‹ Les Tuberculoses TraumatiquesChapitre 19 sur 26 · NOR · texte numérisé non relu

NOR

sentait un cal volumineux, résultant de la consolidation d’une fracture supra-condylienne, inoculée à ur cobaye, ne tuberculisa pas ce dernier.

Les mêmes auteurs injectèrent ensuite dans l’estomac de 10 lapins adultes, de 2 kgs, 10 cmc. de bacilles. peu virulents. Trois jours plus tard, ces animaux ayant maigri en moyenne de 100 gr. ils leur firent une entorse au niveau d’une articulation fémoro-tibiale. En 5 jours, les lapins ont repris leur poids primitif; après nouvelle entorse de la même articulation, 6 de ces lapins sont morts en un mois et demi, sans présenter de lésions tuberculeuses articulaires macroscopiques. Parmi les 4 derniers qui furent sacrifiés 5 mois et demi après l’inoculation, 3 avaient augmenté de poids mais étaient porteurs de granulations grises viscérales; un avait maigri et, dans le pus des abcès qui furent découverts au niveau de deux pieds, le bacille de Koch né put être mis en évidence ni directement ni par inoculation au cobaye. Aucun de ces animaux n’était

non plus porteur de tumeur blanche.

RIBERA Y SANS, en 1911, étudia le rôle du traumatisme sur les localisations génitales et ostéo-articulaires ainsi que l'influence des infections associées.

Après laparotomie, il traumatisa d’abord l’utérus de 60 lapines et leur injecta des cultures pures de bacilles de Koch, soit directement dans l’utérus traumatisé, soit dans la veine marginale de l'oreille. Il obtint ainsi des tuberculoses généralisées et, 6 fois seulement, une localisation utérine.

Ayant incisé, en outre, la paroi utérine de 13 autres animaux, il introduisit des fongosités dans cette paroi ainsi que dans le fond de lincision. 5 fois alors, il put tuberculiser l’utérus.

Il traumatisa ensuite le pénis de 4 lapins et les inocula par voie veineuse. Voici les résultats qu’il obtint :

— un animal est resté sain,

— un autre fit une tuberculose pulmonaire, mésen-

térique et testiculaire droite,

— le troisième localisa ses lésions aux deux testi-

cules,

— le dernier mourut de granulie et l’autopsie mit

en évidence la calcification d’un testicule.

Le même auteur inocula encore à l’aide de cultures pures, 18 lapins et 12 cobayes, par voie sous-cutanée, péritonéale ou veineuse, puis leur fit subir un traumatisme articulaire. Tous les résultats furent négatifs en ce qui concerne les articulations, mais la moelle des pattes traumatisées, comme celles des pattes non traumatisées, prélevée chez deux lapins:et inoculée à des cobayes, tuberculisa ces derniers.

RIBERA Y SANS étudia énfin l'effet des infections associées. Il injecta dans les veines de 2 lapins un mélange de bacilles de Koch et de staphylocoques dorés et chez 3 autres, seulement des bacilles tuberculeux. 2 jours plus tard, il inocula une émulsion de staphylocoques dans une des articulations de ces 5 animaux, à l’aide d’une pipette dont il abandonna la pointe dans l’articulation. Les volumineux abcès qui se formèrent rapi-

dement furent incisés et 2 mois plus tard on sacrifia tous ces animaux. Les capsules des articulations malades furent inoculées à des cobayes et déterminèrent, outre des infarctus inguinaux, des lésions viscérales où le staphylocoque et le bacille tuberculeux voisinaïent.

6 cobayes inoculés sous la peau ou dans le péritoine, à l’aide d’un mélange de staphylocoques et de bacilles de Koch, subirent deux mois plus tard un traumatisme d’une articulation fémoro-tibiale. A l’autopsie, on ne trouva pas de lésions articulaires.

3 lapins qui avaient reçu une culture pure de bacilles tuberculeux, inoculés à l’aide d’une pipette dont la pointe fut brisée dans l’articulation, ne firent pas d’arthrite.

3 lapins inoculés dans une articulation fémoro-t-biale, à l’aide d’une culture pure de bacilles tubercu: leux et qui avaient subi un traumatisme articulaire n’eurent aucune manifestation locale ni générale.

3 lapins qui avaient reçu dans une articulation une émulsion de staphylocoques moururent avec d’énormes abcès articulaires.

Chez 3 lapins inoculés de la même façon mais à l’aide d’un mélange de staphylocoques et de bacilles tuberculeux, on trouva dans les articulations des lésions mixtes.

Enfin 3 lapins qui avaient reçu la même émulsion mais cette fois par voie veineuse et qui avaient été traumatisés peu après, ne présentèrent pas de lésions au niveau de l’articulation traumatisée. |

BROUARDEL et GIROUX étudièrent expérimentalemen!, en 1914, la tuberculose pulmonaire traumatique. Ils

BOSVIEUX. fl

inoculèrent d’abord par voie veineuse 16 lapins, se servant d’une culture de bacilles tuberculeux humains âgée de 6 semaines et, simultanément, fracturèrent des côtes à 8 d’entre eux, les autres servant de témoins. 4 animaux moururent spontanément. Les 12 survivants furent sacrifiés 3 mois après l’inoculation et on constata partout les mêmes lésions pulmonaires, sauf chez un témoin dont le poumon était sain.

BROUARDEL et GrRoux inoculèrent en outre à 15 lapins une culture de bacilles âgée d’un mois. 15 jours plus tard, ils firent des fractures de côtes à 7 d’entre eux, et, deux mois après, tous les animaux furent sacrifiés : les poumons de 7 lapins non traumatisés con-. tenaient quelques granulations; le dernier était indemne. Les lapins traumatisés présentaient des lésions pulmonaires accusées et étendues.

Enfin, en 1925, PHiLIBERT et CORDEY, au cours d’une étude générale de la réinfection tuberculeuse expérimentale chez le lapin, ont cherché deux fois le rôle du traumatisme dans la localisation des lésions. Ils utilisaient des bacilles isolés de liquide pleural.

Le premier lapin a d’abord reçu en dix injections endo-trachéales, de deux jours en deux jours, une dose totale de 1/100° de milligr. de bacilles tuberculeux:; quatre mois plus tard, le même animal a reçu dans une veine la même dose de bacilles en une fois et a subi un traumatisme au niveau d’un genou. Cinq mois après, il n’y avait pas de lésions articulaires.

Le deuxième lapin a reçu d’abord 1/100° de milligr.

ee -

des mêmes bacilles dans la trachée en une seule fois et neuf mois après a subi une réinoculation par voie veineuse suivie aussitôt d’un traumatisme articulaire. Cinq mois plus tard, les auteurs ont constaté au niveau de l'articulation traumatisée des lésions analogues à celles produites chez d’autres animaux par une inoculation directe dans l'articulation : fongosités, pus, ostéite; mais le bacille de Koch n’y a pas été re-

cherché.

Que peut-on conclure de ces expériences confuses et contradictoires ?

Dans deux circonstances une localisation tuberculeuse a pu être obtenue à la suite d’un traumatisme :

. — en inoculant des animaux par voie sanguine,

— en associant d’autres germes au bacille tuberculeux.

PETROW a pu localiser la tuberculose aux articulations traumatisées, à condition d’injecter les bacilles dans le torrent circulatoire et de réaliser un traumatisme violent. Il ne précise pas d’ailleurs s’il s’agit de traumatisme ouvert ou fermé et cela a son importance. Or, comme nous l’avons vu, ce sont surtout les petits traumatismes qui sont mis en cause en matière d’ostéo-arthrite tuberculeuse. D’autre part, LANNELONGUE et ACHARD avant PETROW, RIBERA Y SANS ultérieurement, ont traumatisé des animaux en état de bacillémie sans obtenir les mêmes résultats.

Il faut cependant retenir les travaux plus récents de PHILIBERT et CORDEY, qui ont pu obtenir par ré-

Page 1