I. Raymond (Arch. de neurol., 1902, p
Fig. 198. — Les voies conductrices de ln vision : nppnreil visuel central ou intra-cérébrnl, et appareil visuel périphérique. Connexions de la zone visuelle corticale avec lu zone du langage (Déjerine). — La partie antérieure des hémisphères a été érailée, afin de montrer le segment antérieur de l’appareil visuel : bandelettes optiques, chiasma, et nerfs optiques. La zone X, teintée au gris, représente la localisation de la lésion, dans la cccite verbale
AM, avant-mur; — C, cuneus ; — Ce, corps calleux (bourrelet); — Cge, Cgi, corps -genouilles externe et interne; — Cirl, segment rétro-lenticulaire de la capsule interne; — F3, centre de Broca ; — F';J, troisième circonvolution frontale droite ; — fc, faisceau croisé ou nasal ; — fd, faiscoau direct ou temporal; — fm, faisceau maculaire du nerf optique; — Fm, forceps postérieur ou major du corps calleux; — Fu, faisceau uncinalus, réunissant a zone de Wernicke (T,) à la zone de Broca F3; — la, lp, circonvolutions antérieures et postérieures de l'insula ; — K, scissure calcarine ; — L,, première circonvolution limbique;
NC, noyau caudé ; — NC', queue du noyau caudé; — NR, noyau rouge, üj, pre
mière circonvolution occipitale; — OFj, face orbitaire de la première circonvolution io.i taie; — P, pied du pédoncule cérébral; — Pc, pli courbe; — P'c, pli courbe 101 ’ Pul, pulvinar; — Qa, tubercule quadrijumeau antérieur; — Rm, ruban de Rei me ian ,
Spa substance perforée antérieure; — T, T', centre de \\ ernicke et premieie cncon
volution temporale droite; — Tpp, pilier postérieur du trigoné;; — VI, carrefour jen oculaire; W, zone de Wernicke; — 11, bandelette optique; — xll, chiasma des nerfs optiques.
PHÉNOMÈNES CÉRÉBELLEUX 277
plégie droite passagère; on trouva, lors de 1 opération, un gliome diffus du lobe occipital >.
Le fait que les symptômes d’aphasie sensorielle s’observent aussi dans les tumeurs des lobes pariétal (pli courbe) et tempoial augmente les difficultés du diagnostic localisateur : seules la date d'apparition de l'hémianopsie et l’analyse des troubles associés pourront aider à fixer le siège primitif du néoplasme.
D. — Tumeurs du lobe occipital, avec cécité psychique.
Dans un certain nombre d’observations de tumeurs des lobes occipitaux, on mentionne la cécité psychique ; le plus souvent, la lésion est bilatérale, ou exerce une action sur les deux côtés.
Dans le cas de Muller, la tumeur était sur le lobe occipital de l’hémisphère gauche; mais elle s’étendait aussi vers 1 hémisphère droit, et applatissait le cuneus droit.
Dans celui d’Henschen, il s’agissait de tumeurs multiples, occupant les deux lobes occipitaux. — D’ailleurs, d’après Oppenheim, la cécité psychique peut être aussi un phénomène passager, dans le cas de tumeur unique du lobe occipital de l’hémisphère gauche seul1 2.
E. — Tumeurs du lobe occipital, avec phénomènes
CÉRÉBELLEUX.
Le lobe occipital repose sur la tente du cervelet, et lorsqu'une tumeur s’y développe, pour peu qu’elle soit volumineuse, elle détermine par compression des phénomènes cérébelleux: titubation, vertiges, ataxie etc. ; il existe, souvent en môme temps, de I’hémianopsie. Il en était ainsi dans les cas de Birdsall et Veir, de Wollenberg, de Grazia, etc.
Oppenheim figure, dans son ouvrage, une tumeur du précuneus, qui donna lieu aussi à des phénomènes cérébelleux3.
1. Bruns (Arch. de neurol., 1894, p. 459, et Rev. neurol.., 1894, p. 113). — Wertheiin, Salomonsen et Wœsterman, in Chipault (Chir. nerveuse, I, 1902, [i. 719). — Faits de Freund, Muller, Samelsohn, Redlicli, in Oppenheim.
2. Muller {Arch. /'. psych., Bd. XXIV). — Henschen ( Beitriige zur Path. des Gehirns, Upsala, 1890). — Oppenheim {toc. cil., p. 124).
3. Birdsall et Woir ( Medical New's, 16 avril 1887). — Wollenberg (Arch. f. psych., Bd. XXXI, 1 et 2). — Grazia (Ri/, medica, XIII). — Oppenheim (toc. cit., p. 123).— L. Marchand a rapporté, ces temps derniers, un cas de gomme qui donna lieu à ces symptômes occipito-cérébelleuai, et il crut pouvoir localiser les lésions dans la fente du cervelet (Journ. neurol., 1902, n° 21, et Arch. de neurol., 1903, II, p. 68).
TUMEURS DU LOBE OCCIPITAL
Inversement, il peut arriver, comme l’indique F. Schultze, qu’une tumeur du cervelet, par compression, donne lieu à quelques-uns des symptômes localisateurs d’une tumeur du lobe occipital (syndromes occipito-cérébelleux).
F. — Grosses tumeurs.
Lorsque tout le lobe occipital est envahi par le néoplasme, et même que celui-ci empiète sur les lobes voisins, comme dans le cas de Guldenarm et Winkler, l’aphasie sensorielle , Y hémianopsie , Y hémianesthésie, Y hémiplégie et la contracture s’associent et donnent lieu à un complexus symptomatique des plus graves.
Dans le fait de Wollenberg, un double glio-sarcome du lobe occipital droit, outre des symptômes multiples de tumeur cérébrale et des attaques convulsives, amena la distension des ventricules latéraux, la perforation de leurs cornes antérieures et, par un orifice des cellules ethmoïdales, un écoulement permanent, parle nez, de liquide céphalo-rachidien (environ 150 centimètres cubes en douze heures, pendant plusieurs mois).
Notons, pour terminer, que, dans plusieurs cas de tumeurs occipitales, il est signalé une paralysie du facial et du moteur oculaire externe, par compression des nerfs de la base.
G. — Conclusions.
L’hémianopsie est un symptôme, à peu près constant, des tumeurs du lobe occipital : elle n’a fait défaut que dans quelques cas rares.
Elle a surtout de la valeur localisatrice, si elle apparaît de bonne heure, si elle est la première en date parmi les manifestations des néoplasmes; elle peut cependant ne se montrer qu’en cours d’évolution.
Les hallucinations visuelles (photopsies, zoopsies), les apparitions lumineuses qui apparaissent dans le champ oculaire hémianopsié ont une certaine importance, bien qu’on les ait aussi observées dans les compressions des bandelettes et des nerfs optiques.
Les troubles moteurs lt sensitifs, joints à Y hémianopsie, indiquent une compression ou une altération des expansions de la capsule interne, — quelquefois une irritation de voisinage, sur les lobules pariétaux inférieur ou quadrilatère.
CONCLUSIONS - 1 J
L’ALEXIE, l’APHASIE OPTIQUE, l’APHASIE SENSORIELLE,, SOIlt l’eiïet d’une action directe de la tumeur sur les faisceaux d union de la région visuelle avec les lobes temporaux, le pli courbe, ou la troisième circonvolution. — On peut prévoir ainsi que la tumeur a son siège dans le centre ovale du lobe occipital du côte gauche, ou l’a envahi secondairement, surtout s il y a en même temps HÉMIANOPSIE.
Pour que la cécité psychique apparaisse, il faut que la tumeur soit double et symétrique, ou intéresse les deux lobes occipitaux, soit par compression, soit par envahissement1.
Les symptômes cérébelleux, joints à Y hémianopsie, sont caractéristiques : ils sont le résultat d’une compression du voisinage (syndrome occipito-cérébelleux).
1. La cécité corticale ou amaurose complète nécessitant une double lésion est fort rare dans les-néoplasmes. Halbron a relaté, récemment, à la Société anatomique, un cas d’amaurose, par abcès symétriques, tuberculeux, des lobes occipitaux, ayant intéressé les deux cunci {Soc. anat., 1904, p. 311).