‹ Les Tuberculoses TraumatiquesChapitre 18 sur 26 · TRE · texte numérisé non relu

TRE

duction de la tuberculose et l’accident », et ils constataient que « l’impureté du produit doit favoriser la fixation du germe ».

Dans des expériences ultérieures, les mêmes auteurs étudièrent le rôle des mouvements sur l’évolution de la tuberculose articulaire. Après avoir réalisé des arthrites par inoculation directe, ils soumirent des lapins à des mouvements doux : 5 minutes, deux fois par jour. Ils constatèrent ainsi des lésions du cartilage d’encroûtement et des plateaux tibiaux, lésions qui n’existaient pas chez les témoins laissés au repos.

FRIEDRICH, en 1899, et HONSELL, en 1900, confirmèrent les résultats de LANNELONGUE et ACHARD. Pour eux, il y a souvent une relation entre la tuberculose et le trauma, mais le rôle de ce dernier se borne à réveiller, à rendre manifeste un foyer latent.

PETROW, en 1904, apporta quelques éléments nouveaux. Il inocula d’abord 26 cobayes par voie péritonéale, puis, après leur mort, rechercha le bacille de Koch dans la moelle épiphysaire des extrémités osseuses indemnes cliniquement et macroscopiquement de lésions tuberculeuses. Il l'y trouva chez 8 de ces animaux.

Dans une seconde série d’expériences, il traumatisa des articulations chez 28 lapins puis y injecta, ainsi que dans des articulations non traumatisées, une émulsion de bacilles tuberculeux. Ces animaux furent sacrifiés au bout de temps variables, allant de quelques heures à quelques mois.

À ce niveau des articulations non traumatisées, seuls les capsules et les ligaments étaient atteints tandis que les articulations traumatisées étaient le siège de lésions osseuses et cartilagineuses importantes.

Dans une troisième série d’expériences, PETROW injecta une émulsion de produits tuberculeux humains dans les veines de 18 lapins, dont il avait traumatisé quelques heures auparavant de différentes manières, diverses articulations : contusion simple d’une articulation tibio-tarsienne, entorse légère d’une articulation du genou et forte entorse d’autres articulations.

Tous ces animaux moururent avant 4 mois et, à lautopsie, on constata, outre une tuberculose pulmopaire limitée, 11 fois sur 18 des lésions au niveau des articulations violemment traumatisées, 2 fois seulement des lésions identiques là où on n’avait fait qu’une légère entorse, 2 fois encore, les mêmes lésions sur des articulations non traumatisées; par contre, les 18 articulations légèrement contusionnées étaient saines.

Un peu plus tard, PETROW, étudiant le rôle de la congestion artérielle pure et simple et de la congestion associée à des troubles trophiques sur les localisations tuberculeuses, sectionna chez des lapins le sympathique abdominal et le sciatique ou ligatura une veine crurale. Pas une fois il ne remarqua de préférence de localisation pour une patte énervée ou congestionnée. Par contre, chez un lapin qui avait subi le même jour une section du sympathique et une fracture de cuisse, il constata à l’autopsie « un hématome considérable,

un sac clos, rempli de caillots et à la paroi entière-

ment recouverte de granulations frêles, grisâtres, criblée de tubercules ».

RODET et JEANBRAU, en 1907, utilisèrent pour leurs expériences des lapins jeunes, en période de croissance, à épiphyses non soudées et les tuberculisèrent par voie digestive à l’aide de cultures atténuées, entretenues depuis plusieurs années au laboratoire.

À l’aide d’une sonde, ils injectèrent dans l’estomac de 10 lapins de deux mois, pesant en moyenne 500 grammes, 5 cmc. de l’émulsion obtenue en diluant dans 50 cc. d’eau physiologique, gros comme un pois de culture sur pomme de terre, 1 cc. d’une telle émulsion, inoculée sous la peau, donnant en 6 mois une tuberculose discrète.

Un mois plus tard, ils firent ingérer à ces lapins la même quantité de cette culture et, le même jour. traumatisèrent un membre de tous ces animaux.

Chez 6 lapins ils firent une entorse de l'articulation fémoro-tibiale, chez les 4 autres une fracture fermée sans déplacement de l'extrémité inférieure du fémur. Les traumatismes furent répétés 4 jours plus tard sur les mêmes membres.

Tous ces animaux ne survécurent que 10 jours à un mois à la seconde ingestion infectante. Tous sont morts de coccidiose. A l’autopsie on trouva deux fois un abcès périgastrique. Toutes les articulations traumatisées étaient indemnes de tuberculose; il n’y avait pas de lésions viscérales. La moelle de l’épiphyse fémorale d’un lapin qui survécut un mois et qui pré-

Page 1