‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 107 sur 338 · HÉMIANOPSIE LATÉRALE HOMONYME SEULE · texte numérisé non relu

HÉMIANOPSIE LATÉRALE HOMONYME SEULE

Il faut le reconnaître, cependant, si toutes ces observations ^suffisent à établir la coexistence clinique d'une hémianopsie et d’une tumeur du lobe occipital , elles seraient incapables de fixer, a elles seules, la localisation du centre de la vision. Si les néoplasmes observés, occupaient principalement la face interne ou le centre

Fig. 12i>. — Variélés d'Hcmianopsies (Raymond). — Cge, corps genouillé externe; — Pul, Pulvinar; — Qa, Tubercules quadrijumeaux ; — H, Hippocampe; — V, Ergot de Morand; — Tp, Tapétum; — RO, radiations optiques; — Fli, faisceau longitudinal inférieur; — Cal, scissure calcarine; — Cu, Cuneus.

Litions : — En Cal et Ro, hémianopsie corticale ou sous-corticale, bilatérale et homonyme : les malades n'en ont pas conscience; gène pour lire. Manifestations associées : cécité verbale, surdité verbale, aphasie optique, aphasie motrice (aphémie) ; quelquefois, hallucinations de iai-vue, et hémiplégie motrice.

En Cge ou Pul, hémianopsie bilatérale homonyme; les malades en ont conscience, voient noir dans lesjparties hémianopsiqucs du champ visuel. — Manifestations associées; pas de troubles du langage, tout nu plus dysurlhrie; assez souvent, hémiplégie motrice, hémianesthésie sensitivo-sensoriclle, troubles alhétosiqucs, ohoreiformes et, ordinairement, réaction pupillaire hémiunopsiquo.

En A : hémianopsie de même nature ; mais les manifestations associées diffèrent; elles sont en rapport avec la lésion concomitante du pédoncule cérébral : Hémiplégie motrice; plus rarement, hémioncsthésio, et compression des nerfs crAnions avoisinants (Ir”,l 1 Ie et V" paires).

En E, D. Hémianopsie bitemporale. En B, portion interne de la bandelette, hémianopsie temporale, qui siège du cédé opposé à. la lésion.

En W ou C, Hémianopsie nasale du cèté do la lésion.

TUMEURS DU LOBE OCCIPITAL

ovale du lobe occipital, bien peu restèrent limitées, et la plupart avaient envahi les régions voisines.

Et même, si on en croit Weber, d’après une observation récente, il est des cas où des tumeurs de la face interne du lobe occipital pourraient évoluer sans symptômes localisateurs. Mais il s’agissait d’une femme épileptique et maniaque, chez laquelle on trouva une tumeur sarcomateuse, occupant les lobules lingual et fusiforme gauches; la lèvre inférieure de la scissure calcarine était lésée. On n’observa pas de troubles visuels pendant la vie; en particulier pas d’hémianopsie , « qui, cependant, au dire de l’auteur, eût pu passer inaperçue » '.

Rappelons, comme nous l’avons déjà indiqué (p. 174), que l’hémianopsie latérale homonyme apparaît aussi dans les lésions des centres primaires de la vision et des bandelettes optiques (voir fig. 125). Le diagnostic s’établit par les manifestations associées des pédoncules cérébraux, ou des nerfs de la base.

Quoiqu’il en soit, le symptôme ce hémianopsie » n’acquerra la valeur d’un diagnostic localisateur dans l 'hémisphère (à moins qu’il n’existe des troubles aphasiques cissosiés ) que si, selon Oppenheim, il présente les caractères propres de l’hémianopsie d’origine occipitale. — Ils seraient au nombre de deux principaux : les hàllucinations visuelles , et la précocité de la date de son apparition.

L’existence d’HALLUCiNATiONS visuelles est assez fréquente dans les tumeurs du lobe occipital; elles surviennent en même temps que les troubles visuels, ou dans Je cours de leur évolution et, parfois, elles constiluent l’aura d’une attaque épileptique ou simplement psychique. Ajoutons qu’elles empruntent ordinairement la forme de photopsi'es ou de zoopsies.

Dans une observation de Gowers, où on trouva, à l’autopsie, un sarcome des première et seconde circonvolutions occipitales (O1 et O2), occupant aussi la moitié postérieure de P 1 et P2, et, du côté de la ligne médiane, s’étendant jusqu’au cuneus et au precuneus , les premiers symptômes furent des manifestations lumineuses : le patient voyait comme une surface polie , en même temps que survenaient des vertiges et des douleurs oculaires, suivies plus tard d’une attaque ( scolome scintillant , hémianopsia fugax de Wernicke). Pendant deux mois, au début des attaques, le malade avait devant les yeux une ligne lumineuse, semblable à un serpent d’or, s'agitant rapidement dans toutes les directions 2.

1. Weber (Rev. neurol., 1900, p. 500). — Au début des tumeurs on peut aussi observer : des hémianopsies en quadrant, et des scolomes persistants.

2. Wernicke et Hahn ( Wirchow's Archiv., Bd. LXXXVII). — Gowers ( Lancet , 15 mars, 1879).

Page 1