MALADIES GÉNÉRALES
Nous dirons que c’est souvent la violence des crises et la rapidité d'évolution qui doivent plutôt détourner le clinicien de cette hypothèse.
Pour éviter l’erreur, il importe de procéder à une analyse méthodique des laits.
L 'examen ophtalmoscopique, parfois difficile, vu l’état des malades, montrera une névrite optique, plutôt qu’un œdème papillaire, et les plaques blanchâtres ou sanguinolentes de la rétinite albuminurique.
Il est des cas cependant où la similitude est très grande; et le tait indiqué par Dey], que dans la papilli te albuminurique les pulsations des artères rétiniennes sont visibles, est rarement suffisant.
Il faut tenir compte de l’état de la langue, souvent saburrale {langue rénale ); deé troubles respiratoires, revêtant le type asthmatique, ou de Cheyne-Stockes; des troubles gastro-intestinaux.
Mais, avant tout, il importe de faire un examen soigné des urines, et d’y rechercher les signes de la néphrite (cylindres, albumine, etc.). D’autre part, on pourra constater des œdèmes localisés des paupières, de la face, et des autr» s parties du corps.
Dans certaines formes de néphrite interstitielle, où le taux de l’albumine est minime, on restera, parfois, hésitant; l’auscultation du cœur, où l’on constatera le bruit de galop; des poumons, dont la base sera œdématiée; l’examen du pouls, souvent petit, filiforme, et les autres symptômes, pourront aider à se faire une opinion exacte.
Notons qu’on rencontre, parfois, un peu d’albumine, dans les cas de néoplasmes cérébraux; mais, en général, la quantité en est faible, et sa présence, intermittente.
Nous avons insisté, plus haut, sur le diagnostic de l’épilepsie jacksonnienne urémique1.
L 'encéphalopathie saturnine a plus de fixité et moins de violence que celle des néoplasmes; les vomissements et les vertiges sont rares, la torpeur cérébrale souvent absente; la paralysie des extenseurs, le liséré plombique, la rétraction du ventre, la constipation opiniâtre, l’anamnèse, aideront à reconnaître l’origine des accidents.
L’alcoolisme produit de l’agitation maniaque, du délire, de la céphalée, parfois des congestions cérébrales et du coma. Seules
I. On peut en rapprocher les faits d'épilepsie et de méningisme uricémiques, observés par Carrière, chez les enfants de souche arthritique, dont le sang, les urines et le liquide céphalo-rachidien contiennent un excès d'acide urique ou d’urates. (Arch. r/éti. de médecine , 1903, p. 641.)
DIAGNOSTIC
ses lésions papillaires prêtent à confusion; mais elles se caractérisent par un scotome central , tantôt complet, tantôt seulement pour le rouge et le vert. D’ailleurs, les troubles ont une évolution aiguë.
La même marche rapide existe dans les phénomènes cérébraux
du DIABÈTE, du RHUMATISME INFECTIEUX, de l’iNFLUENZA. — Cette
dernière maladie détermine parfois, avons-nous déjà dit, une névrite optique , de nature infectieuse '.
L’artério-sclérose cause parfois des troubles, qui, à un examen superficiel, peuvent être attribués à une tumeur cérébrale : il y a de la céphalée, des vertiges, des convulsions, du ralentissement du pouls, des vomissements et, quelquefois, de la stupeur, surtout quand les reins sont altérés; mais on n’observe guère, ni la stauungspapille, ni la névrite optique. Si on a parfois un peu de stupeur, il ne s’agit pas de celle de la compression cérébrale, avec son intensité croissante, paroxystique. Les signes de foyer s’installent tout d’un coup, dans une attaque apoplectique, tandis qu’ils se produisent progressivement, s’il s’agit d’une tumeur.
L’âge du patient, l’état du cœur, des artères, sont d’un grand secours. Ajoutons que l’artério-sclérose n’exclut pas le diagnostic de tumeur (Oppenheim).
Il nous faut dire, enfin, quelques mots de la ci-ilorose et des anémies graves.
Elles s’accompagnent, quelquefois, de stauungspapille, dans les degrés avancés de la maladie, et peuvent même, dans quelques cas, donner lieu à de la céphalée, à des vertiges et des vomissements, phénomènes susceptibles d’en imposer un instant.
Quelques auteurs, Crawford, Thomson, Burton, Fanny, Tolly, Enghelmann, ont publié des cas où, dans l’anémie grave, existait non seulement de la névrite optique, mais encore d’autres symptômes cérébraux prononcés qui disparurent avec l’anémie. D’après Gowers, le diagnostic se fait grâce à l’action des médicaments et du repos, du fer, du quinquina, etc.
Chez une femme anémique, qui était dysménorrhéique et souffrait de céphalées intenses, quelquefois avec ralentissement du pouls, Oppenheim trouva une névrite optique : mais l’évolution
1 . Nous avons vu succomber à des accidents cérébraux un de nos conirères, jeune encore, qui eut une névrite optique très accentuée, reconnue par un oculiste, qui amena en quelques mois une cécité complète : il fut impossible de trouver une autre cause à cet état pathologique, qu’une violente attaque d’influenza.
DIAGNOSTIC TOPOGRAPHIQUE
lui prouva que ces phénomènes étaient liés à des troubles de la circulation, survenant pendant les règles, sous 1 influence de l’anémie. La méningite séreuse joue peut-être un rôle dans ces circonstances. — Chez une autre malade, le même clinicien se trouva en présence d’un diagnostic difficile : très anémiée à la suite d’un cancer du sein, elle présenta la triade : céphalée, vomissements, névrite optique. Comme la pauvreté du sang ne suffisait pas à expliquer ces accidents, et que les médicaments et le repos demeuraient sans résultat, il diagnostiqua une métastase : l’autopsie lui donna raison.