‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 7 sur 338 · Marchand et Leuridan (Soc. anal., 1902, p · texte numérisé non relu

Marchand et Leuridan (Soc. anal., 1902, p

CONSTITUTION DU SYNDROME

céphalalgie, la violence des maux de tète est telle, que l’attention du malade est, en quelque sorte, absorbée par la souffrance : il est comme abruti, et toute préoccupation lui est étrangère. Plus tard, lorsque les douleurs sont atténuées ou dissipées, il tombe dans un état de torpeur qui le rend indifférent à tout, même à ce qui se passe en lui, et qui bientôt dégénère en somnolence...

11 en arrive à s’endormir, pendant qu’on lui parle, qu’il mange... etc. » (Voir fig. 83).

Ces descriptions sont exactes; mais, semble-t-il, elles s’adressent à des phases ou périodés de la maladie déjà accentuées. Il importerait de caractériser, si possible, d’un mot, l’action des tumeurs, sur l'état intellectuel des malades, dès les premières phases , afin que l’intervention fût hâtive, et qu'on n'attendît pas que le mal soit confirmé.

Le mot de « torpeur cérébrale » nous paraît convenir : car, d’après Littré, « la torpeur est un sentiment de pesanteur, avec une diminution de la sensibilité et du mouvement, allant parfois jusqu’à l’assoupissement; au figuré, c’est un état d’inaction de l’âme ». — C’est, selon nous, au début des tumeurs , un affaiblissement des trois principales fondions du cerveau : intelligence, sensibilité, mouvement. — Quel que soit son degré, si minfTne soit-elle, l'asthénie cérébrale a de la valeur, au point de vue du diagnostic du syndrome qui nous occupe '.

Bruns dénomme cet état « Bennamenheil », que les lexiques traduisent par le mot « stupeur ». « La stupeur, dit-il, est le principal symptôme psychique des tumeurs cérébrales. Elle est un élément précieux de leur séméiologie générale, et une suite de la pression intracrânienne , spécialement de l 'hydrocéphalie interne. Elle croît. avec la progression des tumeurs; et, d’après Jacobson, elle apparaît de bonne heure, particulièrement dans les tumeurs de la base. » Il prend soin d’ajouter que la stupeur n’est pas le seul trouble psychique causé par les néoplasies cérébrales, qu il en est d autres importants, mais particuliers à quelques cas. Nous y reviendrons plus loin. Bruns dit encore que la stupeur est plus accusée dans les tumeurs du lobe frontal , parce qu ordinairement celles-ci peuvent atteindre un développement considérable, avant que la mort ne s’ensuive -,

1. Cet état de torpeur s’accompagne assez souvent, d’après Brissaud, Dupré et Devaux, d un état de puérilisme mental. « C’est, dit Brissaud, un simple retour à 1 enfance, moins la vivacité des impressions et la curiosité de l’enfant. » (Traité de médecine.) — « Caractère enfantin, puérilité des actions psychiques, marquée dans les réponses, l’intonation, la mimique. » (Dupré • el Devaux.)

2. - La véritable caractéristique, chez notre malade, disent Dupré et Devaux,

Peu importent, en ce moment, ces particularités; ce que nous avons voulu établir, par cette exposition des opinions des nosographes : c’est qu’un des éléments les plus caractéristiques du syndrome des tumeurs cérébrales est « la torpeur », ou l'affaiblissement progressif des facultés du cerveau, avec un sentiment de pression intracrânienne; c’est sa fréquente coexistence, au moins pendant les crises, avec la céphalée L

6. Pouls. Respiration. — Je ne parlerai ici du pouls et de la respiration que pour signaler les modifications qu’ils présentent, à certaines périodes de l’évolution des tumeurs cérébrales, modifications sur lesquelles insistent avec raison Peitavy, Raymond et Rruns. Ce dernier auteur fait observer qu’elles sont ordinairement en corrélation avec les autres symptômes de compression cérébrale, en particulier avec la céphalée et la torpeur. Elles font, pour ainsi dire, partie intégrante du syndrome. Le pouls est ralenti, irrégulier. Rruns dit qu’il peut descendre jusqu à 30 pulsations par minute. — Les mouvements de la respiration deviennent aussi plus lents, plus profonds, assez souvent désordonnés, ou parfois prennent le type bien connu de Cheyne-Stockes. Il existe encore d’autres modifications du pouls et de la respiration, mais elles sont en rapport avec le siège des néoplasmes; il en sera question ultérieurement s.

7. L’œdème de la papille optique est, avec la céphalée, le signe le plus constant, le plus précieux, du syndrome des tumeurs cérébrales.

Les Allemands le dénomment Stauungspapille, engorgement de la papille, et les Anglais Choked disk, étranglement du disque optique. Il a été, très spécialement et complètement, étudié pai

a élé d

eie, ce que l’on rencontre souvent en pareil cas, ce qui est, pour ainsi ire la note psychopathique dominante du tableau clinique des tumeurs cérébrales. C’est un état qui peut s’exprimer par les termes de torpeur d engourdissement psychique, d'obnubilation intellectuelle , et se °^ecti-

vement par l’immobilité relative du sujet, avec persistance des mouvements d’habitude, l’inertie du masque facial, une attitude et une exPre®sl|3" ‘ ™ ‘c™iqcet d’absolue indifférence : il semble que le mécanisme PSj’chologique de cet état soit Vinhibition des centres supérieurs de la conscience «

l’activité volontaire, et la seule persistance de activité ™

surtout par les besoins intérieurs d'ordre végétatif » (tumeur du lobe Don

d"l P Vofr à.6 cet°égard les cas de Duprè et Devaux (Iconoqr. Salp., 1901, P- 173 et 334) et celui de Dévie et Gauthier (Arch. de méd., 1900, p. /4b).

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