Broca, Traité des tumeurs, vol. I, p
REVUE DE CHIRURGIE
sont sujets au cancer et quelle est l’influence de la domestication. Cette question a, depuis, été souvent résolue par l’affirmative et l’on ne manquait guère de rappeler, en meme temps, la fréquence bien plus grande du cancer chez les civilisés que chez les peuplades sauvages. & En réalité, ces affirmations sont loin d’être prouvées. Il s’agit sans doute d’illusions toutes naturelles d’observation, la pathologie des peuplades et des espèces animales sauvages étant à peu près inconnue. D’ailleurs, dans les unes comme dans les autres, les individus exposés à toutes les rigueurs de la lutte pour l’existence meurent le plus souvent jeunes, avant l’âge de prédilection du développement des tumeurs.
Les distinctions que l’on a voulu faire dans les espèces domestiques et en particulier chez le chien, sont également peu certaines, Que l’on observe beaucoup plus de cancers chez les chiens des riches que chez les chiens presque sauvages comme les chiens de berger, le fait matériel est incontestable. Mais ne s’explique-t-il pas tout naturellement par ce fait que les premiers sont conservés beaucoup plus vieux, et aussi que leurs maladies attirent bien autrement l’attention des propriétaires?
7° Origine parasitaire. — L’origine parasitaire des tumeurs est à peine soupçonnée pour celles de l’homme. Chez les animaux, elle est déjà certaine pour une affection longtemps confondue avec les autres tumeurs : l’actinomycose; elle est soupçonnée pour quelques autres et en particulier pour la mélanose. Enfin, si l’on pousse plus loin que le règne animal les recherches de pathologie comparée, on retrouve, presque constamment cette fois, l’origine parasitaire dans les tumeurs des végétaux.
Le champignon de l’actinomycose 1 se développe surtout chez le bœuf et occupe de préférence les maxillaires. La plupart des tumeurs décrites autrefois comme ostéosarcomes du bœuf ont sans doute cette origine. Cette affection, rare en France, est des plus communes en Allemagne et en Italie. En outre des maxillaires, les organes le plus souvent atteints sont la langue et le poumon. Le parasite semble introduit avec les aliments. On l’a, en effet, retrouvé dans les détritus alimentaires de la bouche. Il pénètre dans les tissus à la faveur des érosions si communes de la muqueuse buccale, souvent aussi à la suite de carie dentaire; de là, son développement fréquent dans les maxillaires. Chez l’homme, des faits remarquables de pénétration ont été observés à la suite de l’avulsion d’une dent, d’ingestion d’une