‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 109 sur 338 · COMPLIQUE D’HÉMIPLÉGIE OU D’HÉMIANESTHÉSIE · texte numérisé non relu

COMPLIQUE D’HÉMIPLÉGIE OU D’HÉMIANESTHÉSIE

Les lumeurs de la face interne et inférieure, lorsqu elles sont volumineuses ou pénètrent profondément; les tumeurs de la substance blanche, et celles qui, occupant la corne occipitale du ventricule latéral, ont érodé les parties voisines, donnent lieu à de /'hémianesthésie et, parfois, à de /'hémiplégie, par lésion concomitante des irradiations capsulaires, sensitives et motrices.

Dans l’observation de Jastrowitz (sarcome des circonvolutions occipitales et de l’avant-coin, pénétrant jusqu’aux irradiations optiques de Gratiolet), cette hémiplégie survint tardivement.

Dans le fait de Deschefelder, la tumeur, venant de la couche optique, détruisit la partie postérieure de la capsule interne, et fit naître une hémiplégie, avec hémianesthésie, accompagnée d’hémianopsie latérale.

Dans le cas de Jany (un cysto-sarcome occupant la presque totalité du lobe occipital), il y eut de la paresthésie, de l'analgésie de la main droite et de la face, parce que le néoplasme s’avançait jusque sons le lobule pariétal inférieur (P2).

L’observation de Durante est remarquable, par sa singularité. Son malade, âgé de vingt-trois ans, présenta de l 'hémianopsie bilatérale homonyme gauche, des accès jacksonniens (toni-cloniques) dans les membres gauches. On crut cependant, en raison des troubles moteurs très accusés, à une tumeur de la région rolandique, qu’on enleva par une crâniectomie. Le tuberculome extirpé avait le volume d’un œuf de colombe, et occupait la pariétale ascendante (Pa), le gyrus angulaire (Pc), el, en partie, le gyrus marginalis (Gm). A l’autopsie, trois mois après, on trouva une seconde tumeur de même volume et de même nature, vers la face interne du lobe occipital, au niveau de la scissure calcarine (voir fig. 127). C’était cette dernière, évidemment, qui avait produit l’hémianopsie, tandis que les troubles moteurs étaient sous la dépendance de la lésion pariétale.

Dans les observations de Lafforgue, de Wordsworth et Spi 1 1er, la corne occipitale du ventricule latéral fut envahie : il y eut des convulsions, de l’hémianopsie, mais pas de paralysie.

Dans ces deux cas, les radiations optiques de Gratiolet avaient

OURET.

TUMEURS DU LOBE OCCIPITAL

été détruites-, mais les néoplasmes ne pénétraient pas assez avant pour atteindre les fibres sensitives ou motrices1.

Oppenheim cite, en outre, parmi les cas de tumeurs occipitales avec troubles moteurs et sensitifs, les observations de Rosenthal, Wernicke et Hahn, Wollenberg, Muller, Leyden,Sanger, Bruns.etc.

En résumé, les tumeurs du lobe occipital produisent I’hémi-

Fig. 1*27. — Tuberculomes de la région Rolandique et de la région Calcarine (Durante, in Chipault, Chirurgie nerueuse , 111, p. 261).

plégie et /'hémianesthésie par envahissement des radiations sensitivo-molrices de la capsule interne ; mais I’hémianopsie, qui les accompagne ou qui les a précédées , révèle leur siège, et indique que le lobe occipital a été le premier atteint par la néoplasie.

S’il existe, en même temps que V hémianopsie, des troubles sensitifs ou moteurs, bornés au membre inférieur ou au supérieur, on peut encore soupçonner que le lobule quadrilatère ou que le obule pariétal inférieur (P2) sont intéressés2.

1. Jostrowilz, Deschefelder, Jany in Seguin [toc. cil.). — Durante in Chipault ( Cliir . nerveuse, III, 1903, p. 261 et 333). — Wordsworlh et Spiller (Rev. neurol., 1900, p. 558). — Lafforgue (Soc. «wa/., 1900, p. 47).

2. Voir Les déviations conjuguées de ta tête et des yeux dans l’hémianopsie, p. 104, et S. Grasset (fieu, neurol., 1904, p. 645) et Dufour (kl., p. 333).

Page 1