‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 43 sur 338 · Roux (toc. cit., p. 192) et Grasset · texte numérisé non relu

Roux (toc. cit., p. 192) et Grasset

SÉMÉIOLOGIE GÉNÉRALE

supérieur restait indemne, et que, par conséquent, l’orbiculaire n’était pas paralysé, pas plus, du reste, que le releveur. — Cette opinion, trop absolue, a été combattue, à nouveau, dans ces derniers temps, par Pugliese et Miraillé, qui ont montré qu’il y a toujours un certain degré de paralysie du facial supérieur, et même du moteur commun (releveur); mais qu’il faut savoir la chercher et la mettre en évidence — Quoiqu’il en soit, nombre de neuropathologistes admettent qu’il y a, dans l’écorce, pour le facial supérieur, un centre distinct de celui du facial inférieur. Landouzy et Grasset le plaçaient sur 1 e pli courbe.

L’hypothèse de J. Roux est plus satisfaisante; le facial supérieur a un double centre : l’un postérieur, rélro-rolandique ( sensorio moteur ), avec les autres nerfs de l’œil, le facial étant un nerf protecteur de l’œil ; l’autre antérieur , prérolandique ( 'sensitivo-moteur ), avec les autres nerfs de la face, voisin de celui du facial inférieur. — De même, le releveur de la paupière aurait deux centres, l’un sur le pli courbe (signalé par Landouzy, Chauffart, Surmont, Lemoine, Ëberter, etc.), ( centre sensorio-moteur)\ l'autre antérieur, (. sensitivo-moteur ) dans la région rolandique : ce serait lui qui serait lésé dans l’hémiplégie vulgaire avec plosis (faits réunis par Miraillé).

Les néoplasmes corticaux pourraient donc entraîner des troubles paralytiques des organes protecteurs de la vision, lorsqu’ils occupent les centres précités. — Toutefois, (d’après Joanny Roux, le plosis cortical , dans la majorité des cas, aurait comme condition anatomique la lésion simultanée des deux centres oculo-moleurs de l'hémisphère-, et, en réalité, dans les cas cités, il s’agit toujours de lésions étendues à la plus grande partie d’un hémisphère (Landouzy, Grasset, Chauffart, Surmont, Lemoine, etc.).

Pupille.

Les troubles moteurs de la pupille ( mydriase et myosis) ne nous arrêteront par longtemps : car, en ce qui concerne les néoplasmes cérébraux, ils n’ont été l’objet, à notre connaissance, d’aucune étude spéciale. Il y a deux centres pupillaires connus : le centre cilio-spinal (dilatateur de la pupille), et le centre bulbaire (constricteur de la pupille). Ces dilatations et constrictions surviennent sous des influences diverses : excitants lumineux, accommodation et convergence, émotions et impressions psychiques.

Ce qu’il est important de retenir, pour le diagnostic du siège des

I. Miraillé (Arch. de Neurol., 1899, p. 1). — Grasset (Diagnostic des maladies de l’encéphale, 1901). — Joanny Roux (toc. cit.).

TROUBLES MOTEURS DES YEUX

néoplasmes, c’est que les tubercules quadrijumeaux sont le centre de réflexion des impressions lumineuses, qui, amenées en ce point par le nerf optique, se portent vers les noyaux du bulbe (noyau du moteur commun), pour produire la contraction de l'iris. L’arc réflexe peut être interrompu par une lésion des nerfs optiques, du chiasma, des bandelettes optiques, des corps quadrijumeaux antérieurs, pour la voie sensorielle-, ou par une altération des faisceaux de communication des tubercules avec le bulbe, le noyau moteur commun et son nerf, pour la voie motrice. — Selon la loi de Wernicke, admise par tous les neuropathologistes, une lésion des irradiations optiques, en arrière des tubercules quadrijumeaux (couche optique, capsule interne, et hémisphère), n'interrompt pas le réflexe lumineux irien

Dans Yhémiopie, produite par une lésion d’une des bandelettes optiques, le réflexe lumineux irien est suspendu dans la partie paralysée du champ visuel. 11 n’en est pas de même dans l'hémianopsie de cause cérébrale (lésions du lobe occipital); et c’est là un bon caractère distinctif (Wernicke, Willbrand).

La contraction pupillaire, qui survient dans la vision rapprochée, et qui est associée aux mouvements d’accommodation et de convergence, ne donne lieu, au point de vue qui nous occupe, à aucune considération spéciale.

La réaction pupillaire à la douleur se fait sous l’influence du centre cilio-spinal, et fait partie de la symptomatologie des maladies médullaires .

Enfin, d'après Ferrier, il existerait, pour la pupille, un centre supérieur cortical, que Piltz place à la jonction du lobe pariétal et du lobe occipital, près de la ligne médiane, chez le lapin I. 2. Ce centie expliquerait ce qu on appelle le réflexe de V accommodation volontaire (réflexe de la représentation de Piltz), observé même chez des aveugles (mouvements de contraction de l’iris quand nous fixons, pat la pensée et dans l’obscurité, un objet plus ou moins éloigné). De ce centre, aussi, partirait l’impulsion pour les dilatations pupillaires, dans les émotions et impressions psychiques, et les dilatations volontaires, observées par Becbterew (1895), d’après Grasset. Le siège et l’existence de ce centre sont encore trop hypothétiques pour permettre quelques déductions au poinL de vue du diagnostic topographique des néoplasmes.

I. Une atrophie d’un seul des nerfs optiques par une tumeur ne détermine ni mydriase, ni inégalité pupillaire : mais, quand on met l’œil sain à labn de la lumière, la pupille de Y œil amaurotique ne [se contracte plus • car la réaction consensuelle . venant dé Y œil sain, ne se fait plus.

-.1 illz (lieu. Neurol., 1900, p. S93). — Bumke ( Cenlrabl . f. Nervenh., 1903, et lieu. Neurol., 190 î , p, 172). ’ ’

MJUKT

SÉMÉIOLOGIE GÉNÉRALE

Nystagmus.

Le nystagmus, quelquefois appelé hippus , est un tremblement associé des yeux : c’est un trouble du tonus musculaire ou nerveux, assez comparable, dans certains cas, aux tremblements posthémiplégiques (chorée, athétose, ataxie, etc.). — Il y a un nystagmus oculaire dû aux altérations physiques des organes de la vision (taie de la cornée, altérations musculaires), et un nystagmus congénital '.

Celui qui nous intéresse est d’origine nerveuse ; il semble fréquent dans les lésions des tubercules quadrijumeaux, des couches optiques, du bulbe, des corps restiformes et du cervelet. Gadaud l’a signalé dans certaines lésions hémisphériques, principalement du lobe occipital . — Dans nos expériences sui la compression cérébrale, nous avons vu qu’il était survenu, à la suite d’un fin piqueté sanguin, des noyaux du moteur commun, au

pourtour de l’aqueduc de Sylvius.

On conçoit que les tumeurs du cervelet le provoquent, soit comme trouble de l’équilibration des globes oculaires ; soit par compression des veines de Gallien, hydrocéphalie ventriculaire, et distension de l’aqueduc. Vulpian l’a déterminé par des lésions

expémentales du IVe ventricule. ......

Ce trouble moteur, important cependant, n’a guère été étudié depuis la thèse de Gadaud (1869), les publications de Ravaud (1877), et les articles du Dictionnaire de Warlomont et Abadie (1879) : mieux connu, il fournirait peut-être des indications localisatrices. — Il y a un nystagmus d'origine auriculaire, par lésions de la caisse et du labyrinthe, ayant la même origine que celui du cervelet (troubles de l’équilibration et du tonus). - Enfin Naxera a appelé l’attention sur un nystagmus de la corhcahle , comme phénomène psychique.

D’après Ravaud, le nystagmus est fréquent dans les tumeurs cérébrales, et il est souvent l’indice d’une lésion encéphalique matérielle2.

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