Kocher (Dent. Zeit. f. Chir., 4893, et Au
DUnET.
vray, Thèse, 1890, p. 307).
DIAGNOSTIC
sur ces cas de porencépiialie traumatique, ordinairement d’origine infantile'.
Dans l’évolution de tous ces htjsles traumatiques , on relèvera plusieurs phases : iu l’une, primitive, qui est celle de l’accident, et qui s’est caractérisée par des phénomènes de commotion ou de contusion cérébrale; — 2U l’autre, secondaire, qui est représentée ordinairement par des crises épileptiques et, souvent, par une hémiplégie spasmodique ; — 3° la troisième indique la présence du kyste, et se révèle par des symptômes d'hypertension intra-crânienne, assez semblables à ceux des néoplasmes vrais. Mais elle s’en distingue par les commémoratifs et, le plus souvent, par une moindre intensité de la céphalée, par l’absence d’œdème papillaire, de vomissements, et de torpeur cérébrale. Il y a simplement arrêt de développement intellectuel, et état d’idiotie plus ou moins prononcé.
Les kystes hydatiques, dans quelques cas, sont nombreux et disséminés à la surface et dans la profondeur de l’encéphale, sous forme de petites cavités du volume d’un pois ou d une noisette, comme dans le fait de Sérieux et Mignot (p. 286). La complexité des symptômes est très grande : les malades ont de la démence, ressemblent à des paralytiques généraux, ont de l’excitation maniaque, présentent de la surdité, de la paralysie, etc.
Gohl, Jacobi et AVinkler intervinrent dans un cas de ce genre, chez une femme, qui av ait de l’exaltation délirante, de 1 embarras de la parole, de la confusion menlale, et des crises épileptiques. Il survint de l’aphasie motrice permanente, et on crut à une tumeur du lobe frontal. Ils enlevèrent une vingtaine de ces kystes, sans résultat2.
Les kystes hydatiques solitaires, seuls, intéressent le chiiurgien. Ils sont fréquents dans certains pays, dans l’Australie et l’Amérique du Sud, bien que non absolument rares dans l’ancien continent.
Au point de vue du diagnostic, il y a lieu d’établir deux groupes, en se basant sur les circonstances cliniques où ils se rencontrent.
lu Chez les enfants et les adolescents, où ils s observent fréquemment, le diagnostic est facilité, dans nombre de cas, pai l’existence de déformations crâniennes, dues à 1 épaisseur moins grande des parois osseuses; il existe une augmentation du volume général du crâne, une asymétrie, l’une des moitiés étant
1. Chipault (Chir. nerveuse, 1, 1902, p. 167). - Combes (Th. de Lyon 1898). — Landouzy et Labbé, Les porencéphfhes traumatiques ( Presse mal., ,
2! Gohl, Jacobi, et AVinkler (in Chipault, Chir. neru., I, 1902, p. 9S,i).
plus grande que l’autre ou décrivant une courbe anormale. En outre, on note : l’écartement et la mobilité des sutures, l’apparition d’une saillie, d’une bosse, qui se voit surtout le crâne étant rasé (ce qu’il ne faut jamais négliger de faire); la dépressibilité au doigt, quelquefois avec bruit parcheminé, de la portion saillante, qui est souvent soulevée par des battements visibles; la percussion donnant un son creux ou un bruit de pot fêlé. Tels sont les signes caractéristiques, rencontrés surtout par nos con-
Hg. 213. Cyslicerque dans l’écorne cérébrale (Oppenheim). Coupe histologique a un
faible grossissement.
frères américains. Ils venaient confirmer un diagnostic, déjà en partie établi, par l’anayse des caractères évolutifs et les troubles fonctionnels.
2U Chez I’adulte, les déformations crâniennes font ordinairement défaut.
Les caractères évolutifs, qui peuvent faire reconnaître qu’une tumeur cérébrale est un kyste hydatique, sont les suivants : intégrité de la santé générale-, évolution lente et progressive, de cinq mois à plusieurs années; et, d’après Westphall, l’absence de douleurs pongitiocs, et l 'intermittence des symptômes, qui procèdent par paroxysmes. On peut encore être éclairé par la coexistence d'autres tumeurs hydatiques , sous la peau, dans le système
DIAGNOSTIC
musculaire, ou dans les viscères; et quelquefois, par V éruption
d’urticaire généralisée.
D’une manière générale, les signes de V hypertension intra-crânienne arrivent assez rapidement ci un degré d'accentuation marquée, et apparaissent de bonne heure; ce qui se conçoit, puisque le kyste agit comme un de ces ballonsde caoutchouc qu’on introduit expérimentalement, pour déterminer les effets de la compression.
Le début se fait par des céphalées intenses, procédant par crises plus ou moins distantes, par un affaiblissement de la vue, des vomissements sans efforts, un état de torpeur et d’impuissance de l’intelligence qui rend l’enfant inapte au travail; puis surviennent la lenteur et l’hésitation de la parole, des crises convulsives à intervalles irréguliers, et bientôt une hémiparésie progressive.
Il est cependant des cas où l’intelligence est conservée, et où ISS premiers symptômes sont des troubles moteurs.
Voici comment s’expriment Herrera Vegas et J. Cramwel, au point de vue du diagnostic, chez les enfants : « Le syndrome qui s’y rencontre rend possible le diagnostic de tumeur cérébrale, et le diagnostic approximatif de sa localisation : mais contient-il des symptômes particuliers, qui permettent de distinguer le kyste des autres tumeurs? Nous croyons que non : mais, dans un pays comme le nôtre, où abondent les kystes hydatiques, et où les tumeurs encéphaliques d’autre nature sont rares, il est possible, dans beaucoup de cas, de poser un diagnostic de probabilité. Effectivement, si se présente à nous un enfant de huit à quinze ans, venant d’une région où les kystes sont fréquents, avec une affection qui date de 4 à 6 mois, un bon état général; s'il offre, comme symptômes prédominants, de la céphalalgie, des vomissements, des convulsions, des perturbations motrices; si, en l’examinant, nous notons une hémiplégie, accompagnée ou non de paralysie faciale, de névrite optique, etc., et si, en plus, nous constatons qu’en un point déterminé du crâne, il y a un soulèvement limité, au sommet duquel on perçoit une sensation parcheminée, NOUS POUVONS FAIRE LE DIAGNOSTIC DE KYSTE HYDATIQUE
cérébral, avec moins de crainte de nous tromper, s’il y a des kystes hydatiques en d’autres régions1. »
Ces auteurs considèrent les trois symptômes suivants comme d’une grande valeur : la céphalalgie localisée à une moitié du crâne, et que l’on peut éveiller par la pression en un point limité; — la sensation parcheminée — et le bruit particulier de la percussion On peut les observer même dans les cas où les kystes sont éloignés de la paroi, dans les kystes ventriculaires.
X>j 'IfîCJ ÔTI-Bioè S'il 6 9'Rn.
h 'Herrera Vegas (in Chipaiult, C/nrynerveuse , III, 1903, p. 861).
DIAGNOSTIC DE LA NATURE DES NÉOPLASMES 58i
Chez I’adulte, où les déformations crâniennes n’existent guère, le débat peut se faire par des troubles moteurs , comme dans le cas d’Estèves, où, chez un homme de quarante-quatre ans, il y eut d’abord des engourdissements de la main gauche, puis des convulsions dans le bras et la jambe gauches et, après une troisième attaque, une hémiparésie : alors apparurent les douleurs de tête, 1 affaiblissement de l’intelligence, une contracture et une atrophie des membres, puis des tremblements et un état cyanosé des deux mains. On enleva un kyste hydatique du volume d une orange dans la région rolandique. L’évolution symptomatique s était faite en une centaine de jours, avec des intervalles de 20 jours, entre chaque période de crise.
Les symptômes localisateurs varient un peu, selon le siège du kyste, dans les divers lobes cérébraux.
Si l’on peut dire qu’à la région frontale l’affaiblissement intellectuel, la diminution de la mémoire, l’apathie, l’inaptitude au travail, et quelquefois les troubles mentaux, inaugurent le tableau clinique, en même temps que les symptômes d’hypertension crânienne surviennent assez rapidement des crises convulsives à ype Bravais-jacksonnien ou généralisées, et des parésies.
Estevès, chez une jeune fille de treize ans, observa de la céphalée, des convulsions, une hémiplégie spasmodique droite , des troubles de la sensibilité, et une saillie de l'os frontal. Il ouvrit une poche communiquant avec le ventricule, qui donna lieu à un écoulelement persistant de liquide céphalo-rachidien. Guérison.
Herrera Vegas : chez un adoslescent de quatorze ans, saillie temporale, apathie, mémoire affaiblie au point de rendre l’étude
impossible, pas de convulsions. Kyste hydatique du volume du poing L
Dans la région rolandique, aussitôt après la céphalée et les troubles généraux, quelquefois même auparavant, apparaissent des troubles moteurs : convulsions, parésie, contracture du côté oppose et, si la tumeur est située en bas, de l’aphasie motrice partielle ou totale; mais, bientôt, il survient de l 'affaiblissement de l intelligence et de la mémoire, de telle sorte qu’après un certain temps, il est impossible de reconnaître si le kyste est fronta ou rolandique (cas de Chislehom, Llobet, Graham, Mudd, Mya et Cod, villa, Parry Davenport, Tietze, Verco, Castro, Estèves, Posada, Vasallo 2, etc.).
Si le kyste occupe le lobe temporal, on peut observer de la
p. 851 et 853). ~ Herrera
L Estèves (in Chipault, Chir. nerv., III, 1903 Vegas (id., p. 857).
2. Llobet (liev. de Chir., 1892, p. 970). — Auvrav (Th 1800 n rv
pault (Chir. nerveuse, III, 1903, 845 à 802). ’ ’ P‘ * et ^
DIAGNOSTIC
diminution de l 'acuité auditive , de Y odorat, de la vue ; la 'parole est paresseuse et difficile; il y a de l’hémianesthésie et de la parésie du facial inférieur, mais l’intelligence peut être conservée plus longtemps (cas de Fritzgerald, de Castro [3e cas], d’Estèves [3e cas], etc. *).
Dans les ventricules, les kystes hydatiques se rencontrent
Fij. 214. — Kyste hydatique du ventricule latéral droit (Herrcra Vegas, in Chipault, Cltir
nerveuse , 111, 1903, p. 859).
assez fréquemment, soit qu’ils s’y développent primitivement, soit qu’ils aient effondré leur paroi. Mais il ne semble pas que la symptomatologie offre quelque signe capable de révéler celte particularité.
Estèves opéra avec succès un kyste du ventricule latéral droit , recouvert par toute l’épaisseur (plus de deux doigts) de la sub-
1. Fitzgerald (in Chip., Trav. neurol., cas 3", p. 342). Castio (C/d/. nerveuse de Chipault, 111, p. 849, 833). — Estèves (te/., p. 8S4).
stance cérébrale. Son malade, âgé de treize ans, avait reçu un traumatisme de la tète, dans la région occipitale. Il eut : de la céphalée, des vomissements, des tremblements des membres, une double stase papillaire (mais pas de convulsions), et une
Fig. 215. — Figure montrant la cavité kis.-ée
marche vacillante ; c est en se guidant sur le siège de la douleur cju’il choisit le lieu de la craniectomie.
Posada opéra une tumeur pulsatile de la région parié to-occipilale droite : le kyste avait le volume des deux poings et communiquait avec le ventricule latéral.
iNous reproduisons ici un kyste ventriculaire , du volume d’une tète de fœtus, de la même région, et dû à 1 ferrera Vegas.
Le petit malade, âgé de huit ans, eut des céphalées, de la rigidité de la nuque, du slrabisme interne, /.e parole , la mémoire et l'intelligence étaient intactes. La démarche était vacillante, la
DIAGNOSTIC
Fig. 216. — Le malade, porteur du kyste des fig. 214, 215, après la craniectomie (llerrora
Vegas, ici.).
pointe du pied gauche heurtant contre le talon de droite, et la
progression ne se faisait pas en ligne droite; il avait de la tendance cà tourner vers la gauche. En somme, peu de signes spéciaux dans ce cas, à moins qu’on ne considère le strabisme, la paralysie cle la Ilb paire , comme un symptôme de distension ventriculaire , et les troubles de la marche comme un élément du syndrome cérébelleux. Sur la région temporale droite, il existait un point d’un centimètre de diamètre, donnant la sensation parcheminée. Le kyste était logé clans le ventricule latéral '.
Le même chirurgien (I-Ierrera Vegas) a rencontré un kyste de la même région, né dans les os du crâne, qui donna lieu aux mêmes symptômes que le précédent.
On le crut d’abord intra-crânien : mais la craniectomie ne le découvrit pas. Le siège exact fut reconnu seulement à l’autopsie1 2.
D. — Tumeurs diverses : sarcomes , gliomes, angiomes , endolhèliomes , psammomes , cholestéatomes, fibro-neuromes , carcinomes.
C’est ordinairement par i nclusion qu’on arrive au diagnostic des tumeurs de cette nature.
Il faut d'abord mettre hors de cause la syphilis et la tuberculose.
On se rappellera que cette dernière entre dans une proportion de 50 p. 100 dans les néoplasmes cérébraux observés chez les enfants, d’après les statistiques d'Allen Starr; et que, chez /'adulte, au contraire, les tumeurs communes s’élèventau nombre de 55 à 65 p. 100.
L’évolution des gliomes, des glio-sarcomes et des sarcomes est souvent lente, et dure parfois plusieurs années.
L’étiologie traumatique est fréquente.
Si, pendant l'évolution d'une tumeur encéphalique, il survient des poussées congestives, des ictus apoplectiques , on pensera qu’il s agit d’un gliome (fig 217). Dans ces tumeurs, cet accident est assez commun, en raison de leur grande vascularité. Mais les hémiplégies brusques peuvent aussi être le fait d'un ramollissement périphérique.
Si le tableau symptomatique est celui d’une tumeur basale, il pourra s’agir d’un endothéliome, d’un psammome, ou d'un cho- LESTÉATOME.
1. Estèves (in Chipault, Chir. nerveuse, III, 1903, p. 854). — Posada [id.y p. 850, 5" obs.). — Hcrrera Vegas (id., p. 881).
2. Herrera Vegas (in Chipault, Chir. nerveuse, 111, p. 1903, p. 866).
DIAGNOSTIC
Les angiomes ne sont pas, dans la plupart des cas, sans offrir quelques caractères symptomatiques particuliers, qui peuvent les laire reconnaître. Ce sont : une origine traumatique fort ancienne, remontant à l’enfance, à plusieurs années; Y absence de céphalée , de stase papillaire, et aussi des autres symptômes généraux, 1 existence de douleurs hyperesthésiques localisées et de crises
Fig. 217. —
Gliome kystique. Esquisse (Oppenheim).
Tumeur.
Kyste.