nous en occuper au
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point de vue général. Il est permis de croire que, avec des précautions (sutures tendineuses, etc.), l’opérateur aura de grandes chances d’éviter le renversement du moignon et d’obtenir un segment de membre qui peut alors rendre d’excellents services; l’amputation de L. Tripier donnerait probablement des résultats également bons1; mais seulement autant qu’il s’agit de lésions traumatiques ou néoplasiques. En règle générale, il ne faut rien attendre de bon de l’amputation partielle du pied tuberculeux dans l’interligne de Gbopart. La cicatrisation exige autant de temps, de précautions, d’immobilisation, elle s’effectue aussi difficilement et donne de moins bons résultats que celles des tarsectomies très étendues. Il suffit pour s’en convaincre de parcourir la statistique de Müncb. La mortalité secondaire y est considérable ; les récidives sont fréquentes ; il existe une gravité opératoire légère, mais réelle.
En fait, dès lors que l’état général du malade ou le degré extrême de développement des lésions locales commandent l’amputation, il est impérieusement indiqué de poursuivre avant tout une cicatrisation immédiate rapide, et une fonction bonne ; l’orthomorphie n’a plus d’importance.
Quant à la désarticulation sous-astragalienne, elle est condamnée d’abord par le fait de la fréquence des lésions de l’astragale, elle l’est peut-être davantage encore parce qu’elle constitue une opération inutilement compliquée qui ne donne aucun résultat qu’on ne puisse obtenir par un procédé à la fois plus radical et plus sûr que nous allons étudier.
1 Section horizontale de la face inférieure du calcanéum après l'amputation de Chopart , Duchamp, th. Lyon, 1879.
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