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II. — Tumeurs de l’espace opto-pédonculaire

Nous désignons, sous ce nom, des néoplasmes qui naissent aux dépens du chiasma ou des bandelettes optiques, du tu ber cinéréum, de l’infundibulum du IIP ventricule, des tubercules mamillaires, et, enfin, de la lame perforée interpédonculaire.

Il se distinguent des tumeurs précédemment étudiées, en ce que V hypophyse n’est pas intéressée, et qu’on n'observe pas de dystrophies.

En ce qui concerne le chiasma et les bandelettes optiques,

Leszynski a fait observer qu’ils pouvaient être intéressés de quatre manières différentes :

1° Par des tumeurs de l’hypophyse; 2° par des tumeurs communes de la base; 3° par méningites syphilitiques ou gommes; 4° par un processus pathologique localisé, qui amène l’atrophie du nerf, sans papillite *.

Les lésions du chiasma et des bandelettes s’annoncent ordinainairement par des amblyopies, des cécités, des hallucinations v isuelles, et souvent par des hémianopsies de diverses espèces, sur la valeur séméiologique desquelles Raymond a appelé récemment l’attention 1 2 (voir p. 145, fîg. 49).

On peut dire, en résumé, que toute lésion qui désorganise les voies optiques d’un côté, depuis le chiasma jusqu’aux centres corticaux, donne lieu à une hémianopsie homonyme droite, si la lésion est à gauche, et vice versa.

On ne peut donc distinguer une lésion d’une bandelette optique, d’une lésion des centres primaires ou des centres corticaux de la vision d'un côté, que par les phénomènes concomitants (en particulier la cécité verbale, pour les lésions corticales, — et les compressions des nerfs de la base, pour les lésions situées plus bas).

L’hémianopsie, par altération d’une bandelette optique, s accompagne assez souvent d'hémiplégie ou d'hémianesthésie par lésion du pédoncule voisin, et de symptômes de compression, de la IIIe, de la Ire ou de la Ve paire.

Cette hémianopsie homonyme existe dans les tumeurs de Y espace oplo-pédonculaire.

En outre des troubles visuels, hémianopsies et ophtalmoplègies, les tumeurs de l’espace opto-pédonculaire se distinguent encore par l’existence d’une variété de paralysie alterne, dite paralysie de Weber. Les muscles de l’œil (IIIe paire) sont paralysés du côté de la lésion, et la moitié du corps est paralysé du côté opposé (hémiparésie, et, parfois, hémianesthésie).

Comme exemple, je citerai les observations suivantes : Cas de Rosenthal, femme de trente-neuf ans, paralysie de l’oculo-moteur commun gauche, paralysie des extrémités et du facial inférieur à droite, avec anesthésie correspondante, diminution de l’acuité visuelle : à l’autopsie, plusieurs tumeurs, l’une comme un pois, dans le pédoncule cérébral droit, l’autre était un glio-sarcome, occupant la place des tubercules mamillaires. — Cas de Vassal et Le Fort : H. 30 ans, chute quatre mois auparavant suivie d’une

1. Leszynski (Journ. of nerv. ancl mental cleseases, d 900, p. i 35, avec schémas, et Rev. neurol., 1900, p. 1083).

2. Raymond Cliniques , 1903, p. 449, et Arck. de neurol., juin 1902, p. 433).

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hémiplégie gauche, avec l’œil droit dévié. Plus tard, langue, face, et membres paralysés à gauche; l’œil droit a sa pupille immobile et ne se meut qu’en dehors ; nystagmus de 1 œil gauche. En somme paralysie alterne du type T \eber. Trépanation infructueuse, moit un mois après. A l’autopsie, tumeur du volume d une noix au niveau de la couche optique droite , ayant détruit les deux tiers supérieurs du pédoncule cérébral , ayant comprimé et altéré le nerf moteur oculaire commun à droite , et remplissant Vespace interpédonculaire (voir fig. 188). — Cas de Grenet : enfant de quatre ans, accidents méningitiques, convulsions cloniques et toniques,

Fig. 18S. — Tumeur de l'espace opto-pédonculaire (Vassal et Le Forl).

faiblesse par contracture des quatre membres, strabisme, perte de la parole, cécité complète. Autopsie : on trouve une tumeur (sarcome très vasculaire), du volume d’un œuf de pigeon, occupant tout le losange opto-pédonculaire, et remplissant le 3° ventricule; le corps pituitaire n’était pas envahi.

Raymond, dans ses cliniques de 1901 (t. V), a publié un cas intéressant du néoplasme de celle région; mais, en raison de l’adhérence à la dure-mère de la selle turcique, et de la disparition du corps pituitaire , il est difficile de dire s’il s’agit d’une dégénérescence de Y hypophyse, ou d’une tumeur primitive de la substance nerveuse de la région opto-pédonculaire. La nature de la tumeur était celle d’un adénome ou endothéliome kystique. Son évolution eut lieu en deux ans. Elle fut annoncée par des cépha-

lées violentes, des crises syncopales et des vomissements. Les signes de localisation consistèrent : 1° en une atrophie optique droite avec amaurose; 2° en une hémiopie de l’œil gauche : la première annonçait une destruction totale de la bandelette ou du

Fig. 189. — Endolhéliome kystique de la région oplo-pédonculaire et de la selle turcique (Raymond). — La tumeur polykystique a refoulé le chiasma, détruit la bandelette optique droite et la substance grise où se termine le nerf olfactif du même côté.

nerf optique droit; la seconde, une altération ou une compression des fibres internes des mêmes conducteurs à gauche ; 3° il y avait en plus anosmie à droite , par compression du nerf olfactif de ce côté — paralysie incomplète de V oculo-moteur commun à droite , révélée par une mydriase , une immobilité de la pupille insensible à la lumière, et par une insuffisance du droit interne , l’œil étant

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dévié en dehors — et enfin des oscillations, une tendance à la titubation, par compression légère du pédoncule cérébral droit. La figure 189 permet de se rendre compte de l’étendue et du siège du néoplasme.

Nous n'avons mentionné les tumeurs de l’espace opto-pédonculaire que pour les différencier des tumeurs de l hypophyse , dans lesquelles les pédoncules cérébraux sont très rarement intéressés-, car elles ne se prêtent guère à 1 action chiiurgicale

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