‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 108 sur 338 · HÉMIANOPSIE LATÉRALE HOMONYME SEULE · texte numérisé non relu

HÉMIANOPSIE LATÉRALE HOMONYME SEULE

Dans le cas de Pooley, parmi les premiers symptômes, il y eut des hallucinations visuelles , des convulsions épileptiques et des attaques de manie; puis, survint une hémianopsie droite , de l’aphasie, et de l’hémiplégie : on trouva, dans le lobe occipital, une grosse tumeur, avec ramollissement étendu

Fig. 123. — Section horizontale du lobe occipital, radiations optiques (Raymond).

Ci, capsule interne; — Pu, pulvinar ; — Ne, noyau caudé; — Hy, hippocampe; — Ta, tapétum ;

— RO, radiations optiques ;— Fli, faisceau longitudinal inférieur;— Cal, scissure calearine.

Souvent, l’hallucination, la photopsie, n 'occupe que la partie du champ visuel affectée (l'hémianopsie, comme dans le fait de Jany. — Le malade de Wollenberg (tumeur du volume d’un œuf de poule, dans le centre du lobe occipital droit), avait de Y hémianopsie cjauchc : il voyait des figures jaunes, des images qui se mouvaient au plafond, des poupées, des personnages, des fourmis, des serpents, etc., uniquement à gauche.

Pooley (Arc h. f. Augen tout Ohrenheilk., VI, et Oppenheim, p. 122).

TUMEURS DU LOBE OCCIPITAL

Bruns, Higier, signalent des scolomes scintillants dans les mêmes conditions

Il semble que les hallucinations qui accompagnent les tumeurs du lobe occipital soient sous l’influence cl’un état d'irritation , comme le prouve la coexistence fréquente du délire mental.

Henschen, d'ailleurs, considère que les hallucinations visuelles surviennent seulement dans les cas d’hémianopsie de cause subcorticale-, elles font défaut si le cortex du centre visuel lui-même est détruit.

Nous ne croyons pas, cependant, qu’il faille accorder aux hallucinations visuelles toute la valeur localisatrice que semble leur attribuer Oppenheim : car elles font défaut dans un bon nombre de tumeurs occipitales; tel le cas de Birdsall, où une tumeur du cuneus droit produisit simplement une hémianopsie gauche.

D’autre part, les hallucinations et les illusions peuvent aussi se manifester dans d’autres affections oculaires, en particulier dans les lésions des bandelettes et des nerfs optiques, ainsi que le remarque Uhthoff, d’après les faits relatés par Schweinitz* (voir fi g. 125).

Nous avons déjà appelé l’attention, dans notre chapitre de Séméiologie générale (p. 83), sur la valeur clinique des hallucinations. Nous avons admis, avec Joffroy, que, pour que les sensations lumineuses fussent transformées en hallucinations, il fallait une prédisposition hallucinogène du centre visuel; et, avec Gianelli, que, s’il y a irritation du centre sensoriel correspondant , il n’en résulte pas toujours que le néoplasme l’occupe, ou même soit dans son voisinage immédiat.

Enfin, nous avons mentionné les faits intéressants de Christian, de Trenel et Antheaume, où, pour des tumeurs comprimant les nerfs optiques, ou siégeant dans le lobule pneumogastrique du cervelet, les malades avaient eu des visions terrifiantes, des apparitions de personnages, des zoopsies, etc.

Nous pouvons donc conclure : que I’hémianopsie latérale homonyme (dans les cas où les centres primaires ou leurs conducteurs ne peuvent être incriminés), aune valeur diagnostique réelle, poulies tumeurs du lobe occipital ou voisines, surtout si son apparition est précoce, la première en date, des manifestations observées. — Des hallucinations s’y joignent souvent, pricipalement dans le champ visuel hémianopsique.

1. Wollenberg, in Oppenheim. — Bruns ( Neurol . Cenlralbl., 1898). Iligiei

[Wiener. Klinik, juin 1894). v «Mlweinitz

2. Uhthoff ( Monatsch . f. psychiat. uncl neurol., Bel. V). — bchweinuz

(New-York, med. journ., 1891).

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