‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 202 sur 338 · SOI · texte numérisé non relu

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Les troubles visuels, dans la sclérose en plaques , sont toujours transitoires , et relativement peu accusés, bien qu’on puisse observer une cécité passagère; il y a décoloration de la papille , souvent partielle, plutôt qu’œdème vrai et atrophie. — Toutefois, il faut retenir, avec Bruns et Stolting, que les troubles visuels sont fréquents au début de la sclérose en plaques, et précèdent souvent les autres symptômes de la maladie b

Les tumeurs encéphaliques qui prêtent le plus à confusion avec la sclérose en plaques sont celles qui occupent le tronc cérébral (pédoncules, tubercules quadrijumeaux, protubérance, bulbe) et le cervelet. Dans ces cas, on peut voir survenir, outre les tremblements intentionels : des vertiges, du nystagmus, des paralysies des mouvements associés des yeux, de l’incoordination et de la démarche ébrieuse, de la paralysie spasmodique des membres, etc., phénomènes qui s'observent aussi dans la sclérose disséminée2 ayant produit des lésions bulbo-protubérantielles.

L’embarras de la parole (lenteur et scansion, dysarthrie), les troubles de la déglutition, et tous les si/mplômes d'une paraljsie bulbaire progressive , peuvent se rencontrer dans les deux états pathologiques. — Raymond, dans une de ses leçons cliniques, étudie un cas de ce genre, chez une jeune femme; et, en raison du caractère nettement spasmodique de la paralysie, de la marche très lente de la maladie, des variations d’intensité marquées, parfois avec rémissions, conclut à l’existence de plaques de sclérose. Il y avait pourtant une parésie des Ve et VIIe paires, qui eussent pu faire pencher le diagnostic, vers une tumeur parabulbaire 3.

D ailleurs, Touche a observé aussi la parole scandée, le nystagmus, le tremblement intentionnel, la paralysie spasmodique, les mouvements choréiformes, dans des ramollissements du cer- \elet; et Babinski lait remarquer que ce sont là des symptômes bulbo-cérébelleux, qui se rencontrent aussi bien dans les ramollissements cérébelleux que dans la sclérose en plaques, ou dans les tumeurs b

I Rruns et Stolting (3 tonal, f. Psych., 1900, p. 184, et Rev. Neurol., 1901, p. i). - Quand, chez un homme encore jeune, on voit survenir des troubles visuels papillaires, il faut penser à la sclérose en plaques, au tabes, à une tumeur cerebrale, à une névrite toxique, ou à de l’hystérie.

2. Raymond a relaté, ces temps derniers, un beau cas de paralysie des mouvements associes des globes oculaires produite par une large plaque de sclérose entourant V aqueduc de Sylvius , au niveau des noyaux le la 7? paire £

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.(.Raymond, Tumeur du bulbe ou sclérose en plaques ? (Cliniques V 1901 p. 1 6 J). — Voir aussi Bour.haud ( Arch . gén. de méd., 1900, p. 332). ’ ’

et4BnS<ii%eeSTivSC^/0Se1 n” Pâques cérébelleuse et ramolissements, et Babinski (Soc. de Neurol, et Rev. Neurol., 1900, p. 149).

DIAGNOSTIC

Enfin, dans un autre cas, pour une plaque de sclérose occupant le noyau lenticulaire et le noyau caudé, Touche vit apparaître : un rire spasmodique très prononcé, la perte progressive de la parole, l’écoulement de la salive, des troubles delà déglutition, des tremblements choréiformes, du nystagmus, des phénomènes hémiplégiques, bref des symptômes associés de paralysie pseudobulbaire cérébrale. — Nous avons signalé l’existence possible de troubles semblables dans les tumeurs de la région des noyaux infra-corticaux (voir p. 336)

Les troubles de la sensibilité sont nuis ou peu accusés dans la sclérose en plaques , et n’existent qu’à un faible degré sous forme d’hypoesthésies1 2.

L 'affaiblissement intellectuel est fréquent; et, parfois, il existe, comme pour les néoplasmes, des troubles mentaux (émotivité exagérée, idées de persécution, mégalomanie, démence, etc. 3).

11 y a, en définitive, de plus grandes analogies symptomatiques entre les tumeurs encéphaliques et la sclérose en plaques, qu’on ne le pense généralement; et les caractères spéciaux des tremblements ne suffisent pas toujours à distinguer les deux affections.

On admettra plus particulièrement l'existence d'un néoplasme lorsqu’on constatera : une céphalée intense , des vomissements, de la stauungspapille, et de la torpeur cérébrale, symptômes qui ne s’observent pas, au même degré , dans la sclérose en plaques.

Au contraire, les troubles dysarlhriques et les tremblements sont plutôt du domaine de cette dernière maladie , qui d’ailleurs a une durée assez longue (de six à dix ans, ordinairement).

Enfin, le cyto- diagnostic du liquide céphalo-rachidien dans la sclérose en plaques , d’après Carrière, montre de nombreux lymphocytes et des polynucléaires. — Il n'en est pas ainsi dans les cas de tumeur non compliquée de méningite, ou de troubles hystériformes simulant la sclérose4.

La paralysie générale (périencéphalite diffuse) semble facile à distinguer d’un néoplasme cérébral : les idées de grandeur, le délire ambitieux ou hypocondriaque avec un fonds de démence, le tremblement ténu des mains et des membres, le tremblement

1. Touche, Sclérose en plaques à forme bulbaire (Soc. et Rev. Neurol., 1901, p. 64S).

2. De Golhard, Chadock et Raymond, Troubles de la sensibilité dans la sclérose en plaques (Rev. Neurol., 1902, p. 652).

3. Lannois, Troubles psychiques dans la sclérose en plaques (Rev. Neurol., 1903, p. 876).

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