Cité par Raymond (Cliniques, II, p
OPÉRATIONS PALLIATIVES 65 l
tion lombaire : il faut éviter la décompression brusque, en ne permettant que V écoulement lent du liquide. On a également, dans ces cas, attribué le dénouement fatal et subit, au déplacement de la tumeur, voisine du bulbe1.
5° Ablations partielles.
'L'ablation partielle des tumeurs encéphaliques peut être considérée comme une opération palliative , dans certaines circonstances. Est-elle à conseiller? Ou, vaut-il mieux laisser la tumeur in situ, et se contenter de la trépanation libératrice, sans tentative d’extirpation'!
Lorsqu il s’agit de tuberculomes ou de syphilomes, il est possible que la tumeur soit un peu diffuse, ait des irradiations à distance, des prolongements, qui échappent à la curette de l’opérateur. Mieux vaut évidemment éviter lin curettage incomplet; mais, dans ces cas, comme lorsqu’il s'agit du curettage des abcès froids, ou du ruginagedes os tuberculeux, l’intervention suffira souvent à enrayer 1 hyperplasie; et les débris laissés peuvent subir la rétrocession, s ils sont peu importants. D’ailleurs, un traitement général intensif pourra activer la guérison.
Les conditions pathologiques sont tout autres, si on est en présence d’une tumeur maligne, trop étendue ou trop diffuse, pour être enlevée. L extirpation partielle ne donne pas, en général, de bons lésultats, elle est suivie parfois d’une mort rapide, soit par shock, toxi-intection, soit parce que les malades sont trop épuisés.
Nous trouvons, par exemple, dans les observations des chirurgiens hollandais, les mentions suivantes : sarcome diffus de l’hémisphère droit. Extirpation partielle. Mort deux jours plus tard — Glio-sarcome envahissant presque totalement l’hémisphère gauche. Extirpation partielle, mort le soir. — Trois tumeurs dans l’hémisphère droit : opération sur le cervelet gauche; mort deux jours plus tard. — Tumeur du corps calleux et du septum. Opération sur le lobe frontal. Mort le lendemain. — Ces deux derniers cas montrent, cependant, que même si on ne touche pas à la tumeur, la mort peut survenir : il s'agit dans ces faits, de malades que le shock opératoire suffit à emporter2.
On trouvera, cependant, chez les mêmes chirurgiens, quelques cas d operations partielles, qui ont procuré une survie assez
a CU lln,SUCCiiS’ "nc amélioration pendant trois semaines et, quel *898 t. nn 320) ° m°rt rai'ide> ainsi (lue LichLcn (*'« Raymond, Clini-
2. Von Eiselberg, Herroanidès et Winkler, p. 715; Haudel, üuldenarm et
INDICATIONS
prolongée, de six mois à un an et demi : mais il s’agit de tumeurs partiellement encapsulées.
La conclusion la plus rationnelle nous paraît être celle-ci : quand il s’agit d’une tumeur manifestement trop étendue et diffuse, mieux vaut ne faire aucune tentative d’ablation. Avec cette remarque, cependant, qu’aujôurd’hui avec les larges craniectomies dont on peut user, on a souvent enlevé des tumeurs très volumineuses.
S’il s’agit d’une tumeur récidivante, et si une première opération a été suivie de succès, il nous semble, au contraire, qu’il peut être avantageux de faire de nouvelles tentatives, bien qu’on puisse supposer que la tumeur ait quelque peu diffusé.
Durante, chez sa première malade opérée en 1884, fit une seconde opération en 1896, et elle vit encore, aujourd’hui.
Bramann fit quatre interventions, pour un myxome kystique cérébral, et le malade vécut encore un an et demi.
Czerny opéra trois fois un homme de quarante-sept ans, atteint d’un gliome rolandique récidivant. Chaque fois, il y eut une amélioration considérable, et la prolongation fut de deux ans et demi.
Stokvis, Eberson et Korteweg opérèrent deux fois, à un an et demi de de distance, un glio-sarcome qui, à la première opération, pesait 120 grammes.
Guldenarm et Winkler enlevèrent un sarcome kystique récidivé un an après la première opération, et le malade survécut un an après la seconde.
Ces gliomes kystiques sont fréquemment l’objet d’interventions successives; la première fois, on extirpe le kyste presque seul; la seconde, on trouve un néoplasme solide.
La lenteur de l’évolution de certains néoplasmes permet, quelquefois, des interventions successives, à longues distances.
A cet égard, le fait de Mareau est instructif : ce chirurgien enleva, chez une femme de soixante-deux ans, un sarcome encapsulé de 7 centimètres sur 5 centimètres, pesant 80 grammes; la maladie remontait à une douzaine d'années, et deux trépanations, dans lesquelles on avait seulement rompu des adhérences, avaient été subies antérieurement *.
1. Oppenheim : •• Noire statistique prouve cependant qu’une opération partielle, l’évacuation d’un kyste, par exemple, peut donner une rémission notable, des années et des mois durant. Ainsi, dans un cas traité par Kohler et moi-même, la tumeur lut enlevée partiellement, un kyste fut vidé; el, la femme enceinte put ainsi sauver la vie de l’enfant qu’elle portait; elle-même eut pour 6 mois de répit. Ballance intervint ainsi 5 fois, et à la o“ opération, il y eut une rémission de ~l mois. • Aujourd’hui, avec les larges craniectomies, l'indication des opérations partielles se pose plus rarement.