Raymond ( Leçons Uniques, 1897, II, p
SÉMÉIOLOGIE GÉNÉRALE
Hémianesthésie organique ou eentrale, et hémianesthésie hystérique (H. Verger).
Démangé et Spillmann, est un bel exemple de ces hémianesthésies : pour un tubercule de la couche optique avec ramollissement du centre ovale et de la partie postérieure de la capsule interne, ils observèrent, entre autres symptômes, une hémiplégie avec contracture, et une liémiarveslhésie complète à gauche1. — De plus, l’hémianesthésie sera constamment associée à l’hémiplégie, à cause du mélange des fibres motrices et sensitives. — Jamais, par contre, on n’observera d 'hémianesthésie sensorielle : car, seules les radiations optiques sont voisines, et il faut une lésion assez étendue pour les atteindre; si elles le sont, Yhémianopsie s’ajoutera à Y hémianesthésie et à l’ hémiplégie . L’hémianesthésie organique diffère donc essentiellement de l’hémianesthésie hystérique , à laquelle Charcot l’avait complètement assimilée (voir fig. 46).
Elle a, d’ailleurs, d’autres caractères distinctifs. Dans Y hémianesthésie organique , il n’y a jamais de perte absolue, complète de de la sensibilité; et l’anesthésie, très accentuée aux extrémités, (doigts, mains, avant-bras), va en s’atténuant vers la racine des membres; elle est toujours plus prononcée au membre supérieur qu’à l'inférieur, qu’à la face ou au tronc, où elle est à peine marquée. On n’observe pas d’anesthésies segmentaires (en gant, en manchette, en manche d’habit), comme dans l’hystérie. — L’anesthésie porte sur tous les modes de la sensibilité (tact, douleur, température), mais la sensibilité cutanée est peu altérée. Au contraire, la sensibilité profonde (sens kinesthésique, des attitudes segmentaires, sens stéréognostique, etc.) est plus gravement atteinte. Il existe souvent un certain degré d’incoordination des mouvements, et un retard des sensations.
D. — Troubles sensitifs par lésions du cortex.
Les lésions corticales peuvent donner lieu à des troubles sensitifs (hémianesthésies, anesthésies en foyer), qui ont les plus grandes analogies avec les précédentes, si bien que certains auteurs les jugent identiques.
La connaissance des localisations sensitives de l’écorce cérébrale est de date relativement récente, bien que la physiologie eut ouvert la voie à la clinique, dès 1870, avec Fritsch et Hitzig, et surtout avec Schiff et H. Munk. Celui-ci, en particulier, dès 1877, avait décrit à la surface de l’écorce cérébrale des animaux une zone dont 1 altération déterminait des troubles de la sensibilité dans les membres ( Fùhlsphâre ), et les organes des