CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES SU
Il n’en est pas de même des rapports connus des bandelettes optiques avec les corps genouillés externes-, et, de deux-ci, avec les corps quadrijumeaux antérieurs et les pulvinars : ils expliquent aisément que certaines tumeurs de la couche optique s accompagnent de TROUBLES VISUELS caractéristiques.
D’autres néoplasmes produiront des troubles sensitifs, des hémi-anesthésies-, car un grand nombre de faisceaux du ruban de Iteil médian, en connexion lui-même avec les cordons de Goll et de Burdach, et, par conséquent, avec les cordons postérieurs de la moelle , aboutissent dans la partie ventrale du noyau externe et du centre médian de Luys de la couche optique.
Enfin, la couche optique est encore en connexion avec le noyau rouge, avec le pédoncule cérébelleux supérieur, d’où la possibilité de troubles de l’équilibration et de l’orientation. Elle se relie aussi au iuhercide quadrijumeau postérieur, et, par son intermédiaire, aux centres primaires de l’audition — et aussi au tubercule quadrijumeau antérieur, aux noyaux des nerfs moteurs de l’œil, et, par l’habénula et le faisceau de Vicq d’Azir, à la région du rhinencéphale, c’est-à-dire aux centres de l’olfaction.
En résumé, en se plaçant uniquement au point de vue anatomique, la couche optique est un centre de relai important, une station intermédiaire, pour la plupart des impressions sensitivo-sensorielles 1 . — Il semble que ses lésions et ses tumeurs devraient offrir un complexus symptomatique très accentué; nous verrons, cependant, qu’à l’heure présente, en ce qui concerne ]es néoplasmes, nos connaissances sont encore très restreintes.
Les physiologistes, en particulier Nothnagel, Bechterew qui a fait sur ce point des recherches personnelles fort importantes, considèrent la couche optique comme un centre pour certains mouvements, certains actes involontaires, appartenant au groupe des réflexes supérieurs, spécialement en ce qui concerne l’expression des émotions.
La destruction de la couche optique, chez l’animal, comme chez l’homme, laisse persister les mouvements volontaires, mais supprime radicalement tous les mouvements de caractère émotif (mouvements de la face, des oreilles, de la queue, etc.).
Bien plus, la couche optique aurait aussi une action sur les réactions émotives des organes profonds, et ses excitations produiraient des troubles de la respiration, de la circulation cutanée, de
1. D’après Probst : • Il n’est pas douteux que le thalamus ne soit un relai important entre l’écorce et la périphérie, transmettant des sensations ou des impressions variées aux centres et à la périphérie (Études anatomiques, Klin. Wocliens., 1903, et Rev. neurol., 1903, p. 308).
TUMEURS DES GANGLIONS INFRA-CORTICAUX
la sécrétion lacrymale, et même des fonctions intestinales, comme on en observe dans les émotions vives (Bechterew, Christiani, Mislawsky).
Le noyau caudé du corps strié, masse grise considérable qui fait saillie dans les ventricules latéraux, est, d’après certains anatomistes, en relation avec l'écorce par quelques faisceaux qui se détachent de la partie antérieure de la capsule interne (Marinesco).
Selon d’autres, ceux-ci n’abandonnent que quelques rares collatérales (Déjerine).
En tous cas, ce noyau n'a pas de couronne rayonnante se reliant au lobe frontal, et les lésions corticales ne retentissent ni sur lui , ni sur le putamen, comme elles le font sur la couche optique.
Au contraire, il existe de nombreuses fibres strio-tiialamiques qui, passant entre les lames du corps lenticulaire , convergent vers le sommet du globus palliclus, et aboutissent dans la moitié inférieure du thalamus. — Le corps strié, tout entier, et le thalamus forment un couple associé, dont l’action énergétique est souvent simultanée; l’écorce exerce sur lui un pouvoir réfrénateur , par les fibres cortico-thalamiques.
Les recherches physiologiques (excitations, destructions) ne fournissent que des renseignements incertains.
Les paralysies, toujours très incomplètes, produites par les lésions expérimentales, sont rapportées aux altérations concomitantes des régions voisines (faisceaux de la capsule interne).
Peut-être ces masses grises sont-elles des centres d'énergie , de renforcement, des foyers de potentiel, comparables, sur ce point, au cervelet.
Mais nous ne savons pas analyser les troubles que leurs lésions déterminent,
On les considère, généralement, comme des centres importants des mouvements automatiques, involontaires, en particulier des mouvements de marche. « L’amorçage ou le désamorçage qui les détermine, seul est volontaire; et, à ce titre, l’excitation qui le produit procède de l’écorce, ou a dû passer par l’écorce (Morat).
Déjà, dans nos expériences avec Carville, nous avions insisté sur le rôle important du noyau caudé, dans les mouvements de progression, et sur l’impulsion volontaire, incitatrice, de l’écorce cérébrale *.
Magendie, Nothnagel, Fournié et Rezek ont démontré que les
I. Moral et Doyon ( Physiologie . 1903, p. 442); Carville et Duret [Sur les fonclions du noyau caudé et de la couche optique , Arch. de Physiol., 1896, p. 155).