Touche (Soc. méd. des Hop., 1902, p
duhkt.
DIAGNOSTIC
Il y a des hydrocéphalies tardives qui ont une évolution très insidieuse , comme dans un cas de Senna, qui l’observa chez un homme de trente-quatre ans ayant eu, jusqu’à l’âge de dix-sept ans, un développement physique et intellectuel régulier, et qui, à partir de ce moment, offrit des symptômes simulant ceux d'affections graves des centres nerveux (abcès, tumeurs, sclérose en plaques) h
Vhydropisie ventriculaire et arachnoïdienne , ainsi que l’évolution progressive et intermittente s’expliquent, dans nombre de cas, par les lésions trouvées à l'autopsie (épendymite ventriculaire, aiguë ou chronique, péri-artérite des petits ou gros vaisseaux, hypertrophie des plexus choroïdes, phlébite des sinus, oblitération de l’aqueduc de Sylvius par épendymite, fermeture du trou de Magendie par des plaques néoformées, ou par accolement du cervelet à la moelle cervicale 2.
Ces leploméningites de l’enfant, et même de l’adulte, ont leur cause primordiale dans Y infection. Celle-ci est souvent congénitale, et survient chez la mère pendant la grossesse (Haushalter et Thiry, Gabail, etc.)- Celle-ci a été atteinte de variole, de pneumonie, de fièvre typhoïde ou de grippe, de tuberculose; et il en résulte, pour le fœtus, une lésion méningitique localisée, qui engendre l’hydrocéphalie3. — Chez l'enfant, le point de départ de l’hydropisie encéphalique est assez souvent une gastro-entérite infectieuse, comme l’établit l’observation remarquable de Merklen et Devaux. Leur petit malade eut des crises convulsives et des symptômes méningés, qui cédèrent au traitement; mais, plus lard, il présenta les signes de l’hydrocéphalie et tomba dans le gâtisme : par la ponction lombaire, on retira un liquide, qui sortit sous tension accusée, et qui contenait d’abondants lymphocytes, preuve de l’irritation méningée.
D’ailleurs, Noircali avait déjà démontré que, lorsqu'on leur injecte le liquide recueilli des espaces arachnoïdiens des enfants atteints de méningite séreuse ou d’hydrocéphalie, on détermine chez les animaux des méningites à streptocoques et à staphylocoques 4.
1. Senna (Gaz. degli Ospedali, 1896, et Rev. Neurol., 1896, p. 439).
2. Voir Bourneviile et J. Noir (toc. cil.). — D’Astros, Les Hydrocéphalies, Steinheil, 189S. - Cervesalo ( Policlinico , 1897, et Rev. Neurol., 1S97, p. 482). — Claisse et Lévi (Soc. Anat., 1897). — O. Carroll, Hydrocéphalie avec fermeture de l’espace de Magendie ( Dublin Journ. of med. Sc., 1894, p. 273, et Rev. Neurol., 1893, p. 13). — Neurath, id. (Rev. Neurol., 1896, p. 186).
3. Haushalter et Thiry (de Nancy), Rôle de l'infection dans l'hydrocéphalie ; infection de la mère (Rev. de Méd., 1897, p. 624). — Gabail (Hydrocéphalies congénitales d’origine infectieuse (Th. Paris, 1902).
4. Noircali (Policlinico, 1894, et Rev. Neurol., 1893, p. 40). — Merklen et Devaux (Gaz. hebd., 1902, p. 289).
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
La cause la plus puissante de l’hydrocéphalie pathologique et même tératologique est l’hérédo- syphilis. Comme l’établit le mémoire remarquable de M. SolovtzolT, dans l’ Iconographie de la Salpêtrière, en 1899, Y hydrocéphalie et Yhydromyélie sont l’origine d’un grand nombre de difformités congénitales du système nerveux central (transformation des hémisphères en vésicules creuses, absence de diverses parties, etc.); ces hydropisies étendues sont le résultat de Yartérile syphilitique et de l’exsudation séreuse qui en résulte; on trouve d’ailleurs, sur les os et les viscères, des traces accusées de Y hérédo- syphilis. Quand l’hydrocéphalie n’est pas tératologique, on rencontre encore de l’infiltration embryonnaire suivie de prolifération fibreuse , localisée aux plexus choroïdes , à Yèpendyme , aux artères des noyaux optosiriés, etc. Ainsi s’explique l’heureux résultat du traitement antisyphilitique, comme dans les cas relatés par Audéoud, par Chavialle, et comme nous l’avons constaté nous-même dans deux observations personnelles1.
Dans certains cas, surtout chez / adulte, on peut observer la coexistence d’une encéphalite aiguë, suite d’une lésion localisée, avec Y hydrocéphalie. Les deux phénomènes sont tantôt simultanés, tantôt successifs : alors, il y a mélange des symptômes de 1 affection cérébrale et de ceux de l’hydropisie : hémiplégie, aphasie, et symptômes ordinaires de l’hydrocéphalie. Seule, l’histoire clinique du malade peut nous apprendre si les symptômes de foyer sont apparus les premiers, et s’il s’agit d’une hydropisie aiguë, secondaire. C’est ainsi que, dans un cas, Oppenheim a vu une méningite séreuse succéder à une encéphalite aiguë, dans le cours d'une otite purulente chronique. Gerhardt a communiqué au Congrès de Baden-Baden trois observations d’hydrocéphalie chez l’adulte, s’étant manifestées subitement à la suite de processus inflammatoires2 3.
Un comprend combien il est difficile d’établir le diagnostic diflérentiel de ces hydropisies secondaires. La présence d’une grande abondance de lymphocytes, dans le liquide céphalo-rachidien, pourrait faire penser à une méningite séreuse secondaire : il y aurait aussi augmentation de l’albumine (ICrünig) s.
En somme, on distinguera Y hydrocéphalie pure, de Yhiydrocéphalic secondaire, qui accompagne les tumeurs (surtout chez les
1. SolovtzofT (Soc. de Neurol., Moscou, 1898, el Ieonogr. Salpétrière, 1899 p. 37). - Audéoud (Suisse romande, 1899, p. 81). - Chavialle, Du traitement specifir/ue dans les hydrocéphalies, th. Paris, 1993.