‹ Les tuberculosis cutanées atypiques (tuberculides)Chapitre 11 sur 29 · P AU TR J EK · texte numérisé non relu

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sont isolées et disséminées sans groupement. Elles s’aggravent en hiver et s améliorent en été.

Examen histologique, — Les altérations de l’érythème induré débutent à la partie profonde du derme. On constate un œdème qui dissocie les libres conjonctives et une infiltration cellulaire autour des vaisseaux, composée surtout de lymphocytes et de cellules épithélioïdes fusiformes, à gros noyau ovoïde et de cellules fixes du tissu conjonctif. Il 11’y a pas de cellule géante, mais des foyers de nécrose qui expliquent l’ulcération. J... n’a pas pu trouver de bacilles.

Les lésions du granulome nécrotique débutent par la partie profonde du derme ou par l’hypoderme. On constate des foyers d'infiltration cellulaire périvasculaire, formés de lymphocytes, de cellules épithélioïdes et de cellules géantes. Cette infiltration s’étend aussi autour des glomérules sudoripares, des follicules et des glandes sébacées. Dans la lésion ayant atteint son complet développement on trouve la structure du follicule tuberculeux. La nécrose est amenée par l’oblitération des vaisseaux. J... n’a pu trouver de bacilles.

Observation XXY I. — A. Fournier (Résumée).

Maladie de Bazin. Type à nodosités sous-cutanées ( Société de dermatologie , 10 mars 1899).

Malade de 28 ans chez laquelle apparut à la face interne du tibia une nodosité de la grosseur d’un grain de chènevis, qui augmenta et atteignit, en deux mois, le volume d’un œuf de pigeon. Puis apparurent des. nodosités de la grosseur d'un petit pois sur les deux jambes et sur les cuisses, nodosités douloureuses au toucher, même au simple frottement de la jupe.

Ces nodosités occupaient la couche cellulo-adipeuse souscutanée. Surface d’abord rouge, puis violacée.

Quelques jours avant la présentation de la malade, apparut, à la partie moyenne de la lace postérieure du bras droit, une

nodosité intradermique, à surface légèrement violacée, du volume d un gros pois, douloureuse au toucher. En même temps prit naissance une autre nodosité plus grosse, mal limitée, située à la partie supérieure interne de la face postérieure du bras gauche, adhérente à la face profonde du derme, mais ne trahissant sa présence par aucun changement de coloration de la peau.

Observation XXVII. — Du Castel (Résumée).

Eruption de la face à type lupus érythémateux et érythème noueux des jambes, chez une malade atteinte d'adénites luberculeuses du cou ( Société française de dermatologie, janvier 1899).

Femme de 3i ans, de santé toujours faible, bronchite tous les hivers. A eu dans son enfance des ganglions du cou gui suppurèrent pendant trois ans. La malade présente également une cicatrice fistiileuse au-dessus du coude gauche, consécutive ci un abcès qui suppura près de trois ans également.

L affection actuelle a débuté à un moment où la malade était très fatiguée, avec mauvais état général.

O11 constate sur la jambe droite et sur la cuisse gauche des nodosités érythémateuses dont une a atteint la grosseur d’un œuf de pigeon. Quelques-unes sont douloureuses à la pression. Ces lésions évoluent lentement depuis six semaines; quelquesunes commencent à entrer en résolution.

Sur la figure, trois placards de lupus érythémateux.

Observation XXVIII. — A. Fournier (Résumée).

Maladie de Bazin. Type à ulcérations cutanées ( Société de dermatologie, 10 mars 1899).

Malade de 24 ans, présentant comme antécédents intéressants une polymortalilé infantile des frères et sœurs (5 morts sur 8, de

méningite ou de cause indéterminée), une enfance chétive, de la gourme dans sa jeunesse. /

Elle présente, aux jambes, des ulcérations ayant les caractères objectifs suivants : Lésions ulcéreuses profondes de 2 à 3 millimètres au maximum, à bords extrêmement nets, non décollés, taillés à pic, à fond jaune grisâtre, assez régulier, non bourgeonnant et non suppurant. Chacune de ces ulcérations est entourée d'une zone rouge vif inflammatoire, d'une largeur de un centimètre à un centimètre et demi, mal limitée, se confondant, d'une part, insensiblement avec la peau saine, cl d’autre part avec les zones identiques des ulcérations voisines.

Très légère douleur au toucher. En pressant, on fait sourdre une sérosité louche. 11 n’existe, au-dessous de l’ulcère, aucune induration appréciable, mais une légère infiltration. Pas d’adhérences avec les parties profondes.

L’affection avait débuté trois mois auparavant par de tout petits boutons prurigineux, excoriés par le grattage. Les excoriations s’étaient insensiblement agrandies. On observait encore, au moment de l’examen, à côté des ulcérations et des cicatrices, de petits éléments acnéiformes, de la grosseur d'une tête d’épingle, à sommet vésiculo-pustuleux, quelques-uns recouverts d une croûtelle brun rougeâtre, et représentant, au dire de la malade, le point de départ des ulcérations.

L’examen de l’état général permettait de constater l’existence de pléiades ganglionnaires presque généralisées, au cou, aux aisselles et aux aines.

Observation XXIX — Carle (Résumée).

Érythème induré et tuberculose ( Lyon médical, 1901, t. XCYI,

Malade de 4q ans. Six frères et sœurs morts jeunes, sans qu il soit possible de déterminer le genre de mort. Un frère mort ci 21 ans, de tuberculose pulmonaire .

La malade tousse fréquemment et présente un enrouement tenace, devenu chronique depuis 2 ans.

A eu un lupus tuberculeux de la joue en 1899 (diagnostiqué à l'Antiquaille), traité par des galvanocautérisations et cicatrisé.

En juin 1900, apparition d’une petite induration de la grosseur d'un pois, siégeant à la face, un peu au-dessus de la commissure droite de la bouche, dure et indolente. Au-dessus la peau était et est longtemps restée absolument normale. Les lésions s’accrurent peu à peu.

En octobre 1900, l'état est le suivant : zone de rougeur ayant les dimensions d une pièce de 2 francs, située en dehors de la narine droite, au-dessus de la commissure, à limites peu précises ; le centre est rouge foncé, violacé ; la couleur va en pâlissant vers les bords. Au niveau de ces lésions, la peau est surélevée et, le relief est dû à la tumeur et à l'œdème dermique, résistant. A la palpation, 011 peut nettement délimiter la tumeur, qui siège dans le tissu cellulaire sous-dermique et qui est mobile sur le plan sous-jacent. Indolence complète. La tumeur est enlevée chirurgicalement; elle a une consistance fongueuse, cohérente; elle n’est pas encapsulée. Réunion par première intention et guérison complète de la plaie.

L’examen anatomo-pathologique révéla les lésions suivantes : infiltration intense de cellules épithélioïdes dans la partie profonde du derme et plus particulièrement au point où le derme s unit à la couche cellulo-adipeuse sous-cutanée. Cette infiltration dissocie et écarte les faisceaux conjonctifs et les divers éléments constitutifs. Dans les points où cette infiltration est plus intense, ou voit quelques cellules géantes absolument typiques ; on peut en voir trois ou quatre sur chaque coupe. En s’enfonçant dans lliypoderme, on trouve la couche musculaire sous-jacente des muscles peauciers. Celle-ci est également envahie par les cellules embryonnaires, mais à un degré moindre. Les faisceaux musculaires sont semés de ces cellules, mais la substance musculaire elle-même ne semble pas avoir été altérée, immédiatement audessous de cette couche se voient des vaisseaux, artères et veines

dilatés, congestionnés, et reposant dans une infiltration hémorragique récente.

Le 27 octobre, deux cobayes de moyenne grosseur reçoivent sous la peau de la cuisse droite un fragment de la tumeur prélevée quelques heures auparavant.

Le Ier novembre, ils présentent une tuméfaction locale, avec un petit ganglion inguinal dur, roulant sous le doigt.

Le 7 novembre, l’un d eux est porteur cl un petit abcès caséeux local, qui commence à s ouvrir spontanément au dehors.

Le 9 novembre, mort d’un premier cobaye, très amaigri; petit abcès caséeux local, où l’on décèle la présence de quelques bacilles de Koch, peu nombreux. Ganglion inguinal non ramolli. Pas de lésions viscérales.

Le 10 novembre, mort du cobaye restant, très amaigri. Abcès caséeux local, avec nombreux bacilles de Koch. Petit ganglion inguinal non ramolli. Cinq ou six petits tubercules dans le foie, avec bacilles de Koch à l’intérieur du caséum. Pas de lésions pulmonaires.

Observation XXX. — Piiilippson (Résumée).

Sur une phlébite nodulaire nécrotique (Archiv J. Dermat. und

Syph., 1901, LY Bd.).

Jeune fille de 18 ans, grande et forte. Père mort ci 43 ans des suites d’une pleurésie. Mère bien portante. Sur 6 frères et 5 sœurs, 3 sont morts en bas âge.

L affection dont souffre la malade commença il y a 2 ans : sur les 2 jambes apparurent des pustules qui se transformèrent peu à peu en ulcères guérissant lentement. On trouve aujourd’hui sur les jambes des ulcérations arrondies avec une aréole fortement colorée en rouge. Le fond, qui ne paraît pas aller plus profondément que la couche profonde de la peau, est formé de débris de tissus jaunâtres, nécrotiques. Dans l’hypothèse cl une syphilis possible on fît des frictions et 011 donna de l ioclure. Or

pendant ce traitement de nouvelles lésions se formèrent, obligeant à renoncer à l’hypothèse syphilitique. On put alors constater le mode de début des lésions : il se formait d’abord une tache inflammatoire, donnant une consistance œdémateuse à la palpation, la rougeur devenait peu à peu plus sombre, puis bleuâtre et il se développait au centre un petit noyau de nécrose, qui s élargissait lentement par la périphérie. Au toucher, on sentait un prolongement de l'infiltration dans les couches profondes de la peau.

Examen histologique. — Excision d’un nodule jusqu à la couche graisseuse. On trouvait, dans les couches profondes de la peau les lésions suivantes : on voyait un gros vaisseau, paraissant être une veine, d'abord entouré simplement de leucocytes, puis infiltré clans ses parois. Une ramification se détachant de cette veine se montrait complètement nécrosée; on ne la reconnaissait plus qu’au tissu élastique conservé de sa paroi. La lumière de cette veine était remplie par une masse amorphe nécrosée, tout autour de petites zones atteintes également de nécrose et disséminées dans le tissu graisseux correspondaient à des capillaires oblitérés. Les mêmes lésions s observaient encore sur plusieurs points. Elles allaient en s atténuant, au fur et à mesure qu'on s’élevait vers l'étage supérieur du derme.

Observation XXXI. - — Mantegazza (Résumée).

Erythème induré de Bazin. Etude de l’érythème induré de Bazin (. Annales de Dermat., juin 1901.)

Fillette de 12 ans.

Depuis 2 ans les ganglions lymphatiques de la région sous-maxillaire et carotidienne gauche ont augmenté de volume, se sont ramollis et se sont transformés en abcès.

11 y a deux mois débutèrent les lésions des jambes sous forme de taches rouges, saillantes et de petits nodules peu douloureux.

Actuellement on trouve une ulcération à bords décollés au niveau d’un ganglion préaniculaire gauche, de nombreuses cicatrices au niveau du cou et 3 fistules. Adénopathies persistantes du volume d’un œuf de poule.

Sur la région dorsale des pieds, autour des malléoles et à la partie inférieure des jambes on voitcle chaque côté de nombreux nodules gros comme un noyau de cerise, profonds, de consistance solide, de coloration ronge cyanotique. Quelques-unes de ces lésions s’ouvrent en laissant sortir d’un seul morceau un bloc de substance nécrosée de la grosseur d’un pois; ainsi se produit une ulcération cratériforme. En outre de ces nodules, on trouve également des taches rouge foncé, peu saillantes, présentant aussi de la nécrose.

Rien aux poumons.

La malade étant mise en observation, on put voir des nodules disparaître peu à peu spontanément, en laissant une tache brunâtre.

Examen histologique. — Biopsie d’un petit nodule du volume d’un pois, ramolli mais encore intact.

A un faible grossissement on voit que la lésion siège profondément, dans la partie inférieure du derme et le tissu cellulaire sous-cutané. Là on voit une infiltration diffuse, qui va en diminuant dans le derme, où elle est circonscrite autour des vaisseaux. Au milieu de cette infiltration on constate de petits foyers formés de masses amorphes ; à un fort grossissement, on constate que ces foyers correspondent à des veines dans lesquelles se sont produites une thrombose et une nécrose. Tout autour de ces vaisseaux il y a une couche de détritus finement granuleux.

Dans une partie profonde des coupes, on voit, côte à côte, une artère et une veine nécrosées. Sur beaucoup de petits artères l’endothélium prolifère, réduisant le calibre et les parois sont infiltrées de leucocytes.

Au voisinage des vaisseaux thrombosés, on voit une grosse cellule géante, entourée de cellules épithélioïdes et de cellules lymphoïdes.

Deux autres biopsies, faites l’une au niveau d’un autre nodule, l’autre au niveau d’un nodule ulcéré permirent de reconnaître la présence de nombreuses cellules géantes avec cellules épithélioïdes et lymphocytes et de retrouver des lésions vasculaires analogues à celles déjà décrites.

Recherche des bacilles et inoculation négatives.

Observation XXX II.

Etude clinique et histologie de V érythème induré de Bazin, par Harttung

et Alexander, Archiv. fur Dermatologie und syphilis 1902. t. LX.

(Résumée).

Homme de 3o ans A eu en 1899 une pneumonie, puis une pleurésie. A eu 7 enfants, dont 4 morts enbas âge. Le début de Y affection cutanée a coïncidé avec un mauvais état général. Le malade ressent une grande fatigue; il est anémique. L’auscultation révèle une matité aux deux sommets et un murmure vésiculaire obscurci. On ne trouve pas de bacille tuberculeux dans l’expectoration muqueuse. Adénopathie cervicale et inguinale.

On observe, sur les membres supérieurs et inférieurs, des saillies, demi-hémisphériques, au niveau desquelles la peau apparaît d'une couleur livide, bleu rougeâtre, avec une desquamation légère en surface. Ces nodosités sont solides, non compressibles, mobiles sur les plans profonds; elles ne sont pas douloureuses. On observe en même temps sur les membres quelques veines formant des cordons durs, sclérosés.

Une biopsie fut pratiquée au niveau d’une tumeur; l’examen histologique ne put fournir de diagnostic précis. Un traitement mercuriel et ioduré ne donna aucun résultat. Des injections de tuberculine ne produisirent aucune réaction, ni locale, ni générale.

Deux mois après, l’état général s’aggravait et une injection de tuberculine produisit une réaction générale, sans toutefois qu une réaction locale apparut au niveau des tumeurs. Enfin les symp-

tomes pulmonaires s’accusèrent et le malade succomba à de la tuberculose pulmonaire franche.

Examen histologique. — Des tumeurs furent excisées immédiatement après la mort, des fragments furent inoculés à des cobayes, d’autres réservés pour l’examen histologique.

Toutes les inoculations aux cobayes furent négatives.

L’examen microscopique des nodules montre que les tumeurs envahissaient la portion inférieure du derme et le tissu sousjacent et qu elles étaient traversées par de nombreuses vacuoles remplies de gouttelettes de graisse et de quelques cellules de caractère indéterminé. La tumeur, (pii, cliniquement, avait l aspect d’un cordon vasculaire, était en réalité une grosse veine

entourée par un infiltrât compact, formé de tubercules typiques,

composées de cellules géantes, de nombreuses cellules épithélioïdes, et de mononucléaires. Endothélium des veines normal, tandis que des leucocytes infiltraient l’adventice et la médiane, quelques capillaires en dégénérescence hyaline ; nulle part de parties caséifiées ou nécrosées.

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