‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 137 sur 338 · CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES

irritations du noyau caudé déterminent, chez l’animal, une impulsion irréristible à courir ; d’où le nom, qui lui a été donné, de nodus cursorius. — Peut-être trouverait-on là la ciel de ceitaines crises d'automatisme ambulatoire, constatées dans quelques cas de tumeurs des lobes frontaux \ celles-ci suspendiaient V action réfrénatrice du cortex sur le système opto-stné.

En somme, les lésions expérimentales exercées sur le noyau caudé témoignent de l'existence d’une fonction motrice

Certains auteurs attribuent un rôle spécial au noyau lenticulaire, en particulier à son segment externe, le putamen : celui-ci se continue, cependant, au-dessous de la capsule interne, avec le noyau caudé.

Il est vrai que Lépine a montré que sa lésion, chez l’homme, était susceptible de produire la paralysie labio-glosso-laryngée, ou pseudo-bulbaire : mais ce syndrome est plus fréquent encore dans les ramollissements des centres corticaux de la langue, des lèvres, de la face, du larynx, des masticateurs, qui occupent les opercules frontal, rolandique et pariétal. Il est nécessaire, dans ce cas, que la lésion soit symétrique, ou a peu près, et occupe les deux hémisphères : car les centres corticaux sont purement fonctionnels et se déçussent inférieurement pour fournir d'influx volontaire les noyaux des deux côtés du bulbe.

Toutefois, il résulte des études plus récentes d’IIalipré et de Brissaud1 2 que certaines lésions unilatérales, voisines de la partie antérieure de la capsule interne, ou des corps opto-striés, suffisent à produire la paralysie p s eudo- bulbaire 3.

On s’expliquerait ainsi que les néoplasmes de la même région engendrent aussi des paralysies pseudo-bulbaires, et les contractures qui les accompagnent : immobilité du masque facial, inertie delà mâchoire, dvsarthrie, caractère explosif des syllabes, accès de rire et pleurer spasmodiques, etc.

Bref, les corps opto-striés paraissent être, des centres importants d’ automatisme inconscient pour la phonation, la salivation, la mastication, la déglutition, en rapport, du reste, avec les centres corticaux analogues et Lrès-voisins. — On peut reconnaître que l’écorce est intéressée, quand il s’y ajoute des troubles psychiques : affaiblissement de l’idéation, diminution de la mémoire, lenteur de la pensée, etc.

1. D’après les recherches expérimentales récentes de Sliéda, la, fonction du

noyau caudé, reste encore absolument hypothétique (Neurol. Centralbl., 1903, p. 357, et lieu, neurol., 1904, p. 277). ,

2. Hrissaud ( Leçons cliniques, 1899, t. Il, p. 295); Mali pré (Th. Paris 1891).

3. D’après Monakow, Eisenlohr, Menzer et Déjerine, la phonation et l’arli-

DURET

322 TUMEURS DES GANGLIONS INFRA-CORTICAUX

Le rôle fonctionnel de la capsule interne est aujourd’hui Lien connu, mais pas encore dans toute son étendue.

Les constatations cliniques de Turk et Charcot, les recherches expérimentales de Carville et Duret, de Veyssières ont montré (le segment antérieur ou lenticulo-strié de la capsule renfermant le faisceau des fibres frontales) : que le genou et le segment postérieur ou lenticulo-optique contenait les fibres motrices, provenant de la région cortico-motrice de la face et des membres, et que sa lésion totale entraîne I’iiémiplégie de la face el des extrémités [du côté opposé; — que la partie la plus reculée de ce même segment lenticulo-optique contient les faisceaux des fibres sensitives, qui montent du ruban de Reil\ leur lésion produit l’hémianesthésie du côté opposé, surtout si la partie voisine de la couche optique est intéressée (d’après Déjerine). Là, les fibres sensitives sont interrompues, et de nouveaux neurones sensitifs relient la couche optique au cortex.

Le rôle des faisceaux rétro-lenticulaires de la capsule interne, qui ramènent les fibres de l 'écorce occipitale, d’où elles se rendent dans le pulvinar, le corps genouillé externe , et les tubercules quadrijumeaux antérieurs (faisceaux visuels) — et celui des faisceaux sous-lenticulaires, qui viennent des régions temporales , pour se rendre au corps genouillé interne, et au ventre du thalamus (fibres auditives), n’a pas été étudié expérimentalement. Ces relations expliquent, cependant, que les lésions des parties les plus reculées de la capsule interne entraînent des troubles sensilivo-sensoriels L

Comme nous le verrons plus loin, c’est, d’ailleurs, à une action directe ou indirecte sur la capsule interne que la plupait des observateurs attribuent les troubles moteurs et sensitifs observés dans les néoplasmes des corps opto-striés.

B. — Opinions des neuro-pathologistes.

Dans une thèse récente sur les tubercules de la couche optique, (1900), Linget indique, comme symptômes principaux de localisation de ces néoplasmes, les convulsions épileptiformes, l’hémiplégie motrice, certains troubles de la vue (amblyopie croisée, hémianopsie homonyme), l’hémiplégie faciale, avec abolition des

culation sont surtout alleinles clans les lésions de la tête du corps strié, empiétant sur le genou de la capsule interne.

\. D’après Marie el Guillain, on ne pourrait constater, cliniquement, dans la capsule interne, des localisations motrices ou sensitives, segmentaires, persistantes. Une lésion, si minime soit-elle, du bras postérieur de la capsule interne donne lieu à de l’hémiplégie, mais jamais à la paralysie d’un membre, ou d'un mouvement isolé (rôle des collatérales). Nous croyons cependant qu’il existe des exceptions.

SYMPTOMES COMMUNÉMENT OBSERVÉS

mouvements d’expression, alors que les mouvements volontaiies sont indemnes, la conservation de l’intelligence et de la gaieLé.

Ces symptômes se montrent parfois : mais c’est à tort quil leur adjoint l’absence de céphalée, de vomissements, et de constipation, et l’intégrité de la sensibilité.

Oppenheim, dans la dernière édition de son Traité (1902), expose une casuistique remarquable des tumeurs de ces légions.

Bruns (1897) pose la conclusion suivante, assez vraie, dans son ensemble : « Le diagnostic des tumeurs du Thalamus peut être .établi, avec quelque probabilité, si, à des troubles hémiplégiques et de la sensibilité, s'ajoute de l'hémianopsie, et surtout de 1 ’athélose, et une paralysie des mouvements de la mimique, d’un des côtés du corps (p. 94). »

Nous diviserons notre étude en deux parties :

1° Symptômes les plus communément observés, dans les tumeurs de la région ganglionnaire infra-corticale.

2° Symptomatologie propre à chacun des noyaux ganglionnaires, et à la capsule interne.

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