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INDICATIONS
SYPHILOMES
2° Syphilomes.
L’opportunité de l’intervention chirurgicale, dans la syphilis Cérébrale, a été fort discutée.
Il faut s’entendre cependant : il est certain que les syphilomes, comme les autres manifestations syphilitiques cérébrales, guérissent souvent par le traitement spécifique , simple ou intensif.
On s’est basé sur ce fait évident, mais non constant , pour élever de vives critiques contre les opérations (Voir Sur le diagnostic du syphilomes cérébraux, p. 566).
Mais, ainsi que l’ont indiqué M. le professeur Fournier et Herber dans sa thèse ', nombre de gommes cérébrales n’ont pas celte bénignité supposée, sont graves ou malignes.
Dans sa forme aiguë , la gomme cérébrale peut tuer en quelques semaines (huit à trente-deux jours dans les observations Cheadle, Lépine, Audry, Bradley, etc.).
Dans sa forme subaiguë ou chronique , elle se complique, dans certains cas, de ramollissements étendus , quelquefois dé tout un lobe , par endartérite et oblitération des gros troncs : elle détermine dans la substance nerveuse voisine une encéphalite grave, sur laquelle Charcot et Gombault ont appelé l’attention, une méningite de la convexité ou de la base, de Y œdème, de Yhydropisie ventriculaire ; elle se propage aux méninges, aux os du crâne, qu’elle perfore (cas d’Hutchinson, région occipitale, etc.).
Son expression symptomatique, sur laquelle nous avons insisté à propos du diagnostic (voir p. 566), bien que parfois elle reste latente , n’est pas moins grave. Comme les tumeurs cérébrales, elle s’accompagne surtout de céphalées pénibles, de vomissements, de vertiges, d’amaurose, de paralysies oculaires, de convulsions épileptiformes plus ou moins graves, d’aphasie; et, si elle siège dans les lobes frontaux, de torpeur, de déchéance intellectuelle; elle conduit parfois jusqu’à une irrémédiable démence.
Dans d’autres circonstances, après une série de crises convulsives, le malade tombe en état de mal comitial, et meurt rapidement, comme dans le fait, que nous avons maintes fois cité, du professeur Dieulafoy1 2.
Ces complications possibles, cet appareil symptomatique parfois si sévère , sont des motifs puissants d’agir. Mais encore faudra-t-il le faire, avant que les lésions graves de sclérose ou de dégénérescence se soient installées.
1. Ilerber, De l'Évolution clinique de la gomme cérébrale circonscrite (Thèse, Paris, 1900).
2. Dieulafoy (Acad, de mêd., ocl. 1901). — Voir fig. 97 et 98, p. 89 et 90.
INDICATIONS
Quel est le moment opportun? Quand pourra-t-on affirmer la faillite du traitement médical?
Problème difficile, car souvent la syphilis céréltrale et ses manifestations ont des périodes d'accalmie complète , des trêves symptomatiques très trompeuses.
Oppenheim s’est exprimé ainsi : « Après deux semaines d 'insuccès complet , le traitement médical peut être considéré comme insuffisant ». Horsley est d’avis que le traitement médical ne doit pas être prolongé plus de six semaines (Congrès de Berlin).
En général, on attend trop longtemps , et c’est après quatre à six mois qu’on demande l’assistance de l’opérateur, quand déjà les lésions périphériques se sont étendues, que les scléroses et les dégénérescences ont fait leur apparition : c’est la plainte unanime des chirurgiens.
Ces temporisations trop prolongées des médecins s’observent d’ailleurs, même lorsqu’il ne s’agit pas de syphilis avérées, en raison des heureux effets qu’ont sur la marche des symptômes l’iodure et les mercuriaux, même en cas de tumeurs vulgaires, gliomes, sarcomes, etc.
L’attente est d'ailleurs parfois explicable; car, l’atténuation, la disparition même des symptômes, fait penser qu’on est en présence d’un syphilome, alors qu’il s'agit d’un néoplasme vulgaire : témoin le fait cité dans la thèse de Herber, où notre distingué collègue Chauffard, devant une disparition complète des accidents, crut à un syphilome : or, dix jours après, le malade revenait mourir dans le service, repris des mêmes accidents. On garda l’opinion qu’il s’agissait d’une lésion syphilitique grave, même après l’autopsie, tant la tumeur ressemblait à une gomme, jusqu’à ce que l’examen hisLologique, fait au laboratoire de la Salpêtrière par Philippe, démontrât que le néoplasme était un gliome.
Une dernière objection a été faite à l’extirpation des syphilomes cérébraux. Vous enlevez la tumeur, a-t-on dit, mais vous ne pouvez rien contre l’endartérite, la thrombose, le ramollissement qui menace, la dégénérescence et les paralysies!
Mais n’est-ce rien que de supprimer les crises de céphalée, la douleur, la torpeur intellectuelle, et de débarrasser la masse encéphalique de ce caput morluum de la gomme, de ce kyste, de ce noyau de sclérose qui, d’après Charcot et Gombault, joue le rôle d’épine, et provoque autour de lui l’irritation, la congestion, et s’entoure, presque constamment, d’une zone d’encéphalite progressive1!