Bruns, Arch. cle neurol., -1 894, I, p
2. Krauss, The journal of nervous and mental diseuse, 1898, p. 189 el Rev. neurol., 1898, p. 480. Pékranz (Neurol. Centralhlatt, 1899, p. 202, el. Rev. neurol., 1899, p. 662); Agostini (Rev. neurol., 1899, p. 451); Babinski (Soc. et Rev', neurol., 1900, p. 531, et Thèse Ovanoff, Paris, 1892. avec fig.).
n’est que plus tard que la céphalée, les vertiges, Jes paralysies motrices ou les troubles de la vue, conduisent le malade dans un service de maladies internes ou d’ophtalmologie. Dans certains cas, cependant, les troubles psychiques sont au premier plan, et on dirige les malades vers les asiles d’aliénés... J’ajouterai qu’il en est ainsi pour certains épileptiques, qui ont des tumeurs cérébrales.
Thoma relate, à l’appui de son affirmation, trois faits très suggestifs : une malade présente d’abord des troubles anémiques, quelques attaques syncopales, de la dépression intellectuelle. On pense à la démence, et on la dirige vers l’asile : ce n’est que plus tard, que les symptômes généraux des tumeurs apparaissent. A l’autopsie, on trouva une tumeur dure, du volume d’un petit œuf, née au niveau du trou ovale, ayant envahi la substance blanche du lobe temporal. Une autre femme fut admise plusieurs années avant, et à plusieurs reprises, pour de la mélancolie et de la tendance au suicide; la stupeur, l’amaurose vinrent ensuite; gliosarcome du volume d’une pomme dans le lobe occipital. Dans un troisième cas, une femme de cinquante-deux ans entra pour des idées délirantes, des idées de persécution, des douleurs... puis survinrent des vertiges, des vomissements, de l’ictère, de l’élévation de température; tumeur du cervelet du volume d’un œuf '.
S. West vit une tumeur du volume d’une noisette, située à la face externe du noyau lenticulaire, avoir comme symptômes initiaux des troubles sensitifs du bras et de la face : la malade devint plus tard hémiplégique, et perdit la vue par névrite optique U
Une tumeur de la dure-mère, du volume du poing, exerçant une compression sur la région inférieure des deux circonvolutions centrales, détermina des attaques et des parésies dans la face, la langue et les membres; un an après , la céphalée s’installa, et on constata une dilatation de quelques veines rétiniennes 1 2 3.
Vægelin rapporte un fait, qui se rapproche de ceux qui ont été cités par Thoma : une femme de trente-six ans fut atteinte pendant plusieurs années de délire religieux, d’hypocondrie, eut des vertiges et des attaques syncopales : elle mourut huit ans après , et on trouva une tumeur de l’hypophyse du volume d’un œuf de poule4.
Une jeune femme présenta une atrophie considérable de la
1. Thoma d’Illenau ( Congrès delà Soc. psych. allemande , Arc h. de neurol., 1897, I, p. 403).
2. S. West (Brain, 1895, et Arch. de neurol., 1897, I, p. 59).
3. Syme ( Austral . med. Journ., 1895, p. 60, et Rev. neurol., 1895, p. 475).
4. Vægelin {Allg. Zeit. fur Psych. et Rev. neurol., 1898, p. 108).
langue, de l’aphasie par paralysie des cordes vocales, des troubles de la déglutition; quelques semaines après , l’examen ophtalmoscopique permit d’affirmer l’existence d'une tumeur *.
Un tubercule de la couche optique du volume d’une noisette, observé par Démangé et Spillmann, se manifesta, au début, par des crises d’épilepsie jacksonnienne, puis, par de l’hémiplégie avec contracture, et de l’hémianesthésie : dans les derniers mois seulement, survinrent des signes d’atrophie papillaire 1 2.
Nous trouvons encore, dans la Revue de neurologie, deux cas de tumeurs (gliome, tubercule) de la couche optique, relatés par Miura, qui eurent une évolution symptomatique à peu près semblable 3.
Enfin, dans certaines circonstances, non absolument exceptionnelles, le syndrome mérite le qualificatif de syndrome tardif ; car le néoplasme a accompli presque entièrement son évolution, ou existe depuis longtemps, lorsqu'il survient ; la céphalée ordinairement si précoce, l’œdème papillaire, sont pour ainsi dire des phénomènes terminaux .
A l’appui de cette proposition, je citerai : les faits de.Beevor et Ballance (ablation d’un sarcome du volume d’une orange, ayant, sept mois avant l'apparition de la céphalée et de. la névrite optique, déterminé une hémiplégie progressive; guérison), — de Bouchaud (tumeur gliomateuse sous-corticale; à quinze ans, accès de monoplégie brachiale fugace, et, quinze ans plus tard, accès convulsifs), — de Bruns (tumeur du lobe frontal dans la substance blanche; apathie et somnolence, apparition tardive de la stase papillaire, à l'approche de la mort), — d’Estèves (kyste hydatique du lobe frontal; la céphalée et les vomissements, en même temps que les convulsions, se manifestent d’abord, puis l’hémiplégie; la névrite optique fut tardive-, trépanation, guérison;, — de Carie et Pescarolo (tumeur du volume d’un œuf extirpée sur F3; début par aphasie et convulsions; plus tard, douleur frontale, plus accentuée à gauche, et névrite optique), — de Dévie et Ch. Gauthier (gliome kystique sur la moitié postérieure du lobe ironta! et la partie antérieure du lobe sphénoïdal; la céphalée et les vomissements apparaissent seulement, les derniers jours avant la mort; jamais de papille étranglée), — de Becker (gliome du troisième ventricule; atrophie papillaire sans étranglement; céphalée tardive)'.