‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 163 sur 338 · I. — Attaques épileptiformes. Ictus cérébelleux · texte numérisé non relu

I. — Attaques épileptiformes. Ictus cérébelleux

Les attaques d’ÉPiLEPSiE, quoique relativement rares, ont été signalées dans les cas de néoplasmes cérébelleux : une malade de Marchand, pour une petite tumeur du volume d’une noix, au niveau du lobule pneumo-gastrique, ne présenta d’autres symptômes qu’une série de crises épileptiformes, suivies de délire violent. Je citerai spécialement les faits de Trenel, de Simon, de Raymond, de Touche, de Bernheim, où ce symptôme a été observé2.

Oppenheim dit, avec raison, que ces attaques épileptiformes sont difficiles quelquefois à distinguer de I’hystérie, surtout si on a des convulsions cloniques de la mâchoire et du grincement des dents. Il signale un cas, où les convulsions commençaient par des mouvements d’extension et de flexion des extrémités, semblables à des mouvements volontaires; mais le malade, dont le tonus était intact, déclarait qu’ils étaient involontaires.

Plus fréquents, peut-être, sont les ictus cérébelleux, caractérisés par la défaillance, la 'perte de connaissance , sans convulsions (cas de Trenel, de Raymond, etc. 3).

Brissaud et Rathery ont rapporté récemment à la Société de Neurologie un beau cas d’ictus cérébelleux , d’origine néoplasique, que le premier avait prévu et indiqué. La malade, âgée de trentetrois ans, avait présenté depuis un certain temps de violentes dou-

1. Babinski, Asynergie cérébelleuse (Rev. neurol., 1899, p. 806). — Hémiasynergie et hémi-tremblement bulbo-prolubérantiels (Rev. neurol., 1901, p. 260 et 422). — Équilibre volitionel statique et cinétique (Rev. neurol., 1902, p. 410). — Diadococinésie (Rev. neurol., 1902, p. 1013).

2. Marchand ( Arch . de neurol., 1901, II, p. 269, et Rev. neurol., 1901, p. 784).

— Trenel : Gliome kystique (Soc.ancit., 1898, 338). — Simon : Fillette de 11 ans, masse caséeuse dans l’hémisphère cérébelleux droit (Soc. anaf.,1902, p. 337).

— Raymond (Cliniques, II, 1897, p. 098): Tumeur en 1er à cheval entre le bulbe et le cervelet. — Bernheim, Tumeur du lobe cérébelleux gauche du volume d’un marron; et tumeur du volume d’une noisette, partie moyenne de la face inférieure du cervelet (Rev. méd. de L’Est, 1887, p. 1 et 35). — Touche (Soc. anal., 1902, p. 453, cas II).

3. Trenel et Anlheaume (Arch. de Neurol., 1897, II, p. 1). — Raymond (Clinique et lconoqr. Salpétrière, 1898, p. 213).

DUHET.

TUMEURS DU CERVELET

leurs occipitales , des vertiges très intenses, et enfin des vomissements. Dès qu’elle penchait ou inclinait la tête, les vertiges la prenaient fortement; les objets tournaient autour d’elle, et, pour éviter la chute, elle devait se retenir aux appuis environnants. Irritabilité, asthénie très marquée, diplopie, double névrite optique, mais pas de roideur de la nuque. Après une crise de violentes douleurs occipitales, on la trouva pâle, immobile dans son lit; elle était morte sans que ses voisines se fussent aperçues de rien. A l’autopsie, tuberculome du volume d’un gros marron d’Inde, occupant tout le vermis , et débordant un peu sur le lobe droit cérébelleux '.

J- — Paralysies et contractures.

Les paralysies ne figurent pas dans la symptomatologie de lésions de déficit, exactement limitées aux lobes cérébelleux : elles sont rares, dans celle des tumeurs localisées à la substance cérébelleuse elle-même. On constate plutôt, dans les membres, de Y affaiblissement, de Y asthénie, une impotence progressive , qui peuvent faire croire à une parésie ou à une paralysie.

C’est ainsi que, chez le malade de Trenel (tumeur comprimant le lobe cérébelleux droit et la protubérance), on vit se développer une impotence progressive des membres inférieurs, avec roideur de la jambe gauche, telle que, si on soulevait le malade pour le taire marcher, il se laissait choir, et n’esquissait aucun mouvement de marche (fig. 182, 183). — Le malade de Babé et Martin éprouvait une sensation de fatigue, de faiblesse, dans les membres supérieurs et inférieurs; la marche était impossible; mais il s’agissait « d’une asthénie simple sans paralysie » (tumeur v olumineuse d’un lobe cérébelleux, fig. 179).

Les hémiparésies , les hémiplégies, qu’on a constatées dans quelques cas, tenaient à des compressions de voisinage, et constituaient un phénomène accidentel : dans une de ses observations, Raymond attribue nettement l’hémiparésie à la compression des fibres pyramidales.

Pour un ostéosarcome du vermis, Jacobson et Jamane virent survenir une paralysie presque totale, mais la tumeur, très volumineuse, avait envahi le IVe ventricule. — H. Jackson accuse un kyste du cervelet d’avoir produit une paralysie des muscles du tronc. — Chez un enfant de dix ans, Bernheim observa de la contracture des membres supérieurs et inférieurs, succédant à une

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