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prononcées; autour des glandes sudoripares l’infiltration devient extrêmement dense; elle forme une nappe presque ininterrompue, qui s’étend jusque dans l’hypoderme. L’épithélium des glandes sudoripares est lui-même altéré ; les cellules paraissent à la fois plus grosses mais à contours moins nets; elles semblent atteintes de dégénérescence vitreuse ; la lumière glandulaire est presque complètement oblitérée. Les éléments de l infiltrat sont toujours des cellules conjonctives, des lymphocytes et des cellules épithélioïdes; on trouve aussi quelques cellules plasmatiques.
Les lésions vasculaires sont aussi beaucoup plus accentuées. On trouve de véritables lésions de phlébite et d’artérite ; les parois des vaisseaux sont épaissies, infiltrées de cellules rondes; l’endothélium est légèrement végétant. Une veine, dont on voit la coupe transversale, est complètement oblitérée.
Recherche des bacilles et inoculation au coba}^e négatives.
Observation XVI (Personnelle).
Erythème induré de Bazin.
Antécédents. État général. — Mme Ga..., 36 ans.
Père mort à 72 ans, mère vivante, bien portante.
Pas de tuberculose familiale à la connaissance de la malade.
Celle-ci n'a jamais fait de véritable maladie. Elle est d’apparence robuste et bien portante; elle est couturière, travaille beaucoup, passe souvent les nuits ; se tient beaucoup debout.
La malade a toujours eu des adénopathies cervicales ou sousmaxillaires depuis son enfance , jusqu’à l’âge de 21 ans. Aucun ganglion n’a jamais suppuré.
Engelures aux pieds pendant toute sa jeunesse jusque vers 1 âge de 20 ans, ulcérées chaque hiver; actuellement elles ont cessé aux pieds, mais se produisent aux mains.
Froid aux mains et aux pieds persistants. S’enrhume facilement lhiver.
Blépharite persistante pendant toute 1 enfance, jusque vers i5 ans.
Depuis trois ans, poussées de rhumatismes au niveau des articulations des membres supérieurs, durant trois à quatre mois, fort douloureuses, mais sans gonflement des articulations ni rougeur de la peau à leur niveau.
Etat cutané. — L’affection pour laquelle vient consulter la malade a débuté il y a 3 mois ; il apparut à cette époque une petite tache rouge, indurée, au niveau du genou gauche, tache qui s’élargit peu à peu, jusqu'à atteindre les dimensions d’une pièce de deux francs.
Depuis cette époque, il s’est produit plusieurs petites poussées, au cours desquelles il apparaissait deux ou trois éléments à la fois.
L'état actuel est le suivant : Les lésions siègent uniquement à la jambe gauche. On trouve, au niveau du genou et de la face antéro-externe de la jambe, une série de taches de couleur rouge violacé ; on en note une dizaine à peu près. Leur diamètre varie : quelques-unes ont la grosseur d'un pois, d autres le volume d’une pièce de cinquante centimes ou cl une pièce de i franc. Elles n’ont pas de limites précises, mais sont entourées par une zone légèrement érythémateuse, dont la teinte va en se dégradant peu à peu, pour se confondre avec celle de la peau saine. On n observe aucune lésion épidermique à leur surface, ni desquamation, ni squames. Seuls deux ou trois des éléments présentent, à peu près vers leur centre, une petite croùtelle qui, dit la malade, correspond à une petite vésicule qui se formerait et donnerait issue à une ou deux gouttes de liquide séreux.
Au toucher, on sent, au niveau des lésions, une induration profonde, qui s enfonce dans l’hypoderme, paraît avoir le volume d'une noisette et est mobilisable avec la peau. La palpation de la région permet de reconnaître une induration cutanée très nette, mais plus petite que les autres, et qui ne se traduit encore à la surface de la peau par aucune rougeur.
Quelques-uns des éléments sont en voie de disparition spon-
tance; l'érythème pâlit, la peau prend une teinte rouge brunâtre pâle, linduration disparaît peu à peu.
Rien à signaler sur le reste du corps.
Examen histologique. — Une biopsie est pratiquée, au niveau des éléments en activité, de la façon suivante : pour pouvoir observer les lésions de 1 hypoderme, on découpe au bistouri, au centre de la lésion, une véritable tranche de 4 à 5 millimètres de large et de un centimètre et demi de profondeur. Réunion par deux points de suture.
L’examen histologique donna les résultats suivants :
Epiderme normal ; rien à signaler au niveau de la couche cornée, ni de la granuleuse, ni du corps muqueux.
Les lésions du derme superficiel sont extrêmement peu prononcées : quelques dilatations vasculaires, une prolifération très légère des cellules fixes et c’est tout. On ne trouve pas même trace d infiltration lymphocytaire. Dans le derme moyen, on observe, au milieu d’un tissu conjonctif normal, de grandes travées, paraissant formées d’un agglomérat cellulaire ; à un plus fort grossissement on se rend compte que ces travées correspondent à des vaisseaux, dont les parois sont infiltrées de lymphocytes et de cellules conjonctives. Sur un des bords de la préparation, une veinule assez importante se montre coupée transversalement ; ses parois sont extrêmement épaissies, légèrement végétantes, infiltrées dans leurs couches les plus externes, de cellules embryonnaires ; tout autour de la veine l’infiltration forme un nodule arrondi, qui envoie de petits prolongements dans les intervalles du tissu conjonctif voisin.
Dans la couche profonde du derme, 1 infiltration devient très compacte ; elle forme une nappe dont les éléments sont étroite- * ment serrés. Les éléments de cette infiltration sont des lymphocytes, de rares cellules d’aspect épithélioïde et des cellules conjonctives. Par places, on retrouve dans cet infiltrat les glomérules glandulaires, dont l’épithélium apparaît plus ou moins altéré, granuleux. Sur un point d’une des préparations on trouve une cellule géante, représentée par une petite masse nécrosée entourée
d’une couronne à peu près complète de noyaux ; on ne trouve pas autour de cellules épithélioïdes, mais un amas de cellules embryonnaires.
Dans lhypoderme, les lésions sont encore très importantes, mais ne présentent plus les mêmes caractères. Il ne s’agit plus d’une nappe cl infiltration, mais on trouve le tissu graisseux hypodermique circonscrit par des travées conjonctives rapprochées, formant un réseau à mailles serrées. Ces travées conjonctives ne sont pas très épaisses, mais elles sont infiltrées d’une manière régulière par des cellules rondes ; sur une seule de ces travées on observe une veine très altérée, à parois épaisses et végétantes.
Un fragment de cette biopsie a été inoculé dans le péritoine d’un cobaye, mais cette inoculation ne remonte qu'à un mois et nous n’avons pas encore sacrifié l'animal.
Observation XVII. — M. Feulard (Résumée).
Erythème induré des jambes chez une jeune fille ( Réunions cliniques de h hôpital Saint-Louis, janvier 1889).
Jeune fille de i5 ans, blanchisseuse, atteinte depuis un an de lésions présentant, au moment où on l a examinée, l’aspect suivant : sur la face antéro-interne de la jambe droite, on trouve quelques placarçls de couleur livide, non délimités et sans forme spéciale, desquamant un peu à la surface. La palpation n est pas douloureuse ; en promenant les doigts à la surface du membre, on sent trois ou quatre petites bosselures de volume égal à celui d’un gros pois, situées sous la peau, profondément. Mais, à gauche, la lésion est toute différente : on trouve, en effet, à la partie supéro-externe de la jambe une tumé faction étalée, un peu bosselée, large de 10 centimètres environ et longue de 12 centimètres, rouge à la surface, d’une rougeur violacée, diffuse, avec une légère desquamation. Si l’on palpe le membre, on a la sen-
salion d’un véritable gâteau adhérent à la peau ayant envahi la région du jumeau externe; relie masse est dure et douloureuse au palper. L induration perçue se prolonge le long de la région péronière, jusqu’à quatre travers de doigt environ au-dessus de la malléole externe, mais il n’y a pas de rougeur sur ce prolongement. Si la malade est au lit et au repos, il n’y a pas de douleur; si elle reste debout, au bout de quelques heures apparaissent la fatigue, la douleur et une augmentation du gonflement.
La malade présentait Y apparence extérieure des scrofuleux ; elle était atteinte de blépharite chronique; elle avait eu dans son enfance de la gourme, des adénopathies cervicales.
Observation XVIII. — M.Besnier.
Erythème noueux chronique des membres inférieurs.
Il s’agit d’une jeune femme, chez qui l’on observe, aux deux jambes, des nodosités aphlegmasiques, naissant de l’hypoderme et atteignant secondairement les couches superficielles de la peau en prenant une coloration livide, mais n’entrant pas en régression irritative et ne s ulcérant qu accidentellement, sous faction des violences extérieures. Ces nodosités ont les plus grandes analogies objectives avec les gommes syphilitiques ou scrofulo-tuberculeuses, dont elles ne diffèrent grossièrement que par leur immobilité, par leur durée prolongée et le non-ramollissement. Elles diffèrent de l’érythème noueux commun par leur localisation exclusive aux jambes, leur développement à toute la périphérie du membre, leur longue durée et leur indolence. L’ioclure de potassium est sans action sur elles ; elles guérissent par le repos horizontal et la compression méthodique.
Ces nodosités ne sont qu’un épiphénomène dans l’affection décrite, imparfaitement il est vrai, par Bazin, sous le nom d érythème induré; on les observe à peu près en même temps que de l’érythromélalgie de la jambe, de l’œdème pâteux hyper-
trophiant, chez les jeunes filles mal réglées et que leur profession oblige à stationner longtemps debout.
( Réunions cliniques de l’hôpital Saint-Louis, 2 9 novembre 1888.)
Observation XIX. — T HIBIERGE et RaVAUT.
Erythème induré non ulcéré des deux membres inférieurs (Annales
de Dermatologie, 1898).
Mlle R..., 22 ans, est atteinte depuis 3 à 4 mois de lésions cutanées des membres inférieurs : aux deux jambes, plusieurs nodosités du volume d'un gros pois, saillantes, de coloration rouge, de consistance ferme, qui ne se sont pas modifiées depuis plusieurs semaines.
Sur le dos du pied gauche, une plaque d’infiltration, de deux travers de doigt de large sur trois de long, à contour un peu irrégulier, de coloration rouge violacé, ayant débuté en même temps que les lésions des jambes.
Biopsie. — Après anesthésie à la cocaïne, la tumeur de- la partie postérieure du mollet est enlevée; une incision rectiligne de un centimètre et demi est faite à la peau ; on tombe dans le tissu cellulaire sous-cutané et, avec le doigt introduit dans cette boutonnière, on sent parfaitement la tumeur plus résistante que le tissu qui l’environne, formant un noyau assez bien limité. Ce noyau n est pas adhérent à la peau, mais il adhère au tissu cellulaire qui l’entoure et dont il est impossible de l’énucléer; en l’arrachant, en coupant au bistouri ses adhérences, on le sépare du tissu cellulaire ; cette biopsie permet de constater que la tumeur siège bien dans le tissu cellulaire sous-cutané et n’a aucune connexion avec la peau. La plaie est suturée et réunie par première intention.
Macroscopiquement, ce noyau ainsi isolé ne se distingue du tissu cellulaire voisin que par sa consistance plus ferme; extérieurement sa grosseur est celle du tissu cellulo-graisseux normal, couleur jaune clair, due principalement à la présence de la
graisse. A la coupe il s en écoule un liquide huileux et le parenchyme qui forme cette tumeur est grisâtre, beaucoup plus pâle que le tissu périphérique, et on constate que des bandes plus claires, d’aspect scléreux, parcourent dans tous les sens la tumeur, circonscrivant des portions de tissu et formant ainsi des sortes de lobules.
Cette pièce fut divisée en trois portions, destinées à être fixées par trois réactifs différents : le sublimé acide, l'alcool et l’acide osmiqne, puis incluses à la paraffine.
Examen histologique. — A un faible grossissement, on constate que les grandes bandes scléreuses, qu’il était facile de voir sur la pièce, avant l inclusion, circonscrivent des îlots de tissu ayant de 2 à 5 millimètres de diamètre ; ces bandes se rejoignent les unes les autres et semblent lobuler le tissu cellulaire sous-dermique; de ces bandes partent de petits prolongements, qui pénètrent clans 1 intérieur des lobules, formant une sorte de cirrhose périlobulaire, par rapport au lobule adipeux ou au tissu qui forme la tumeur. Celle-ci semble donc formée de deux éléments différents : l’un constitué par ces grandes bandes scléreuses, l’autre par le tissu entouré par celles-ci et qui figure leur contenu.
Si on étudie à un plus fort grossissement la structure de ces bandes, on voit que la partie fondamentale est formée par du tissu conjonctif avec, en certains points, des amas d’éléments embryonnaires, centrés par un vaisseau plus ou moins altéré. Ce vaisseau semble avoir été le point de départ de la lésion; en effet, tous les vaisseaux sont lésés, mais à des degrés différents : sur certains on voit une simple prolifération endothéliale, sur d’autres, un épaississement des tuniques vasculaires, une infiltration embryonnaire périvasculaire s’étendant parfois assez loin du vaisseau, mais dont l’intensité décroît au fur et à mesure qu’on s en éloigne ; enfin, de certains vaisseaux il ne reste plus qu’une ébauche, l’endothélium ayant proliféré et rempli la lumière, les parois s’étant épaissies et infiltrées de leucocytes ainsi que la périphérie ; I on ne voit plus qu’un amas de cellules disposées concen-
triquement et qui représentent les derniers vestiges des vaisseaux. La constance et l'intensité des lésions vasculaires montrent que les vaisseaux ont joué un grand rôle dans la production des lésions, si même ils n’en ont pas été le point de départ ; à elle seule la présence d’éléments embryonnaires à leur périphérie permettrait de faire cette hypothèse. Mais, si ces lésions vasculaires, si la présence d'amas embryonnaires font présager l’origine inflammatoire de la tumeur, elles ne renseignent en rien sur sa nature, et si ou suit sur toute leur étendue ces bandes scléreuses, on trouve en quelques points, soit au contact des vaisseaux, soit mêlées aux éléments embryonnaires qui les entourent, des grandes cellules contenant 8 à io noyaux et qui ont tous les caractères des cellules géantes ; en outre, de très nombreuses cellules épithélioïdes sont disséminées çà et là dans tout le corps de la tumeur. Nous pouvons donc résumer ainsi qu’il suit la structure de ces bandes : tissu conjonctif contenant des vaisseaux lésés qui sont le centre d’une inflammation plus ou moins étendue et, enfin, présence de cellules géantes et de cellules épithélioïdes.
Quant au tissu compris dans l’espace circonscrit par ces travées fibreuses, nous voyons, à l aide de préparations fixées à l’acide osmique, que si, en certains points, il a la structure du tissu adipeux normal, il est remplacé, en d’autres, par un tissu entièrement différent : tantôt les cloisons qui séparent chaque lobule adipeux sont infiltrées de leucocytes et sont par cela même plus épaisses ; tantôt elles sont complètement modifiées, augmentées de volume à tel point qu elles semblent, à elles seules, former tout le tissu et que par places, sur des coupes fixées au sublimé ou à l’alcool, on ne constate qu’une petite cavité claire à contours très nets, et qui représente la place occupée par une vésicule adipeuse. Ce tissu, qui a ainsi envahi et remplacé les éléments adipeux, se colore uniformément par l éosine ; on y rencontre en certains points des éléments embryonnaires, en d’autres des granulations protéiques; il y a là, semble-t-il, tous les stades d’une inflammation ayant évolué assez rapidement, puisqu'on peut en suivre toutes les étapes, depuis l’infiltration
embryonnaire jusqu’à la dégénération granuleuse, jusqu’à la nécrose. Telles sont les principales lésions que nous révélait l’examen histologique.
Examen bactériologique. - — D’autres coupes ont été colorées suivant la méthode de Ziehl, et sur environ 25 que nous avons examinées, il nous a été impossible de voir de bacille de Koch, ni dans les cellules géantes, ni dans un point quelconque de la coupe.
Observation XX. — Tiiibierge et 11a vaut (Résumée).
Erythème induré.
Mlle B..., 24 ans.
A toujours eu bonne santé; n’a jamais eu de manifestations dites scrofuleuses. Est un peu anémique ; pas d’adénopathies.
Aucune trace de tuberculose familiale.
A la partie supérieure du mollet gauche, plaque rouge, légèrement saillante, de forme allongée : à la palpation on constate une infiltration siégeant immédiatement au-dessous de la peau et constituée par une nodosité dure, nettement limitée, allongée verticalement, mesurant environ le volume d’une petite amande.
A la partie externe de la cuisse droite, à 10 centimètres audessus du grand trochanter, existe une nodosité un peu moins volumineuse, présentant les mêmes caractères.
La lésion du mollet gauche a débuté il y a 3 mois ; la malade a éprouvé une sensation de tension dans le mollet, survenue progressivement; au bout de i5 jours elle y a remarqué le développement d’une tuméfaction qui est devenue rouge ultérieurement.
La lésion de la cuisse droite remonte à quatre jours seulement; la malade a ressenti tout à coup une sensation de brûlure au niveau de la peau et, au bout de deux jours, elle a constaté la présence d’une tuméfaction rouge.
Aucune lésion viscérale.
On enlève les deux nodosités; connue dans l’observation précédente, il fallut recourir au toucher pour reconnaître, perdue dans le tissu cellulaire, la tumeur qu’il était impossible de distinguer à la simple vue.
L'examen histologique ne révéla aucune lésion de la peau; les lésions ne commençaient qu’au niveau des couches les plus profondes du derme. Elles consistaient en infiltration embryonnaire autour des vaisseaux et des canaux excréteurs les glandes sudoripares, puis au-dessous en lésions identiques à celles du cas précédent, avec nombreuses cellules géantes.
Examen bactériologique négatif.
Observation XXL — Thibierge et Ravaut (Résumée).
Les lésions et la nature de l'érythème induré.
Malade de i5 ans. Père mort de tuberculose pulmonaire.
Les lésions dataient de trois mois; elles occupaient les deux jambes ; sur le mollet gauche elles étaient particulièrement nombreuses : 70 environ, groupées presque toutes à la face postérieure de la jambe et faisant presque défaut à la face antérieure. Les malléoles et la face dorsale des deux pieds étaient envahis également. Sur le mollet droit on trouvait deux ulcérations, arrondies, à bords taillés en talus, sans décollement ni renversement, à fond jaunâtre, h pourtour très infiltré.
On voyait sur les fesses des cicatrices rappelant celles qui succèdent aux tuberculides nécrotiques, sans lésion d érythème induré en activité.
Acro-asphyxie et engelures ulcérées des mains.
Faciès scrofuleux; ganglion sous-maxillaire du côté droit, qui suppura quelques mois plus tard. Il se forma presque en même temps une tuméfaction du médius gauche avec fistule d’origine osseuse.
Deux biopsies furent pratiquées. Les lésions observées étaient
les mêmes que dans les deux cas précédents; on retrouvait des cellules épithélioïdes et des cellules géantes, des zones nécrosées.
Deux cobayes furent inoculés ; l’un mourut de septicémie ; le deuxième fut sacrifié trente-cinq jours après linoculation ; il présentait une tuberculose expérimentale typique, avec ganglions, foie et rate remplis de tubercules ; un deuxième cobaye inoculé avec la rate du premier présenta un mois après une tuberculose tout aussi nette.
Observation XXI 1. — Leredde (Résumée).
Tabercalides nodulaires des membres inférieurs ( Annales de Dermatologie, 1898).
Malade de 36 ans. Les lésions datent de six mois. L’apparition des nodosités est précédée par une sensation de brûlure et des démangeaisons, qui disparaissent dès que les éléments sont perceptibles aux doigts. — Les lésions siègent sur les deux jambes. Elles se présentent à l'origine sous forme de masses dures, arrondies, du volume d’un pois ; peu à peu elles grossissent et se révèlent à l’œil par la rougeur. Parfois la résorption spontanée se produit ; sinon la rougeur augmente et s'étale, la teinte devient violacée ; la saillie se prononce et, sans douleur, elle s’ulcère à sa partie moyenne. Au bout de huit, dix, quinze jours, il se forme une cicatrice pigmentaire ; au centre on constate une dépression souvent régulière, parfaitement arrondie.
On trouve près de l’articulation tibio-tarsienne droite deux ulcérations, peu profondes, à bord taillé en biseau d’un côté, en forme de bourrelet de l’autre. Le fond est tapissé d un tissu jaunâtre, pseudo-membraneux ; à la pression on fait sortir du liquide séreux. - — Les ulcérations ne se produisent jamais sur la totalité de l’infiltration.
La malade a présenté il y a quelques années un ganglion suppuré du cou.
On trouve actuellement des ganglions gros et mobiles dans l'aisselle droite et de plus petits dans la gauche.
Une fillette est tuberculeuse. — Le mari est tuberculeux également.
Examen histologique. — On constate, au-dessous du derme, de larges travées formées d’un tissu conjonctif dense, irrégulièrement anastomosées et entre lesquelles on trouve du tissu adipeux ; à un fort grossissement on constate qu elles comprennent d’assez nombreux vaisseaux qui, tous, sont oblitérés ; ils sont remplis par des thrombus vaguement granuleux.
A l’étage supérieur les vaisseaux sont dilatés, à parois épaisses, entourés d’une infiltration de lymphocytes extrêmement serrée. Dans le derme moyen on 11e constate pas d’endartérite, mais de l’endophlébite très nette.
Observation XXII I. — Audry (Résumée).
Étude sur la nature de l’érythème induré de Bazin (. Annales de Dermatologie, 1898).
Malade de 34 ans; elle est grasse, bouffie, pâle, à peau épaisse. Son affection avait débuté cinq ans auparavant par des petits placards rouges apparus aux deux jambes, indurés, qui disparurent spontanément au bout de i5 jours, en laissant des taches pigmentées. Depuis cette époque des poussées se sont reproduites tous les trois ou quatre mois. La malade, vue à la fin d’octobre, présente une nouvelle poussée qui dure depuis deux mois. Les éléments éruptifs sont répandus sur le tiers inférieur des deux jambes ; ce sont des plaques rondes dont les dimensions varient de celles d’une grosse tête d’épingle à celles d’une pièce de cinq francs. Elles sont roux violacé ou brunes, indurées en bloc, un peu douloureuses ; les plus étendues sont légèrement fluctuantes au centre. Plusieurs sont ulcérées ; l’ulcération est arrondie, peu profonde, à bords violacés, non décollés ; le fond est un peu bourgeonnant.
Au toucher on sent au-dessous de la peau des nodosités plus profondes, bien limitées.
On procède à l’excision d’un des nodules. Le bistouri pénètre dans une sorte de tissu spongieux, très jaune, alvéolé, imbibé d’un liquide huileux, jaunâtre, sans traces de pus. Tout répiderme et le derme sont ainsi soulevés par une sorte de lac huileux qui occupe J hypoderme.
Examen histologique (in extenso).
Epiderme. — A un point de vue général on peut dire que l’épiderme est normal ; tout au plus peut-on noter une certaine minceur de la couche cornée desquamante ; le stratum granuleux et le corps muqueux de Malpighi sont absolument sains.
En plusieurs points, la couche génératrice offre un aspect assez singulier : les cellules cylindriques en sont devenues extraordinairement effilées, allongées parallèlement entre elles, perpendiculairement à la basale.
Les noyaux ont, bien entendu, subi la même déformation en longueur; généralement cet allongement est limité à la couche génératrice seule ; en quelques points, le plan adjacent de cellules malpighiennes participe à la déformation. Du reste, pas d’exagération de la diapédèse, pas de vacuolisation périnucléaire. La basale semble un peu épaissie.
Derme papillaire et sous-papillaire. — 11 est absolument normal au point de vue de la disposition générale, du nombre et de l'état des cellules ; le tissu élastique est peut-être un peu plus délicat que d habitude ; enfin les faisceaux conjonctifs sont épais et compacts.
Les vaisseaux sanguins et lymphatiques sont assurément dilatés ; le manchon diapédétique périvasculaire esta peine plus fourni que normalement. Plusieurs artérioles offrent des signes d’inflammation légère se traduisant par l’épaississement de la paroi, et l’état globuleux de [endothélium. Çà et là quelques rares infiltrats où on constate facilement l'existence de cellules plasmatiques en assez grand nombre.
Derme profond et hypoderme. —™
Les lésions commencent
immédiatement au-dessous de l’étage du derme qui renferme les glomérules sudoripares.
Parmi ces glandes, les unes sont complètement saines, les autres offrent une certaine exagération de l’infiltration diapédétique périglandulaire.
La lésion apparaît constituée d’abord comme par une sorte de lac d’œdème. Cet œdème est représenté par un exsudât très finement granuleux, coloré par tous les colorants du fond, à la manière du tissu conjonctif. Sur les bords, cet exsudât est rempli de cellules grandes, irrégulièrement arrondies ou ovalaires, à protoplasma clair, munies d’un petit noyau excentrique fortement coloré en bleu. Ces cellules sont sur les bords en contact les unes avec les autres, tellement elles sont abondantes ; au centre de l’exsudât, elles sont disséminées et dispersées. Je les considère comme de grands leucocytes mononucléaires ayant subi une tuméfaction presque comparable à celle qui les frappe dans quelques infiltrats actinomycosiques.
Le tissu conjonctif ambiant ne présente aucune réaction de voisinage; il cesse d’être, et on s'en rend compte en examinant les préparations à l'orcéine ; la disparition du tissu élastique dessine les limites du lac d’œdème. On peut se demander si ce dernier exerce une érosion sur la substance conjonctive immédiatement adjacente ; je suis très porté à l'admettre. Çà et là, cependant, on voit au pourtour quelques infiltrats peu denses de cellules plasmatiques et de lymphocytes. Je n’ai pas aperçu de mastzellen.
Plus profondément, cet exsudât acquiert des caractères particuliers ; il est comme découpé à l’emporte-pièce, par des cavités arrondies de plus en plus nombreuses. 11 arrive ainsi à constituer une véritable éponge, dont les alvéoles sont vides maintenant et contenaient probablement autrefois la graisse qui a pris l’ apparence huileuse dont nous avons noté l’existence macroscopique.
Les cloisons qui limitent et déterminent les alvéoles sont amincies; tantôt elles sont constituées par un réticulum conjonctif muni de quelques cellules; tantôt ce réticulum a subi une
dégénération qui le transforme en bloc granuleux opaque, presque sans structure et où apparaissent des cellules de plus en P1' is rares.
11 en est ainsi dans les plans les plus profonds, où ces dernières arrivent à manquer.
Aucune autre altération ne peut être constatée, que cet œdème
nels, par la présence sur les bords des nombreux éléments que j’ai considérés comme de grands leucocytes mononucléaires, peut-être par l'érosion marginale du tissu conjonctif, enfin par l’état pâteux, spongieux de toute la région profonde de l’hypoderme.
Recherche des bacilles de Ivocb. Mon collègue et ami, M. le professeur agrégé Rispal, voulut bien se charger de la majeure partie des recherches bactériologiques. Quatre lamelles seulement du liquide qui occupait le sommet de l’induration furent examinées par le Ziehl et négativement : on n’alla pas plus loin, parce que ces lamelles ne présentaient point de pus, seulement de petites gouttes huileuses.
Les cultures du même liquide restèrent stériles. Sur des coupes colorées par le Ziehl et l’Ehrlich, M. Rispal ne vit pas de bacilles. En fait l’examen histologique que nous avons fait et donné plus haut ne permettait guère de s attendre à un autre résultat.
Enfin, deux cobayes furent inoculés : l'un dans le péritoine avec du liquide et des fragments de tissus curettés en pleine lésion. L’autre sous la peau de la région inguinale avec les mêmes produits. Sacrifiés 28 et 29 jours plus tard, ils ne présentaient aucune trace de tuberculose.
Observation XXIV.- — Philippson (Résumée).
Thrombo-phlébite tuberculeuse de la peau ( Giorn . it. delle mal. vener.
et délia pelle, 1898).
Sujet atteint de tuberculose gyonnaire et de gommes ulcérées des
jambes, qui dans l’espace de quelques mois a présenté spécialement aux membres inférieurs des nodules rouges livides, qui se résolvent peu à peu, ou suppurent en s ulcérant avant de se cicatriser. - — Pli... a examiné quelques nodules à différents stades de leur développement et a trouvé que dans tous, la lésion débute dans les veines, et s’y traduit par une thrombose s’accompagnant d’un processus inflammatoire; dans un stade plus avancé, elle consiste en ramollissement avec nécrose, qui débute au niveau des veines et se propage vers la périphérie.
Pli... a trouvé des leucocytes et des cellules géantes n’ayant pas la même disposition que dans le lupus ; ayant noté dans 2 nodules la présence de bacilles en voie d involution, il croit que la thrombose dépend de la métastase des bacilles provenant des ganglions par voie sanguine. — Inoculation aux animaux négative.
Reprenant ensu'te l’étude de ce cas dans son travail sur la phlébite nodulaire nécrotique, il a pu reproduire , dans l’iris d’un lapin, des nodules qu’il regarde comme tuberculeux.
Observation XXV. - — Johnson (Résumée).
Érythème induré et granulome nécrotique chez le même sujet, (Indurated erythema and necrotic granuloma in the saine subject), Journal oj cutaneous diseases , juillet 1899.
Jeune fille de 16 ans, anémique, à faciès scrofuleux. Adénites cervicales marquées, mais non ramollies. — Nombreuses lésions d’érythème induré aux jambes, dont plusieurs ulcérées. Aux mains et aux avant-bras lésions du type anciennement appelé idrosadénites, que J... appelle granulome nécrotique, et qui ne sont autre que des tuberculides. Ce sont des nodules pâles, siégeant dans le tissu sous-cutané ou à la partie profonde du derme, se développant très lentement, pouvant mettre un an pour atteindre leur évolution totale. Lorsque le nodule est devenu adhérant à la peau, il se forme une papule rose, puis rouge cuivré ; le centre se nécrose et il se forme une petite cicatrice. Ces lésions