‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 153 sur 338 · I. — Notions anatomo-physiologiques · texte numérisé non relu

I. — Notions anatomo-physiologiques

a. Le cervelet (fig. 158) esl un centre nerveux de réflectivité et de tonus musculaire , hors cadre par rapport au reste de l’encéphale, auquel il est appendu par ses trois pédoncules : supérieur, moyen, inférieur. — Il est récepteur d’impressions, pour la coordination des mouvements, V orientation et 1 e maintien de l'équilibre : c’est un organe sensitivo-moteur.

Il comprend un cortex, riche en cellules puissantes (cellules de Purkinge, des couches moléculaire et granuleuse, etc.), sur lesquelles nous n’avons pas à insister. — Il se divise en trois régions lobaires importantes : l'une médiane, celle des ver mis , et deux latérales, celles des hémisphères cérébelleux .

Le cortex est relié, par des fibres de projection (voy. fig. 159), à des noyaux centraux qui lui sont propres, et dont les principaux sont : les noyaux du toit et les noyaux dentelés, de manière à constituer, avec eux, un appareil fonctionnel homogène. — Il en résulte que, si les excitations périphériques arrivent directement à l’écorce (verrais et hémisphères), les réactions propres à l’organe se font par l’intermédiaire de ces noyaux centraux.

Les conducteurs des excitations périphériques et des réactions centrifuges suivent des voies spéciales, dites : voies afférentes et efférentes.

Les faisceaux des fibres afférentes tirent leur origine : 1° de la moelle épinière; 2° du cerveau.

1° Les fibres afférentes médullaires (fig. 159) occupent la périphérie des cordons latéraux et sont représentées : par le faisceau cérébelleux direct ou ascendant , et le faisceau de Gow'ers , qui montent par le pédoncule cérébelleux inférieur jusque dans le cervelet, où elles aboutissent presque exclusivement dans les fibres blanches et les feuillets des vermis supérieur et inférieur. Ces fibres portent au lobe médian cérébelleux des impressions périphériques venant du tronc et des membres. — On sait, d’autre part, que le vermis existe chez tous les vertébrés (poissons, oiseaux, reptiles, etc.), qu’il y est très développé, et qu’il constitue, en quelque sorte, le cervelet fondamental. L’embryogénie démontre qu’il se développe aux dépens de la lame alaire ou sensitive du névraxe. Enfin, la physiologie établit qu'il préside aux fonctions toniques et équilibralrices du tronc et des membres (par l’intermédiaire des noyaux centraux).

NOTIONS ANATOMO-PHYSIOLOGIQUES dS>J

2° Le second groupe de fibres afférentes (fig. 159) descend de la région sensitivo-motrice des hémisphères cérébraux, par la voie pyramidale et par les pédoncules cérébraux, jusque dans es

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Fig. 158. — Faco inférieure (lu cervelet, el nerfs crâniens (Déjorine). — Am g, lobe lonsillaire ou amygdale; — El» éminoncc latérale du lubor cineroum; — Floe, floeoulns ou lobule du nerf pneumo-gaslrique ; — Ef, tige do l’hypophyse; — Ldg, lobe digastrique;

Lgrt lobe grèie; — Lsii, lobe semi-lunaire inférieur; — Oi, olivo inférieure ou bulbaire;

p, pied du pédoncule cérébral ; — Py, pyramide antérieure du bulbe ; — rlV„ diverticule

latéral du IV" ventricule ; — SiV, sillon inférieur de Vicq d'Azyr ; — Spop, sillon post-pyramidal;— ssfl, sillon sous-flocculaire; — Tm, tubercule mamillaire; — Tma, tubercule mamillaire accessoire; — II, nerf optique et son ohiasma (xll) et sa bandelette; — 111, nerf moteur oculuire commun; — V, nerf trijumeau; — VI, nerf moteur oculniro externe; — VII, nerf facial; — VIII, nerf auditif; — lXf nerf glosso-pharyngien ; — X, nerf pneumo-gastrique ; — XI, nerf spinal; — Xll, norf grand hypoglosse.

TUMEURS DU CERVELET

noyaux gris de la protubérance ou Pont; de là partent les fibres des pédoncules cérébelleux moyens, qui, après entre-croisement médian, se rendent dans l’hémisphère cérébelleux du côté opposé. En somme, le pédoncule cérébelleux moyen est une voie d’association entre l’écorce d'un hémisphère cérébral et celle de l’hémisphère cérébelleux opposé , avec interposition d’un neurone dans la substance grise du Pont. Ainsi s’explique l’atrophie d’un hémisphère cérébelleux, en cas de lésion de l’hémisphère cérébral du côté opposé. Par ces fibres afférentes, les hémisphères cérébraux peuvent produire des excitations dans les hémisphères cérébelleux.

Toutes les fibres efférentes (fig. 159) partent des noyaux centraux (noyaux du toit et dentelé), et forment deux groupes : 1» l’un qui descend, par les cordons antérieurs, dans la moelle, et va actionner les cellules motrices des cornes antérieures (faisceau cérébelleux descendant); 2° l’autre, qui se porte en avant, est constitué par le pédoncule cérébelleux supérieur, qui se termine tout entier dans le noyau rouge et le thalamus du côté opposé : de là, il a des rapports indirects avec le cortex cérébral.

A côté de ces systèmes principaux de fibres afférentes et efférentes, il importe d’en indiquer deux autres, qui, bien que moins étendus, jouent un rôle important au point de vue physiologique et clinique (voy. fig. 159) :

1° Le système des fibres vestibulo-cérébelleuses , qui relient au cervelet les noyaux de Deiters et Beciiterew (où aboutissent les fibres des nerfs veslîbulaires), dont la lésion nous expliquera, dans les tumeurs cérébelleuses, la perte d’équilibre et les attitudes pathologiques de la tête et du cou, fonctions auxquelles ces centres président.

2° Le système des fibres optiques cérébelleuses de Brissaud, et oculo -motrices cérébelleuses du même auteur (fig. 159). — Les premières, dont l’origine est encore hypothétique, viennent des radiations optiques de Gratiolet, passent sous le tubercule quadrijumeau antérieur, et, par les pédoncules cérébelleux supérieurs, vont s’épanouir dans l’écorce du cervelet. Leur existence nous offre une explication de l'état vertigineux présenté par certains cérébelleux, et la possibilité de corriger volontairement, et dans une certaine mesure, par Y intermédiaire de la vue, les troubles d’équilibre qui résultent de la perte des fonctions du cervelet. — Les secondes (fibres oculo-motrices cérébelleuses) relient les noyaux des IIIe et VI° paires avec les centres cérébelleux, et nous

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