‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 138 sur 338 · DE LA RÉGION GANGLIONNAIRE INFRA-CORTICALE · texte numérisé non relu

DE LA RÉGION GANGLIONNAIRE INFRA-CORTICALE

1° Tumeurs sans symptômes (latentes).

Oppenheim cite plusieurs observations de tumeurs des régions oplo-striées, qui évoluèrent sans symptômes, au moins sans signes de localisation. Mais il s’agit de faits relativement anciens: telles, les observations de Lange, cité par Wernicke (tumeur du noyau lenticulaire gauche, trouvé à l’autopsie d’un homme, qui n’avait jamais présenté de symptômes cérébraux, mort après un coma d’une durée de vingt-deux heures), — de Hjelt, où un gliome du thalamus droit ne donna aucun symptôme de localisation; — de Furstner; — de Rondot (la tumeur atteignait symétriquement les deux régions lenticulaires, et n’avait donné aucun symptôme permettant de la localiser; il y avait, en particulier, absence de paralysie; — de Hjelt (2° cas), choléstéatome du thalamus gauche; — de Dawson et Smith (gliome du noyau caudé, ne s’étant manifesté que par des signes généraux); — de Runkiwitz (tumeur du noyau lenticulaire, grosse comme une cerise, n’ayant eu d’autre manifestation qu’une hypéralgésie finale; tumeur du thalamus gauche, remplissant le ventricule, sans Lroubies de la motilité et de la sensibilité) ; — de Richardière (couches optiques occupées

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par un néoplasme; pas de signes généraux, jusqu’à six semaines avant la mort, hémiplégie finale due à une hémorragie); — de Hutchinson (sarcome ayant atteint symétriquement les noyaux caudés, et ayant produit uniquement, comme signe de localisation, la paralysie de la vessie et du rectum, symptômes qui passèrent presque inaperçus chez un homme d’une intelligence tout à lait torpide); — de Bramwell (tumeur du noyau lenticulaire).

A ces faits je pourrais ajouter1 le cas de James Rorie (tumeur ayant envahi les ganglions de la base des deux côtés; il n’y eut ni céphalée, ni vomissements, ni troubles du langage, ni convulsions, ni lésions de la sensibilité: mais le malade était en état de démence, et nous avons signalé ailleurs que c’est chez les aliénés qu’on observe des tumeurs latentes , dans toutes les parties de l’encéphale). — Dans le fait de Géraudel, un gliome de la couche optique gauche, du volume d’un omf de poule, ne produisit des manifestations symptomatiques que quinze jours avant la mort2.

2° Tumeurs avec symptômes généraux (syndrome).

Linget, dans sa thèse (1900) sur les symptômes des tubercules de la couche optique , indique que l’absence de céphalée, de vomissements, est fréquente dans les tumeurs de ce ganglion, et a la valeur d’un fait de localisation.

Nous croyons l’affirmation trop absolue, sous cette forme, pour avoir rencontré les signes du syndrome présents, et plus ou moins complets, dans 12 cas sur 30 : c’est une proportion de plus du tiers.

Parfois, ils apparaissent tardivement, comme des phénomènes terminaux. 11 en était ainsi dans le cas de Géraudel (névrogliome de la couche optique), où ils se manifestèrent quinze jours seulement avant la mort, et dans celui de Marcel Labbé (fig. 146, 147), où c’est seulement cinq ans après la première attaque épileptiforme qu’on observa des vertiges, de la céphalée médiane, etc. (gliome occupant les deux couches optiques et la face interne des hémisphères) 3.

1. Lange ( Milheilungen uus déni sladlischen Kranlcenhause in Kopenhague (1870). — Hjeltùi Bernhardt(/Jeùi'«r/ zur sympt.uncl diag. der ttirngeschwulste, Berlin, 1881).— Furstner (Arch. f. Psychia/., 1875, Bd. Yl). — Rondot ( Progrès médical , 1877, p. 70). — Dawson et Schmidt (in Oppenheim). — Runkiwitz (id.). — Richardson (Progrès méd., 1884, n° 1 et 2). — Hutchinson (Brain, July, 1888). — Bramwell (Brain 1888, 1).

2. James Rorie (Arch. de Neurol., 1893, I, p. 463) ; Geraudel (Soc. anal., 1901 p. 324).

3. Geraudel (Soc. anal., 190.1, p. 324) ; Marcel Labbé (Soc. anal., 1S96, p. 703). — Nous citerons, parmi les faits où le syndrome a été bien constaté, ceux de Sepilli et Lui (gliome bilatéral des Lhalami : torpeur, vomissements, amblyopic bilatérale, ralentissement du pouls, clc. (Rivista di Freniatria, 1890, p. 386, et Rev.neurol., 1898, p. 844) de Steele (glio-sarcome de la couche

SYMPTOMES COMMUNÉMENT OBSERVÉS 3 2li

D’autre part, il nous a semblé que les symptômes généraux étaient plus fréquents , dans les cas de tubercules solitaires des

Fig. 146. — Gliome s'étendant à peu près symétriquement, dans les deux hémisphères cérébraux (Marcel Labbé). La tumeur commence un peu au-dessus de la couche optique : elle envahit la moitié antérieure du corps calleux, la face interne de F', et franchissant le bord supérieur de l'hémisphère, elle occupe la moitié antérieure des trois premières circonvolutions frontales (crises d'épilepsie, bradhyphasie, etc.).

régions ganglionnaires (cas d’Edwards, de Jacobson, de Miura, de Lenoble et Aubineau, de Spillmann et Nilus) ’. Ce fait s’explique,

Fis. 1 47. — Même tumeur (Marcel Labbé). Face externe, où elle s’étend sur lu moitié antérieure des trois circonvolutions frontales.

puisque ces néoplasmes produisent aisément des tôxi-in ferlions. Quoiqu’il en soit, il y a rareté relative , et apparition tardive

optique gauche, avec cavité kystique dans le noyau caudé ; céphalée , stase papillaire double, évolution en un mois (Centrablalt, 1809, p. 290, et Itev. neurol:, 1899, p. 597); — de llandforl (Sarcome du corps strié, in Chipault, Trav. neurol., t. 1, n° 14Q); — de Beevor (Tumeur de la capsule interne, id., n** 144); — de Guldenarm etWinkler (id., 180-191); — de Lefort (Sarcome de la couche optique, Soc. anal., 1891 , p. 30) ; — de Ileck (Gliome des couches optiques, in Th. Auvray, p. 251).

1. Edwards (Lancet, 1895, p. 200, et llev. neurol., 1895, p. 653). — Jacobson (Arcli. f. Psych., 1898). — Miura (llev. neurol., 1899, p. 282). — Lenoble et Aubineau (llev. neurol., 1901, p. 1221). — Spillmann et Nilus (Gaz. hebd., 1970, p. 1189, et Rev. neurol., 1901, p. 305).

TUMEURS DES GANGLIONS INFRA-CORTICAUX

des phénomènes du syndrome, dans les néoplasmes des noyaux sub-corticaux ; en particulier, l’intégrité de l’intelligence persiste longtemps.

Hypothélhiquement, nous fournissons l’explication suivante : la profondeur, la vascularisation spéciale et moins intense des régions opto -striées rendent la propagation de la congestion vasculaire et l’hypertension plus lentes et plus tardives

3J Tumeurs avec convulsions.

Les convulsions épileptiques, étant attribuées généralement à une décharge irritative de l’écorce cérébrale, il peut sembler

étrange de les observer dans les cas de tumeurs des noyaux subcorticaux.

Cependant, nous les avons trouvées signalées dans les cas de tubercules des couches optiques, principalement chez les enfants (ainsi, dans les faits de Martin, de Castaigne [fig. 150, 151], de Cathelin

Fig. 148. — Tubercule de la couche Fig. 119. — Deux tubercules silencieux dans le optique (Cathelin). cervelet, accompagnant le tubercule de la couche

optique (Cathelin).

[fig. 148, 149], de Démangé et Spillmann). Tantôt le tubercule est solitaire; tantôt il s'accompagne d’une méningite tuberculeuse1 2.

Mais les néoplasmes ordinaires, sarcomes ou gliomes, peuvent provoquer aussi des attaque s épileptiformes. Tantôt celles-ci apparaissent dès le début et sont violentes (fails de Parker, petit tumeur du corps strié droit de 2 pouces et demi, sortant du ven-

1. En cas de saillie dans le vcnlricule : syndrome accentué, rapide (cas Leszinski, Rev. Neurol., 1904, p. 437) à cause de l’ hypersécrétion des plexus choroïdes. (Petit et Girard, Arch. d’anal., 1902, p. 213.)

2. Martin (Soc. anat., 1896, p. 410-417). — Castaigne (id., 1897, p. 96). — Cathelin (id., 1898, p. 566). — Démange et Spillmann (Presse méd., 1898, p. 63).

SYMPTOMES COMMUNÉMENT OBSERVÉS 32

tricule par le lobe sphénoïdal, pour envahir l’espace inter-pédonculaire; méningite purulente de la base) ; — dans un deuxième cas (tumeur grosse comme une noix, semblable à du parenchyme rénal, dans la partie extra-ventriculaire du corps strié, attacpies très violentes, jusqu’à 20 ou 30 par jour); de Miura Volumineux gliome englobant tout le thalamus); — de Scarpaletti (sarcome de la couche optique, gros comme une noix); — de Labbc (gliome de la couche optique et de la face interne de l’hémisphère ; lig. 146, 147, etc.)1; — tantôt elles sont simplement terminales.

°11 est probable que c’est surtout en amenant une congestion généralisée de tout l’encéphale que ces tumeurs centrales favorisent V apparition des crises convulsives.

4° Hémiplégies et hémianesthésies.

L’hémiplégie est fréquente clans les tumeurs du corps oplo-slrié , puisque nous en relevons l’existence 20 fois sur 30. Ce ne serait là, cependant, que la constatation d’un symptôme vulgaire, si nous n’essayions d’en rechercher les causes, les caractères et l’évolution.

Elle est lente , progressive , sans ictus, et est assez rapidement

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