‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 204 sur 338 · Voir p. 199 et 203 de cet ouvragej · texte numérisé non relu

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3. Gianelli ( Boliclinico , 1S97, et Rev. Neurol., 1898, p. 11). Voir Lobe frontal, p. 174.

4. E. Cornu ( Iconor/r . Salpétrière, 1904, p. 107. Voir cet ouvrage, p. 203, en note).

5. E. Savage, Paralysie générale simulant une tumeur cérébrale [Arch. de Neurol., 1891, 1, p. 122).

6 Marandon de Montyel, Du réflexe lumineux de là paralysie générale [Gaz. des Iidp., 1902, p. 289).

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

L’œdème papillaire des néoplasmes , avec ses caractères si nets, si précis, diffère quelque peu des décolorations inégales et irrégulières de la papille, chez les paralytiques généraux.

Enfin, l’évolution par périodes, par poussées avec rémissions plus ou moins complètes, de la paralysie générale, ne ressemble pas à la marche progressive des néoplasmes.

La cytologie du liquide céphalo-rachidien, chez les paralytiques généraux, constitue un bon élément du diagnostic, mis en lumière, dans ces derniers temps, par les recherches de Widal, Sicard, Ravaut, Monod, etc. D’après ces auteurs, on y trouve en abondance des lymphocytes et des éléments figurés, qui indiquent l’irritation méningée. Joffroy et Mercier disent que la présence de nombreux éléments blancs permet un diagnostic précoce, et Babinski regarde la lymphocytose rachidienne comme un des signes les plus communs de la paralysie générale. Seuls Achard et Grenet, Regis, Marie et Duflot ont cité des exceptions qui tiennent peut-être à une différence de technique b

Le diagnostic entre la paralysie générale et les tumeurs encéphaliques est surtout difficile lorsqu’il y a coexistence d’une néoformation syphilitique , d’une gomme par exemple, qui précède la péri-encéphalite diffuse et produit des symptômes localisés , par exemple une monoparésie, une aphasie, une névrite optique, des paralysies oculaires, de l’épilepsie jacksonnienne : mais, dans la syphilis, il y a absence de l’hypoalgésie, des troubles de la parole et de l’écriture, qui se rencontrent chez les paralytiques généraux. De plus, la débilité mentale est moins accusée, moins régulièrement progressive. Enfin, le résultat favorable du traitement antisyphilitique fournit un signe différentiel important2.

G Psychoses.

La Folie, sous ses différentes formes, n’est pas rare dans les néoplasmes cérébraux. Nous avons signalé ce fait, à propos des troubles intellectuels observés dans les tumeurs. Nous avons dit que la démence en était la forme la plus fréquente; ordinairement lente et progressive, elle suit le néoplasme dans son évolution.

Mais, quelquefois, elle est primitive, et le malade, avant toute manifestation du néoplasme, a une période d’inquiétude,

1. Widal, Sicard, elc. (Soc. dns Ilôpit., 1901, p. 31, et lier. Neurol., 1901, p. 334). — JolTroy et Mercier ( Conr/rès de Grenoble et Rev. Neurol., 1902, p. 823- 827). — Achard et Grenet (Rev. Neurol., 1903, p. 299). — Babinski (id., 1903, p. 34).

2. Voir Klein, Du diagnostic différentiel de la paralysie générale avec la pseudo-paralysie générale syphilitique de Fournier ( Monat . f. Psych., 1S99 p. 451, cl Rev. Neurol., 1900, p. 848).

DIAGNOSTIC

d’anxiété, de confusion mentale, plus ou moins aiguë, d’excitation maniaque, suivie ou non d’un état de dépression. Plus tard le diagnostic est éclairci, parce qu’tm des signes du syndrome des tumeurs cérébrales fait son apparition.

Nous avons aussi indiqué que la démence est l’effet, selon Raymond et son élève Grandguillot, de la destruction, par le néoplasme, des fibres commissurales, courtes et longues, qui relient entre eux les différents centres psychiques : aussi s’observet-elle surtout lorsque les tumeurs occupent les lobes frontaux , leur centre blanc, et la partie antérieure du corps calleux l.

Toutefois, il existe d’autres causes d’aliénation mentale, dans les néoplasmes encéphaliques; la toxi-infection détermine des altérations cellulaires dans l’écorce, bien étudiées par Maurice Faure, et tout à fait comparables à celles qu’on rencontre dans les autres formes de folie.

D’après Thoma, bien des troubles mentaux 2, qui apparaissent chez les malades porteurs de tumeurs cérébrales, sont le fait de la prédisposition et de l’hérédité. Un grand nombre d’entre eux sont dirigés Arers les asiles d’aliénés, parce que les troubles mentaux sont au premier plan. Mais s’il existe, en même temps, des céphalalgies violentes , persistantes (Nelson Teeter); s’il survient des vertiges , des parésies, et des troubles de la parole, il faut penser à l’existence possible d’un néoplasme.

Nous avons, d’autre part, insisté sur ce fait que, très souvent, les troubles mentaux masquent les signes de syndrome, ou les atténuent. C’est chez les aliénés qu'on observe le plus grand nombre de tumeurs cérébrales dites latentes.

L’épilepsie est une des manifestations les plus communes des néoplasmes encéphaliques; puisque, d’après Hirt, on la rencontre dans 50 p. 100 des cas. Mais il est souvent difficile de savoir si elle est sine materia, et, cependant, elle peut être longtemps, parfois

1. Goodall et Maclulich, examinant le cerveau de 23 aliénés, ont trouvé : que l’atrophie des fibres à myéline était surtout marquée dans le lobe frontal et dans le lobe temporal : les couches tangentielles et superradiaires étaient les plus affectées. ( Brain , 1900, p. 545, et Rev. Neurol., 1901, p. 465.)

2. D’après Thoma, l’apparition du syndrome des néoplasmes encéphaliques est précédée par des phénomènes prodromiques : dépression, irrascibilité, inaptitude au travail, incapacité de penser. — Les formes d’aliénation qu outre la démence on a observées sont : la mélancolie, la tendance au suicide, les idées de persécution, le délire religieux, etc. Une malade de Voegelin eut, pendant plusieurs années, du délire religieux, hypocondriaque, quelques vertiges, des attaques syncopales, pour une tumeur de l’hypophyse du volume d’un œuf de poule.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL dU7

jusqu’à huit ou dix ans, la seule manifestation d’une tumeur endo-crànienne.

On pensera qu’il s’agit d’une épilepsie essentielle si 1 attaque est profonde, s’il y a un début brusque, foudroyant, avec cri initial, perte de connaissance, chute immédiate, roideur tétanique, convulsions toniques et cloniques, morsure de la langue, écume sanguinolente, miction et défécation involontaires, état stei toi eux, amnésie, hébétude, et tous les phénomènes post convulsifs très connus. — Mais il n’est pas démontré que, parfois, les tumeurs cérébrales ne déterminent pas de véritables crises d épilepsie essentielle, quoique ce soit l’exception *.

A côté prend place l’épilepsie généralisée d’emblée, qui ne diffère de la précédente que parce que le malade reste conscient, et qu il y a absence de troubles des viscères profonds : elle existe, assez fréquemment, dans les tumeurs d’évolution ancienne et difluses.

Nous rappellerons que, dans les tumeurs cérébrales, on observe le plus souvent des crises d 'épilepsie Bravais-jacksonnienne, c'està-dire motrice et partielle, sans perte de connaissance, avec aura prémonitoire, lentement progressive des extrémités à la racine des membres, s’étendant à une moitié du corps avant de se généraliser. L’ordre et la progression des convulsions est celui de la disposition topographique des centres corticaux : elle est suivie généralement de paralysies transitoires, occupant le siège des convulsions primitives.

Lorsque l’évolution des crises suit cet ordre régulier, on peut penser à un néoplasme occupant la réyion motrice.

Lorsqu’il s’agit de tumeurs limitrophes ou lointaines, de tumeurs des parties basales, l’ordre d’apparition et de succession des crises est plus irrégulier, plus diffus : elles sont plus rapides, plus confuses, et aussitôt généralisées. Souvent, elles ne sont pas suivies de paralysies post-paroxystiques. (Voir cas de Marcel Labbé, p. 184.)

Cependant Raymond admet que l'épilepsie partielle peut se produire avec des lésions ayant un autre siège que la région motrice , et, parfois, les paralysies qui les suivent peuvent faire croire à une lésion qui n’existe pas.

Chipault attribue surtout de l’importance aux crises jackson-

I. L’épilepsie essentielle, sine materia, ne s'accompagne pas d'une céphalée aussi intense que celle des lumeurs. Voir, pour les cas d’épilepsie essentielle ou généralisée dans les tumeurs, p. 85 (faits de Brissaud, de Massary, etc.).

DIAGNOSTIC

niennes, qui s’accompagnent de la perte du sens stéréognoslique ou significatif de la main, et prétend qu’alors le siège du néoplasme est frontal, para-rolandique, et qu’il faut faire une trépanation fronto-pariétale. — Nous croyons qu’il y a là une confusion, et qu il ne faut croire au siège frontal des tumeurs que s’il existe de Vasgmbolie-taciile ; ce qui indique une participation de la région psychique. L’astéréognose est plutôt le fait d’une altération des régions pariétales. (Voir Tumeurs frontales et tumeurs pariétales, p. 170 et 249).

Miraillé, dans un article du Progrès médical , a réuni un certain nombie d exemples, où des tumeurs frontales ou des gommes avaient déterminé des crises d’épilepsie jacksonnienne. "

Nous avons déjà interprété ces faits, et rapporté le cas de Dieulafoy, qui a été le point de départ de la célèbre discussion de l’Académie de médecine, en 1901. (Voir Troubles moteurs dans les néoplasmes cérébraux, Convulsions et Épilepsie, p. 85, et Tumeurs de la région rolandique, Causes d’erreur, p. 216). Nous axons d ailleurs cité nombre d’exemples de crises jacksonniennes, pour des tumeurs des lobes frontal, temporal, pariétal, et, même, du cervelet '.

Les recherches toutes récentes de Boué et Drivet, sous l’inspiration du professeur Pitres, sur la localisation des lésions provocatrices de l’épilepsie jacksonnienne, montrent : 1° que l'épilepsie jacksonnienne, ci début brachial , indique, dans 92 p. 100 des cas, un siège de la lésion dans la région rolandique ou pararolandique (assez souvent elle occupe Fa, ou F1 et F’, au voisinage de la région motrice, et quelquefois la partie antérieure du lobe frontal (2 cas) ; 2" que le début facial ou crural indique aussi, dans 92 p. 100 des cas, un siège rolandique ou para-rolandique; mais, quelquefois, la lésion occupait F2, F3, ou T', Pa, P1, et même le cervelet. En somme, c’est à peu près la confirmation de la doctrine classique.

U faut, pour le diagnostic localisateur, attribuer la plus grande importance au siège de l’aura et de la paralysie consécutive 2.

\. Raymond, Discussion à la Société de Neurologie, et Chipault, ici. (in Rev. Neurol., 190], p. 1219). — Miraillé (Progrès iriédical, 12 mai 1902). — L. Marchand, Epilepsie et tumeur du lobule pneumogastrique du cervelet (Congrès des neurologistes, in Rev. Neurol., 1901, p. 784).

2. Roué et Drivet, th. Bordeaux, 1902-1903 (Rev. Neurol., 1903, p. 622 et 1032). Dans un cas récent de van Gehuclitcn, l’aura indiquait manifestement le centre du bras; par la trépanation, on tomba sur une poche kystique de 6 centimètres, au lieu supposé, et, après la guérison, les attaques cessèrent complètement ( Journal de Neurol., 1900, et Rev. Neurol., 1900, p. 993). .

Il existe pourtant quelques cas très rares d’épilepsie jacksonnienne, sans lésion apparente à l’autopsie; tel le fait récent de Soutlar Mackendrick : le

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL 509

Les crises cl’épilepsie partielle, lorsque leurs caractères cliniques sont bien accusés, constituent, en définitive, une indication, ordinairement suffisante en pratique, pour le choix du lieu de l'intervention chirurgicale.

Uépilepsie des tumeurs n’est point toujours motrice; elle est parfois précédée d’une aura sensitive, sensorielle , psychique , vasomotrice, etc.; quelquefois même, elle est uniquement sensitive ou

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