Rochon-Duvigneaud ( Arch . d'Ophtalm., 1895 et
ses deux cinquièmes supérieurs partie intégrante du ventricule; qu’il est compris dans un dédoublement de sa paroi épendymaire, qui se replie en avant et en arrière de lui, pour former les recessus sus- et sous-optiques (fig. 5). Le chiasma se trouve ainsi environné d’une couche de substance grise, qui se continue sur les nerfs optiques pour leur former une gaine névroglique, pénétrant entre les faisceaux du nerf pour constituer ses cloisons interfasciculaires.
Ces connexions intimes montrent que les moindres troubles circulatoires, les moindres lésions dans la paroi du ventricule se propagent avec intensité au chiasma et aux nerfs optiques. Sur les pièces anatomiques, c’est en effet une lésion descendante qu’on observe, contrairement à ce qui est admis généralement. Le chiasma est ordinairement doublé de volume, ainsi que la partie intracrânienne des nerfs optiques : mais, au niveau du canal optique, du trou optique principalement, existe un couloir étroit et inextensible, où le nerf optique se trouve enserré comme par un garrot; au delà, se produit, dans l’orbite, une dilatation ampullaire.
L’artère et la veine centrales se trouvent comprimées : l’artère résiste et reçoit le sang de la systole cardiaque; mais la veine se dilate, et le sang qu’elle ramène du centre de l’œil, trouvant sa voie de retour fermée, emprunte la voie dérivative , vers les vaisseaux choroïdiens, par l’intermédiaire du système vasculaire de la lame criblée 1 (Wolfing-Leber).
Il n’en existe pas moins une gène dans l’afflux du sang dans la veine, d’où la transsudation et l’œdème papillaire : mais l'établissement de cette circulation collatérale explique gue la vision centrale se conserve longtemps encore, et que, dans la plupart des cas, l'atrophie optique soit un phénomène tardif.
Telles sont les trois théories des ophtalmologistes. — U est probable que chacun des facteurs qu’elles invoquent (hypertension, toxi-infection, œdème propagé) joue un rôle plus ou moins important, selon les circonstances et les périodes d’évolution des néoplasmes; il nous semble cependant que les explications anatomo-cliniques de Sourdille rendent mieux compte du mode d’apparition et de l’évolution de l’engorgement papillaire, de la Slauungspapille des auteurs Allemands.
flcment papillaire est, selon le mot de Sourdille : « la circulation dérivative de la lame criblée ».
euie papuiaire. Le gonl’expression clinique de
SYNDROME DES TCMEURS ENCÉPHALIQUES
Nous reviendrons brièvement sur ces diverses hypothèses, à propos de la pathogénie générale du syndrome des tumeurs encéphaliques. Il est plus important, maintenant, de rechercher ce que la clinique nous enseigne sur le degré de fréquence de l’œdème papillaire, dans les néoplasmes cérébraux, et sur les circonstances où on l’observe le plus communément.
e) D’après les recherches de Reich, d’Annuske, d’Edmunds et Lawford, les ophtalmologistes et les neuropathologistes disent que l’œdème papillaire, ou la névrite optique, s’observent dans 80 p. 100 des cas de tumeurs des centres nerveux1.
La statistique la plus récente et la plus importante est celle de Martin, qui comprend 600 cas de tumeurs intracrâniennes, et qui s’occupe du degré de fréquence, selon lanature et le siège des tumeurs encéphaliques. Quelle que soit leur nature histologique, les tumeurs donnent lieu aux lésions papillaires et optiques, dans une proportion qui varie de 60 à 86 p. 100 : elles sont fréquentes dans les gliomes, les kystes hydatiques, les carcinomes. Relativement au siège, on peut dire : que les lésions optiques sont constantes, dans les tumeurs des tubercules quadrijumeaux (100 p. 100); très fréquentes, dans les tumeurs du lobe pariétooccipital et du cervelet (87 et 91 p. 100); présentes, dans plus de la moitié des tumeurs de la région motrice, et relativement rares dans les tumeurs du corps calleux, et absentes dans les tumeurs des pédoncules cérébraux. — Remarquons que, dans cette statistique, les néoplasmes des lobes frontaux donnent une proportion de 82 p. 100, et celles du centre ovale 60 p. 100. — Il est regrettable que l’auteur n’ait pas séparé les tumeurs susceptibles d’agir par compression directe sur les tractus optiques : telles les tumeurs de la base, des tubercules quadrijumeaux, de l’hypophyse, qui donnent lieu généralement à une atrophie papillaire rapide, et à d’autres troubles oculaires que ceux de la stase (hémiopies, scotomes).
Les tumeurs du cervelet agissent par un mécanisme spécial (compression de la veine de Galien, et hydropisie ventriculaire), et les tumeurs du lobe pariéto-occipital mettent en cause directement les centres visuels corticaux . — D’autre part, les néoplasmes, qui occupent les lobes frontaux, la région motrice, le centre ovale,
1. Reich, de Saint-Pétersbourg : 45 cas de tumeurs cérébrales. 41 fois névrite double, 1 fois névrite unilatérale, 3 fois pas d altération (klini/c Monalblal , t. XII); — Annuske : 43 tumeurs. 41 neuro-rétiniles doubles, 1 neuro-rélimte unilatérale, 1 fois aucune modilîcation (Arch.f. Op/Uatm., L. XIX); — Ivdmunds et Lawford, d’après l’analyse de 96 cas, trouvent SO.p. 400 de névriles optiques dans les tumeurs de la base, des ganglions et du cervelet, et seulement 46 p. 100 dans les tumeurs do l'écorce cérébrale ( Ophtalmie lieniew, IbSl).
n’ont qu’une action à distance, sans doute par l’intermédiaire du liquide céphalo-rachidien.
Dans le premier groupe de faits (tumeurs basales), la proportion des lésions oculaires serait de 80 à 95 p. 100, et dans le second (tumeurs de la convexité) de 60 à 70 p. 1001.
f) Oppenheim , un des premiers, a mis en lumière toute l’importance de la fréquence des lésions optiques, pour le diagnostic des tumeurs cérébrales; il dit, qu’ayant constaté leur existence, il a pu faire le diagnostic avec certitude, dans 86 p. 100 des cas; et dans les 3 ou 4 cas, où il n’a pu être établi, elles n’existaient pas. L’engorgement de la papille est plus fréquent que la névrite optique : malheureusement, les symptômes oculaires ne sont pas toujours des signes du début2.
Krauss, dans une étude analytique plus récente, a rencontré la névrite optique dans 11 cas sur 12, où le diagnostic a été fait exactement, et il classe ainsi, selon leur importance, les signes généraux des tumeurs : 1° céphalalgie, qui n’a jamais manqué; 2° névrite optique; 3° apathie mentale; 4° nausées et vomissements3 4 *.
Wilder dit que la névrite optique vient, par rang d’importance symptomatologique, immédiatement après la céphalée. La fréquence en est très grande (104 fois sur 140 cas), environ 75 p. 100 \
1. Martin, The locaiising value of optic neuritis, in intracranial tumours (The Lancet, 1897, t. II).
Statistique de Martin :
600 cas de tumeurs intracrâniennes .
Selon la nature du néoplasme.
Tubercules 64 p. 100
Sarcomes 74
Gliomes 82
Glio-sarcomes 73
Kystes séreux 72
Carcinomes 82
Gommes 77
Kystes hydatiques 86 —