PSYCHIQUE
il 1 epi ésente le centie d association antérieur de Flechsig, une de ces régions de l’encéphale où ne vont pas directement les fibres de projection , mais où se rendent en grand nombre les fibres d association , et où sont recueillies, emmagasinées, les images mnémoniques des diverses sensations, récentes5 ou anciennes, où elles sont comparées entre elles, et où se forme le
Fig. 60. — Région préfronlalo (Nimier).
substratum anatomique de l’intelligence et du savoir humains (Van Gehuchten).
D’après Flechsig , 1 q centre frontal intéresse surtout la personnalité : il règle la participation aux événements extérieurs ou intérieurs, qui concernent l’individu. — Sa lésion supprime l’attention active , et provoque l’indifférence complète , change de fond en comble le caractère 1 .
Selon Bianchi, qui a expérimenté sur le cerveau des singes, le lobe frontal serait un organe où les produits sensoriels et moteurs des différentes zones de l’écorce viendraient se coordonner et se
1. Flechsig, La localisation des facultés psychiques, spécialement des impressions sensorielles de l’homme (Analyse in Rev. de neurol., 1897, p. 292, et Congrès int., 1900).
TUMEURS DES LOBES FRONTAUX
fondre ; et, de cette fusion, naît ce qu’on appelle: le tonus psychique de 1 individu. — L extirpation produit la désagrégation de la personnalité, l incapacité de la formation par séries des groupes d’images et de représentations, et la disparition du jugement et de la critique
Un certain nombre d’observations récentes, recueillies avec plus de soin, et relatives à des néoplasmes des lobes frontaux, s’accordent assez bien avec ces conceptions des physiologistes1 2.
Bruns n’admet pas que les troubles psychiques fassent spécialement partie du groupe symptomatique des tumeurs du lobe frontal, car la localisation des fonctions psychiques, dit-il, n’est pas possible, puisqu’elles nécessitent le concours de toutes les actions des centres nerveux. — Il réduit à trois leurs symptômes caractéristiques :
1° La tendance aux plaisanteries (Witzelsucht) ;
2° U ataxie frontale, qu’il différencie, par quelques traits secondaires, de l’ataxie cérébelleuse;
3° Les convulsions ou paralysies des muscles du tronc , des mouvements associés de la tête et des yeux.
Oppenheim, dans sa dernière édition, s’exprime ainsi : « Les statistiques récentes ne donnent pas de résultats certains, mais elles montrent qu’on peut constater, dans nombre de cas bien observés, qu’au moins au début les tumeurs des lobes frontaux donnent lieu à des altérations intellectuelles et à des psychoses. Mais c’est aussi un fait que les anomalies psychiques se voient dans les néoplasmes des autres territoires cérébraux; ce qui constitue une difficulté du diagnostic, quoique, dans les tumeurs des lobes frontaux, ces troubles apparaissent plus tôt , avant que les autres manifestations cérébrales de l' hypertension se soient accusées. — La plupart des auteurs qui se sont occupés de cette question parlent dans le même sens, et disent que, dans les symptômes de localisation du lobe frontal , il faut comprendre les troubles psychi-
1. Bianchi, Les fonctions des lobes frontaux (Congrès de Rome, in Rev. de neurol., 1894, p. 331).
2. Il existe d’autres régions de l’encéphale, dont le rôle est important dans le fonctionnement psychique, en particulier, le grand centre d’association postérieur, placé entre les sphères visuelles, taclilcsel auditives; clque, d’après Flechsig, on trouve très développé chez les hommes doués d’une intelligence supérieure. C’est aussi l’opinion de Clapham, qui prétend que la valeur intellectuelle des lobes occipitaux est très grande (Journ. of mental Science et Rev. neurol., 1901, p. 636). — Nous verrons qu’on observe aussi des perturbations psychiques importantes, mais d'une nature un peu différente , dans les néoplasmes des régions temporo-sphénoïdales et occipito-pariétales.
TUMEURS DES LOBES FRONTAUX
ques (Ferrier, Allen Starr, Knapp, Raymond, Gianelli, etc.). Allen Starr, surtout, semble très énergique dans cette opinion. Dans un cas, qu’il a observé avec Mac Burney, où les troubles psychiques constituaient la localisation d’une tumeur cérébrale, qui fut trouvée dans le lobe frontal, à l’endroit indiqué,- il dit : « C’est le premier cas où l’intervention a été guidée, si nettement, par l'existence de TROUBLES PSYCHIQUES. ))
« Bien que ces investigateurs, ajoute Oppenheim, aient été heureux dans leur diagnostic, je ne saurais assez faire remarquer que les altérations psychiques ne peuvent être admises comme un fondement certain de localisation, qu’avec la plus grande réserve. C’est d’ailleurs l’opinion de Bruns 1 ».
Williamson, qui a étudié 50 cas de tumeurs des lobes frontaux, après avoir exposé qu’ils sont le siège des centres moteurs de la tète et des yeux du côté opposé, des muscles du dos et de la station debout, des centres de l’attention, et de certaines fonctions psychiques supérieures, dit que les symptômes les plus communément observés, dans les néoplasies frontales, sont : la céphalée, souvent frontale; la percussion locale douloureuse; une névrite optique double, plus prononcée du côté malade; une abolition du sens de l’odorat; l’ataxie de Bruns; l’abolition des réflexes rotuliens (dans 20 p. 100 des cas); des convulsions souvent généralisées; et des parésies de la face, du bras, et de la jambe, par extension de voisinage à la zone motrice. — Quant aux troubles de la mentalité, ils consistent en dépression et déchéance intellectuelles, perte de l'attention, de la mémoire, état semi-comateux, une grande tendance à dormir, quelquefois une gaieté anormale (12 p. 100; Jastroxvitz, Oppenheim, Bruns) 2, ou une irritabilité mentale avec violence (Welt), et la lenteur des processus psychiques (Lloyd) 3.
Gianelli apprécie ainsi les effets des néoplasmes encéphaliques, sur les fonctions mentales : « Plus on voit au premier plan se manifester, dès le début des accidents, les troubles psychiques, la torpeur, et l’arrêt intellectuel, plus on doit tendre à admettre le siège de la tumeur dans le lobe frontal, et plus particulièrement dans la zone préfrontale : les tumeurs qui siègent dans les autres lobes peuvent produire des troubles psychiques; mais ils sont
1. Oppenheim, Die Geschwulste clés Gehirns, Wien, 1902, p. 99.
2. Bruns, Die Geschwulste des Nervensystem, Berlin, 1897, p. 94.
3. Williamson, Symptomatologie des lésions (abcès et tumeurs) intéressant la région préfrontale du cerveau {drain, 1896, et Arch. de neurot., 1S97, 11, p. 146, et Rev. neurot., 1896, p. 707).
TUMEURS FRONTALES AVEC CONVULSIONS ÉPILEPTIQUES 17b
plus tardifs. Les troubles psychiques indiquent 1 altération des éléments corticaux : les symptômes de paralysie générale, les idées de grandeur, la tendance à l’enfantillage, les altérations du caractère montrent que les lobes frontaux sont en cause »
Il nous semble qu’en restant dans ces généralités , sur la symptomatologie des lobes frontaux, ainsi que les auteurs précédents, en se contentant d’apprécier le degré de la fréquence des manifestations des néoplasmes, on n’apporte pas des documents assez précis, pour guider l’intervention chirurgicale; il faut aller plus loin, dans les tentatives de localisation ; car, selon leur siège, leur volume et leur marche évolutive, les tumeurs frontales ont des réactions différentes.
a) Tumeurs frontales, avec convulsions épileptiques