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NOTIONS ANATOMO-PHYSIOLOGIQUES

Les phénomènes sont plus complexes dans ce dernier cas : car la tumeur n'intéresse pas seulement l'hémisphère oerebrt eux ou elle s’est fixée : son action retentit sur tout le cervelet, sur la moelle allongée, et même sur les hémisphères cérébraux, don l’aggravation et l’extension des troubles observes . 1 asthénie e Yatonie musculaires, et l’ataxie sont plus prononcées, et se mon-

Fig. 160. — Coupe du cerveau moyen, au niveau des éminences des tubercules quadrijumeaux; le noyau rouge (d'après Van Gehuchten et Grasset).

trent d’ordinaire des deux côtés du corps , quoique plus accusées du côté intéressé' .

Le cervelet est, en somme, un centre d’énergie et de renfort 1 2 pour tous les mouvements. — On le compare à un gros ganglion, placé en arrière du centre cérébro-spinal, comme les ganglions rachidiens près de la moelle épinière, qui produit sans cesse de

1. Les exérèses cérébelleuses par intervention chirurgicale ou par traumatismes se rapprochent davantage des faits expérimentaux : car il s agit surtout, alors, de phénomènes de déficit.

2. D’après G. l’agano, le cervelet serait surtout un organe sthénique du système nerveux. Ce réservoir d’énergie serait destiné à renforcer les sensations comme aussi les ordres de la contraction musculaire ( Rivisle di l utli. nervosa , 1902, p. US, et Rev. neurol., 1903, p. 368). Et, dans un second travail, il dit encore que le cervelet est un ovç/ane énergétique pour tous les centres nerveux et l’axe cérébro-spinal : tous les centres nerveux sont sous sa dépendance, et son excitation exalte toutes les fonctions. ( Arch . liai, de Biologie, et lieu, neurol., 1903, p. 618.)

TUMEURS DU CERVELET

l’influx nerveux deslinéà fournir de potentiel l’appareil neuromusculaire, à maintenir son tonus, et, dans une certaine mesure, sa vie trophique. D’autre part, il contribue à fusionner et à coordonner les mouvements musculaires, principalement dans la station, la marche, etc.

Les lésions cérébelleuses, d’après Luciani, produisent :

L asthénie (diminution de l’énergie des contractions);

L 'atonie (flaccidité des muscles);

Et 1 aslasie (trouble de la fonction statique équilibratrice)

Tous ces troubles dynamiques expérimentaux, bien différents de la parésie et de la paralysie, que produisent les lésions cérébrales, nous les verrons apparaître dans la symptomatologie des tumeurs cérébelleuses, sous des aspects et des noms différents : atome musculaire , asthénie, titubation, asynergie, ataxie cérébelleuse, etc.

D après Thomas (1897), le cervelet est un organe annexe des voies de la sensibilité, qui reçoit des excitations périphériques et des impressions centrales; il est, sous l’influence de ces diverses excitations, le siège d’une réaction, qui s’applique au maintien de 1 équilibre, dans les diverses attitudes ou mouvements, réflexes, automatiques, volontaires; c'est un centre réflexe de l’équilibration. Par la méthode des coupes sériées et des dégénérescences, il a étudié le trajet des divers faisceaux nerveux, qui relient 1 écorce cérébrale et la moelle épinière, la protubérance, le bulbe, les centres oculaires , les noyaux acoustiques vestibulaircs, au cortex cérébelleux et à ses centres (corps dentelé, noyau du toit, etc.). Si les mêmes recherches étaient poursuivies, pour les dégénérescences qui accompagnent les tumeurs cérébelleuses, une vive lumière serait projetée sur leur symptomatologie, et la préciserait mieux qu’on ne le peut faire aujourd’hui.

Selon Grasset, Brissaud, Thomas, Déjerine, Bonnier, et surtout Roncali, les fonctions dynamiques et statiques du cervelet sont très influencées par l'action sensorielle; l'ataxie cérébelleuse est beaucoup plus grave, jolus prolongée, chez les animaux auxquels on pratique, ainsi que le prouvent les expériences de Roncali,

1 ablation des globes oculaires ou des canaux demi-circulaires, en

L Depuis longtemps déjà, Luys avait démontré que les lésions isolées du cervelet sont c a raclé risées par un état de faiblesse générale et de dépression des facultés locomotrices : il y a affaiblissement, dysharmonie dans tous les mouvements, sans qu’ils soient jamais complètement abolis : il y a asthénie, mais pas de paralysie.

diagnostic RÉGIONAL : SYMPTOMES cérébelleux 365

même temps qu’on lèse l’hémisphère cérébelleux ou le vermis'.

Ce dernier fait expérimental explique qu en cas de tumeur cérébelleuse, les troubles s’accentuent avec les progrès du néoplasme, qui produit bientôt la cécité, à cause de 1 hypertension cérébrale et de l’hydropisie, toujours très accusées.

H Diagnostic régional : symptômes cérébelleux.

A. — Le syndrome cérébelleux.

La plupart des nosographes décrivent, sous le nom de syndrome cérébelleux, un ensemble symptomatique comprenant comme phénomènes fondamentaux : la céphalée, les vomissements, les vertiges, l’amaurose (si fréquente), et la titubai ion.

Tous ces troubles, sauf le dernier, appartiennent au syndrome commun des tumeurs cérébrales, tel que nous l’avons décrit; et, s’il est vrai qu’en général ils sont, dans les tumeurs cérébelleuses, précoces dans leur apparition, rapides dans leur évolution, et intensifs , ils n'ont rien en eux-mêmes de caractéristique, au point de vue topographique.

Ils se rencontrent, assez fréquemment, avec la même puissance, dans les autres tumeurs de la base, et dans certaines, tumeurs frontales.

D’autre part, il existe un nombre presque égal de tumeurs cérébelleuses, qui ont une évolution lente et tardivement intensive 2.

1. Roncali, in Chipaull, Cliir. nerveuse , 1903, III, p. 310 et suiv. Dans un cas de Masnata, un blessé ayant eu le lobe gauche du cervelet détruit, guérit par trépanation : mais il recouvra très lentement l’équilibre dans la fonction ambulatoire, parce qu’avant l’accident il était aveugle. (Id., p. 358.) — Les expériences décompression de Roncali, toutes artificielles qu’elles soient (il se sert de petits cailloux introduits entre la tente et les lobes cérébelleux), et quoique difficilement comparables, montrent que les elTets en sont généralisés, c’est-à-dire qu’ils portent presque toujours sur les deux côtés du corps, et, le plus souvent, se compliquent de phénomènes parétiques ou paralytiques (par compression des fibres pyramidales). D’autre part, les troubles ataxiques font souvent défaut, ce qui indique qu’ils ne dépendent pas uniquement de l 'action compressive.

2. Oppenheini mentionne un certain nombre de tumeurs du cervelet, sans symptômes , latentes. — Nothnagel s’appuie sur un fait d’Andral et deux cas personnels, où des tubercules n’avaient donné lieu à aucun signe, pour penser qu’on trouverait bien des exemples semblables. La statistique de Bernhardt relève, dans ce genre, les cas d’Ebstein, Cordicr, Couly. 11 est à remarquer que, maintenant, ces cas sont de plus en plus rares. — Taylor a vu un cas de fibro-sarcome du flocculus, sans symptômes. Ogilvicc vit une tumeur de la fosse cérébrale postérieure, ayant comprimé et presque détruit le lobe droit du cervelet, sans aucun signe. Asworlh mentionne deux cas chez des enfants qui avaient joué et couru quelques jours avant leur mort, sans douleurs, et

TUMEURS DU CERVELET

Au point de vue de Y action chirurgicale , il est funeste d’attendre que les manifestations du syndrome se soient accusées.

Les neuropathologistes désignent, sous le nom de syndrome cérébelleux, un ensemble symptomatique plus précis , mais qui ne s’applique qu’en partie à la séméiologie des tumeurs; il est spécial aux lésions de déficit , aux agénésies, et scléroses cérébelleuses. En voici les traits principaux d’après Thomas *.

Il consiste essentiellement en des troubles des mouvements, dans la station debout et la marche; tandis qu’il y a intégrité relative des mouvements isolés des membres , le corps reposant sur un plan horizontal.

Dans la station debout, les membres inférieurs sont écartés, et la base de sustentation élargie; le corps est le siège d’oscillations en différents sens, la tète aussi. — Quelquefois la station debout n’est possible que si le malade prend un point d’appui. Dans cette attitude, le corps et la tète s’inclinent d’un côté ou de l’autre, toujours du même côté, et les membres inférieurs tremblent.

Dans la marche , les oscillations du corps augmentent; le malade s’avance selon une ligne brisée, il festonne. Le corps se porte trop d’un côté ou.de l’autre, il chancelle, il titube : c’est la démarche ébrieuse caractéristique, bien entrevue par Duchenne (de Boulogne).

// n’y a pas cependant d’ataxie, car le malade ne lance pas ses jambes. Les oscillations sont assez étendues pour déterminer des chutes, et la fatigue survient vite.

C’est qu’en effet dans ce cas, comme l’expérimentation l’établit, le cervelet est suppléé, dans sa fonction équilibratrice, par les centres corticaux des hémisphères , qui s’épuisent rapidement.

Pour que le tableau établi par les neuropathologistes soit complet, il faudrait y joindre certains troubles observés, du côté

qui avaient des tubercules du cervelet. Le malade de Macdonald était un niais qui ne pouvait exprimer ce qu’il ressentait. Dans le cas de Leimbach on n’a rien observé, avant l’éclosion de la méningite tuberculeuse. Nous pouvons encore indiquer une observation de PuLnam, où l'atrophie du nerf optique fut le seul symptôme une année durant : l’autopsie démontra une tumeur kystique du cervelet. Ces observations sont tout à fait exceptionnelles, et on peut penser qu’une recherche mieux approfondie aurait découvert quelque chose de particulier dans le fond de l’œil. — Le nombre des cas, où on n’a aucune notion sur le siège de la tumeur, est plus grand encore. Bramwell a rapporté récemment un fait où, malgré quatre tumeurs coexistant dans le cervelet, on ne put trouver aucun symptôme permettant de les localiser dans cet organe. (Taylor, On intmcranials tamors, Lancet, 1886, I, et 1891, I. — Ogilvice, Drain , oct. 1885. — Macdonald, Drain, 1886. — Bramwell, Drain, janv. 1888 et 1898. — Asworlli, Dr il. med. Journ, 1891, 1.)

1. Thomas, Le cervelet : étude anatomique, clinique et physiologique, Th. Paris, 1897.

DIAGNOSTIC RÉGIONAL I SYMPTOMES CÉRÉBELLEUX è&l

des membres supérieurs (tremblements, incoordination, maladresse, écriture tremblée, etc.) et, enfin, du côté de la parole (scansion, lenteur, etc.).

Touche a relaté récemment un bel exemple de ce syndrome cérébelleux, par lésion de déficit (ramollissement des lobules digastrique et grêle de la face inférieure du cervelet) '.

Quand il s’agit de néoplasmes , il convient de procéder autrement que pour les lésions de déficit ; il est nécessaire de passer en revue chacun des signes, qui marque leur siège cérébelleux.

B. Céphalée et signes du syndrome commun. Troubles généraux.

La céphalée occipitale est fréquente et très intense: souvent elle procède par crises paroxystiques, durant parfois plusieurs heures, nocturnes, ou diurnes: elle se présente, en certains cas, huit ou dix fois par jour, et elle prend parfois un caractère atroce. Les crises s'accompagnent fréquemment de douleurs à la nuque, de vomissements, de vertiges.

La percussion , assez souvent, réveille la douleur occipitale, d’une manière assez nette, pour constituer un signe de localisation, non sans valeur. Dans un cas de Rotgans et Winkler, elle s'accompagnait d’un bruit de pot fêlé, dû cà la mobilité et à l’écartement des sutures, par un kyste volumineux1 2.

D’ailleurs, d’après tous les auteurs, les symptômes généraux sonL très accusés, dans les tumeurs du cervelet; les phénomènes de compression sont très précoces et très intenses, et souvent il y a un haut degré d’hydrocéphalie.

D’après Oppenheim la stauungspapille est très fréquente, et se lie dès le début à Yamblyopie, quelque temps après à Y amaurose-, presque toujours les deux yeux sont pris. Il survient aisément une compression du chiasma, par le troisième ventricule dilaté : ce qui expliquerait que, parfois, on observe de l’amblyopie et de la cécité, sans stauungspapille. — On a même vu, dans quelques cas, les troubles de la vue croître rapidement, après des crises de vomissement, ou un examen ophtalmoscopique (Oppenheim).

G. — Raideur de la nuque. Contractures de la tête et du cou. Opislhotonos. — Déviations oculaires conjuguées. — Nystagmus.

La raideur de la ni que, soit au moment des crises, soit, d’une façon permanente, avec attitude forcée de la tète, renversée en

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