‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 12 sur 338 · Krauss, Analyse York med. jauni · texte numérisé non relu

Krauss, Analyse York med. jauni

neurol

Selon le siège.

T. du lobe frontal 82 p. 100

— temporo-sphénoïdal. . 75 —

— région motrice 59

— lobe pariéto-occipilal. 91 —

— ganglions de la base. 75 —

— corps calleux 38

— centre ovale 60

— quadrijumeaux 100 —

Hypophyse 69 —

Pédoncule cérébral 0 —

Protubérance et bulbe.. . 08 —

Cervelet 87

T. énormes sans localisation possible 84

— multiples 67

a la pathologie des tumeurs cérébrales (Arc h Arch. de neurol., 1892, p. 98).

,n fll.M,'}Ufa„g 1(! c;ls ,<le néoplasmes cérébraux (The Ne il ..... •> 110 juillet 1898, et Arch. de neurol., 1901, p ^52)

, ÙJ0(l lI, p“302)O/ nerV°US and menlal diSe(lSe’ ao,Ul900’ êt ^rch. d

q ) S’il est vrai que l 'œdème papillaire est un symptôme précieux pour le diagnostic des tumeurs encéphaliques, il a plus de valeur encore s'il est associé à un des signes du syndrome : car il se rencontre dans un bon nombre d’affections autres que les néoplasmes.

Il a été constaté dans la moitié des cas de méningites tuberculeuses (Parinaud), et il y a en même temps hydrocéphalie ventriculaire; il est rare, exceptionnel, dans les méningites aiguës (Dupuy-Dutemps), mais il s’observe dans les formes de méningites séreuses décrites par Quincke, et justiciables de la ponction lombaire'. — Il apparaît dans les tumeurs des parois de l’orbite, et est suivi rapidement d’atrophie optique, par compression directe du nerf. — Il a été constaté dans bon nombre d’abcès encéphaliques 2, dans la thrombose des sinus, dans l’apoplexie cérébrale, et même le ramollissement3; enfin, chez les paralytiques généraux, qui ont souvent de l’œdème méningé.

Mais la confusion de l’œdème papillaire des tumeurs avec celui de certaines intoxications est particulièrement facile, spécialement dans les cas d’urémie, dans le mal de Bright, où il est aussi accompagné d’une céphalée très vive. Il existe alors une stase papillaire, liée sans doute à l’œdème cérébral et à l’hydropisie ventriculaire, non rares dans ces circonstances (Raymond) : mais souvent, les altérations rétiniennes, qui s'ajoutent, et leurs plaques exsudatives éclairent le diagnostic. Dans toutes ces papillites de cause infectieuse, on voit une congestion des disques optiques ; mais elle ne rappelle que de loin la saillie grisâtre, en bouton, en champignon, de la papille des tumeurs cérébrales.

Ii) L’œdème papillaire est presque constamment bilatéral, dans les tumeurs cérébrales, mais souvent plus prononcé d’un côté que de l’autre. Sur 450 cas de névrites optiques, Martin n'a constaté Y unilatéralité que dans 18 cas.

La plupart des auteurs admettent aujourd’hui que la tumeur siège ordinairement du côté de l’œil atteint ou le plus atteint (Peitavy, Broca, Auvray, Martin) : mais il y a des exceptions.

d. Brusch, De la ponction lombaire dans l’hydrocéphalie chronique [Zeil. klinilc. Med., 1898), et Oppenheim (Soc. de méd. de Ber, lin,. 1897).

2. D’après Broca ( Chir . cérébrale)-, Logereau (Thèse, Pans, 1896), et Mac Ewen tSem. méd., 1889), on admet que la névrite optique est frequente dans les abcès, unilatérale, et siège le plus souvent du meme côte que La

lésion.

3. Zacher, Ramollissement bilatér névrite optique ( Neurol . Centralbl.

al et symétrique des lobes frontaux, avec , XX, 1901, et Are hiv. de neur., 1902, II,

oedème de la papille, sa patiiogénie 33

Sur 55 cas de névrite unilatérale, la papille atteinte était située 39 fois du même côté que la lésion cérébrale, et 16 fois du côté opposé.

Gunn, dans ses leçons cliniques sur la névrite optique, dit : qu’il incline à croire que le disque optique le plus saillant est du même côté que la tumeur, si celle-ci occupe la partie antérieure de l’encéphale : au contraire, la papillite est plus accentuée du côté opposé de la tumeur, lorsque celle-ci est située dans la partie postérieure du cerveau ou du cervelet '.

i) Les troubles visuels, par lesquels se signale la « Stauungspapille », sont des plus variables.

Il n est pas rare de voir la stase papillaire, même avec des altérations ophtalmoscopiques très accusées, persister pendant des mois, sans occasionner d autre gêne que des phénomènes passagers d’obnubilation de la vue.

Plus tard, quand les troubles de la vision s’accentuent, le champ visuel se rétrécit régulièrement, et concentriquement : l’amblyopie est lentement progressive (Parinaud, Dupuy-Dutemps).

La cécité et l’amaurose ne s’observent qu’à la période de sclérose et d’atrophie, souvent tardive2.

j) Les circonstances cliniques , dans lesquelles apparaissent les phénomènes visuels, chez les malades atteints d’œdème de la papille ou de névrite optique consécutive, doivent nous arrêter un instant : elles offrent des particularités, parfois singulières.

C est ainsi qu’on peut voir se développer de très grosses tumeurs, dans les régions les plus diverses de l’encéphale, sans que jamais survienne l’œdème papillaire, ou des troubles visuels que conques. Ceci est, a priori, en contradiction avec la théorie de la compression, de l’hypertension cérébrale, comme cause de la Stauunqspapille ; les plus grosses tumeurs devraient, par leur volume, restreindre davantage l’espace dévolu aux centres nerveux. Je citerai quelques exemples :

Raymond, en 1893, relate avec détails l’histoire d’un énorme gliome neuro-formatif, ayant envahi les deux lobes frontaux • il existe des signes de stase papillaire, également développés des

1. Gunn (The clinical Journ., 1897, et Hev. de neurol., 1898 p U8)

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en môme temps que les signes onhUlinrwpr,!^ 1 emblée, dôs le début; rapidement, eL, même après guérison eomplôte deTi’ ' ■ lle.‘’sisle el s’aggrave parai, le,, qui ,e produisent® les >'*

limitée (Parinaud, Dupuis-Dutcmps). ^ mettent Qu une amélioration

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deux côtés : la vision est cependant conservée, dans une large mesure ( Arch . de Neurol., 1893, II, p. 273). (Fig. 70, 71, 72.)

Burr rapporte le cas, plus étonnant encore, d’une femme de quatre-vingt -six ans, démente, alcoolique, chez laquelle on ne remarqua jamais de troubles oculaires, ni des sens : la tumeur, ayant 10 centimètres de diamètre, avait perforé le frontal et l’ethmoïde, et envahi le lobe frontal, dans une grande étendue (Amer, journ. of insanily, avril 1891, et Arch. de Neurol., 1892, p. 406).

Eskridge et Mac Naught trépanent un homme de trente-cinq ans, pour un kyste traumatique du lobe frontal très étendu, datant de vingt-cinq ans : « la vision était parfaite, et l’examen ophtalmoscopique ne révélait aucune altération de la rétine, ni du nerf optique » (The New-York med. journ., juin 1895, et Arch. de Neurol., 1896, I, p. 69).

Dévie et Courmont, dans la Revue de médecine de 1897, rapportent un cas de volumineux gliome du lobe frontal, avec troubles divers (troubles intellectuels, céphalée, hémiplégie, etc.); à l’examen ophtalmoscopique, on constata un œdème papillaire bilatéral accusé; mais, il n'y avait aucune diminution dans l acuité visuelle. Après la trépanation, faite par Jaboulay, qui enleva une tumeur du vohime d’un gros marron, la céphalée et Yœdème

papillaire disparurent (Rev. de med., 1897, p. 269).

Dévie et Gauthier, chez une femme de cinquante-deux ans, qui mourut d’un gliome gros comme un œuf de poule, situe a la partie postérieure de la région frontale et dans le lobe sphénoïdal, virent se développer des crises de torpeur, d’automatisme, de l’hémiparésie droite totale, et seulement, dans les derniers jours, de la céphalée et des vomissements. « Le signe de la papille étranglée resta toujours absent » (Arch. de méd., 1900, p. /4o).

Brissaud et Massary, chez un homme de vingt-huit ans, observèrent des crises d’épilepsie généralisée, de le céphalée, mais « jamais le malade n’avait présenté de signes irrécusables de la compression, qui s’annonce par des troubles visuels, et que l’ophtalmoscope révèle fatalement un jour ou lautie ». . l’autopsie, volumineux sarcome de la partie supérieure u 03e frontal (Iconogr. Salpêtrière, 1897, p. 73). (Fig. 14, lo.)

La région du cerveau, occupée par la tumeur, ne joue pas toujours un rôle prépondérant : ainsi, dans un cas d Olhver et Williamson, une tumeur de la grosseur d’une demi-orange, qui occupait Y aire rolandigue, fut enlevée avec succès : le malaüe avait une névrite optique, n’empêchant pas la vue (Bnt. med. Journ., 1898, et Arch de Neurol., 1899, I, p. 164).

Pei trouva, à l’opération, une tumeur du volume et de la toi me

d’une châtaigne (fibrome), comprimant la région du centre du bras droit; le malade n’e.ut jamais ni céphalalgie, ni vertiges, ni vomissements, et le fond de l’œil ne présenta aucune lésion à l’examen ophtalmoscopique ( Berlin . /clin. Wochenschrift , janvier 1894, et Rev. de Neurol ., 1894, p. 285). (Fig. 109.)

Reynier, chez un entant de dix ans, enleva, en deux reprises, un kyste gliomateux de la partie inférieure des circonvolutions rolandiques : il y eut des crises jacksonniennes, « mais l’examen ophtalmoscopique, fait par Parinaud, fut négatif » ( Concirès de Chir., 1891, p. MO).

En 1897, chez un homme de quarante et un ans, Czerny enleva avec succès une tumeur de la partie supérieure de Pa, de 4 cm. 1/2 sur 3 cm. 1/2, accompagnée d'un kyste : le malade ne présenta ni céphalée, ni papille étranglée ( Munsch . Woch., 1891, p. 241 et Rev. de Neurol., 1897, p. 290).

Wiener, chez un homme de vingt ans, pour une tumeur occupant les centres du membre supérieur, de la face et F-1, constata la perte de la vision dans un œil, et une papille à bords peu

accusés {New- York med. journ., 1898, et Arc h. de Neurol. 1900 p. 78).

Souques, dans un cas de gliome assez étendu du pli courbe avec agraphie et hémiopie, fit constater par Parinaud une névrite optique double, avec étranglement et hémorragies. « Cependant l’acuité visuelle était presque normale » {Rev. de Neurol 1894 p. 65). (Fig. 117.)

Un gliome occupant le tiers du corps calleux, observé par Zaleslu, donne lieu à des maux de tête, des vertiges, et à divers troubles de l’intelligence : or, l’accommodation était conservée et la vision normale ( Arch . de Neurol., 1900, I 532)

Une tumeur isolée, occupant toute la couche optique (sarcome) causa de la cephalee, des convulsions généralisées, des parésies n^ais il n y avait ni hémianopsie, ni lésion du fonds de l’œil A 1 autopsie, on trouva cependant de l’hydrocéphalie (Masinq, .S/-/ etersb. med. Woch., 1893, et Rev. de Neurol., 1894 p. 10).

Les lésions du. centre ovale , aussi bien que celles du cortex, donnent heu a des troubles oculaires, ainsi qu’en fait foi i’observamn de Wiener. Chez un enfant de sept ans, qui présenta des troubles parétiques des membres droits et une névrite optique double, mais pas d’attaques épileptiques, le médecin soupçonna une tumeur sous-corticale, voisine de la partie antérieure de la capsule interne : on trouva, à l’autopsie, un glio-sarcome, ayant

centre lemi3phere et Principalement la région frontale, le

centre ovale, le corps strie, etc. (Arch. de Neurol., 1900, p. 78).

"n 1U, que Ies petltes tumeurs puissent provoquer l’œdème

papillaire et des troubles visuels, les quelques faits, ci-après cités, l’établissent : tumeur du volume d’une noisette dans le noyau lenticulaire, ayant occasionné la cécité (cas de West, Drain, 1895, et Àrch. de Neurol ., 1897, p. 59); petite tumeur du cervelet (Joffroy et Gombault, Rev. de Neurol ., 1900); tubercule de la couche optique, neuro-rétinite et cécité (Démangé et Spillmann, Presse méd., 8 février 1899), etc.

Tous ces faits, si variés, montrent que l’engorgement de la papille n’a aucune relation précise et constante avec le siège et le volume des tumeurs : la cause efficiente la plus apparente serait peut-être, ainsi que l’indique Parinaud, la coexistence de l’œdème cérébral, de l’hydrocéphalie interne. — Et encore, le cas de Masing, cité plus haut, semble faire exception.

ja Une dernière remarque est importante. Dans quelques cas, les troubles visuels et la (( Stauungspapille » sont les premiers en date des troubles cérébraux, et quelquefois les seuls existants, pendant plusieurs mois. Il en était ainsi, dans 1 observation de Dupré et Devaux (endothéliome du volume d’une orange refoulant le lobe temporal et le lobe orbitaire, comprimant l’insula).

« Près d’un an avant, le malade remarqua que sa vue commençait à baisser, puis l’amblyopie fit des progrès, et, en six ou huit mois, devint très prononcée. Ayant reçu un fort traumatisme de la région naso-orbitaire, brusquement, Y amaurose apparut ; et, à ce moment la céphalée et les troubles psychiques se manifestèrent »

( Iconogr . Salpêtrière, 1901, p. 73 et 374).

Enfin les troubles papillaires ont une allure des plus variables, tantôt progressive, tantôt passagère, intermittente, ou brusque.

Ces variations sont surtout fréquentes, s’il s’agit d’un kyste ou d’une tumeur à évolution progressive ou variable. Brault et Lœper rapportent avec détails l’histoire d’une malade de soixante-cinq ans chez laquelle on trouva un kyste du lobe te mporo- occipital : les troubles débutèrent par des manifestions hystéritormes, de l’hémianesthésie et du rétrécissement du champ visuel. Mais l’acuité visuelle resta un certain temps intacte; puis, peu a peu, la vision des objets devint moins nette. Les troubles étaient . bilatéraux, et consistaient en un affaiblissement de l’acuité visuelle, et non dans l’hémianopsie, comme le siège de la tumeur eût pu e faire supposer, cc On doit les mettre sur le compte, non de la destruction totale des nerfs optiques, disent les auteurs, mais bien les attribuer à l’œdème simultané des deux papilles. »

Ils ajoutent, avec Abadie : que Y œdème papillaire est pathognomonique des tumeurs cérébrales. « Les lésions de la papille sont es symptômes oculaires les plus fréquents, et, en meme temps,

plus utiles, et les moins trompeurs... l’absence de lésions papillaires ne permet pas d’éliminer le diagnostic de tumeur cérébrale : leur présence permet de l'affirmer' ».

Le syndrome des néoplasies cérébrales n’a pas toujours la même physionomie, et les mêmes allures cliniques. Il faut, en quelque sorte, le considérer comme un épiphénomène très fréquent, presque constant, des tumeurs encéphaliques, plutôt que comme une manifestation nécessaire.

Il est précieux, par sa signification diagnostique, parce que son existence est fort rare dans les autres affections cérébrales, au moins à l’état complet.

Les troubles qui le caractérisent anatomiquement sont comparables à ceux qu’on observe, comme complications de certaines tumeurs des membres ou des viscères, lorsque, prenant un accroissement plus ou moins rapide, elles s accompagnent de vascularisation, d oedème, de chaleur locale, de fièvre des néoplasmes, etc.

Lorsqu’il est très prononcé, il a plutôt une signification pronostique sombre, ainsi que cela s’observe pour les tumeurs de la base et du cervelet.

Il importe que le chirurgien en connaisse et en saisisse les mandes tâtions les plus diverses, les plus légères, afin qu’un diagnostic hâtif permette les heureux résultats < des interventions précoces. — Aussi pensons-nous très utile d’en étudier les modifications, les variations, dans ce qu’elles ont de plus important.

D’après nos recherches, portant sur environ 130 cas, les mieux observés de ces dix ou quinze dernières années, les diverses variations ou modifications du syndrome des tumeurs cérébrales peuvenl être étudiées sous les dénominations suivantes : syndrome accusé, précoce, complet, — atténué, incomplet ou partiel,

primitif ou secondaire, — retardé, — à manifestations inversées ou irrégulières, — vertigineux.

Nous considérerons aussi les cas où le syndrome est la seule manifestation de la tumeur; ceux où il est représenté uniquement par des crises convulsives ou épileptiques, et ceux où il est complètement absent.

Nous devrons ensuite parler des tumeurs latentes, c’est-à-dire n ayant jamais donné lieu à aucune manifestation.

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