‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 145 sur 338 · CARACTÈRES SYMPTOMATIQUES DES NOYAUX GANGLIONNAIRES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES SYMPTOMATIQUES DES NOYAUX GANGLIONNAIRES

l'enfant ne marche plus depuis trois mois [fig. 152*; de Keen, titubation, tendance à tomber en arrière et à gauche).

Les relations connues de la couche optique avec le noyau rouge et les pédoncules, cérébelleux supérieurs expliquent ces troubles de lu MARCHE et de l’équilibre.

Enfin, le voisinage du segment antérieur du genou et de la première partie du segment postérieur de la capsule interne rend compte de la fréquence des hémiplégies , monoplégies , hémiparésies, dysarlhries, etc.

La tumeur parfois évolue, sans avoir produit des troubles de la sensibilité, et de l'intelligence (cas de Martin, tumeur du volume d’un œuf de poule dans le tiers antérieur du ventricule latéral, ayant envahi la tête du noyau caudé, et en bas se prolongeant jusqu’à la scissure de Sylvius; — de Handford *,.etc.).

b. Les tumeurs du putamen et du noyau lenticulaire pourraient, dans quelques cas, se caractériser par de la paralysie pseudo-bulbaire , de la dysarthrie, des accès de rire incoercibles , etc. : elles produisent, tantôt de Y hémiplégie., sans troubles de la sensibilité, comme dans le cas de Castaigne (tubercule de 5 centimètres dans le noyau lenticulaire, ayant envahi la capsule interne; il y avait hémiparalysie et hémi-contracture très prononcées; voy. fig. 150, 151, p. 328); tantôt de V hémi-anesthésie.

Pour un ramollissement de ce noyau, la capsule interne étant indemne, Corail et Raviart observèrent une paralysie pseudobulbaire, avec hémiplégie, dysarthrie et troubles de la déglutition.

Jacobson, pour un tubercule volumineux du noyau lenticulaire, assista à une hémiplégie progressive avec hyperesthésie : le néoplasme comprimait le segment antérieur de la capsule interne et avait pénétré dans le segment postérieur; dégénérescence du faisceau pyramidal et du ruban de Reil médian.

Burzio, dans un cas de ramollissement, constata une hémiplégie douloureuse et des accès de rire incoercibles 2.

Oppenheim admet : « que le noyau lenticulaire n’a pas de relation directe avec le faisceau sensitif et le ruban de Reil; mais ses tumeurs, voisines du carrefour sensitif, pourraient donner lieu a des paresthésies, des hypoesthésies et des hyperesthésies du côté opposé ».

c. Les tumeurs de la COUCHE optique sont les plus fréquentes de

I. Martin (Soc. anat., 1891, p. 416). Handfort, Chip. {Trav. neurol., 1, p .R 6) •2. Castaigne (Soc. anal., 1891, p. 416). — Cornil et Raviart {Rev.' neurol 1891, p. 219). — Jacobson (Arch. f. Psych., 1898). — Burzio {Acad, de Turin, 1899, et Ile v. neurol.., 1899, p. 868). — Voy. Mingazzini (Riv. de Freniatria 1901, p. 484 et 1902, p. 311; Rev. neurol., 1903, p. 659).

TUMEURS DES GANGLIONS INFRA-CORTICAUX

la région des noyaux infra-corticaux, puisque nous les avons rencontrées 21 fois sur 30. — Elles accusent leur physionomie clinique par diverses manifestations symptomatiques que nous ne ferons qu’énumérer, en ayant parlé antérieurement.

1° Par des hémiplégies, et surtout par des hémianesthésies.

Ces dernières paraissent dues non seulement aux lésions ou aux compressions du carrefour sensitif (?) de Turk-Charcot, mais elles sont propres aussi aux altérations du thalamus : car, ainsi que l’ont établi Monakow, Déjerine etLong, Méhain, Schlesinger, Probst, les fibres du ruban médian de Reil se terminent, pour le plus grand nombre, dans la face ventrale de ce ganglion.

Quelques-unes des tumeurs occupaient le bras postérieur de la capsule interne ; d’autres siégeaient exclusivement dans la substance grise du thalamus.

On peut d’ailleurs observer d'autres troubles sensitifs que l'hémianesthésie : des paresthésies, des douleurs, des hyperesthésies; mais, dans la grande majorité des cas, il s’agit d’ hyperesthésies et d’ hémianesthésies .

Les diverses modalités de la sensibilité sont plus ou moins atteintes : sensibilité à la pression et au tact (Nothnagel), perte du sens musculaire (Kirilzew), etc.

D’autre part, un bon nombre de tumeurs thalamiques ont évolué sans produire de troubles sensitifs.

2° Par des tremblements spontanés ou intentionnels, par l’hémichorée, par l’hémiathétose, l’iiémiataxie.

Ces troubles de la motilité, attribués aujourd’hui à l’irritation de l'écorce motrice (Massalongo) et des faisceaux pyramidaux1 2, peuvent se rencontrer dans les lésions d’autres parties de l’encéphale. Mais elles ont un degré de fréquence tout particulier , dans celles qui siègent au voisinage des couches optiques. C’est d’ailleurs, ainsi que nous l’avons indiqué, l’opinion de Bruns et de beaucoup de neuropathologistes.

3° Par des troubles sensoriels.

Du côté de l’appareil de la vision, on peut rencontrer des amblyopies. des hémianopsies , bien qu’il semble de plus en plus douteux que le thalamus , et même le pulvinar , jouent un rôle important dans les phénomènes visuels : mais ces troubles s’expliquent par le voisinage du corps genouillé externe -, des tubercules quadrijumeaux antérieurs, et même des bandelettes

1. Massalongo, Origine des tremblements [Bev. neurol., 1903, p. 4oo).

2. D’après Hensehen, le corps genouilté externe innerve les deux moitiés supérieures ou dorsales des rétines, et sa lésion donne lieu à des hémianopsies en quadrant ou à des scotomes permanents ( Neurol . Centralbl., 1898, p. 4S0, et Sem. méd., 1903, p. 12S).

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